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Guerres napoléoniennes

Guerres conduites par Napoléon Ier contre les puissances européennes coalisées et leurs alliés

7 min01/01/2024
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Les guerres napoléoniennes représentent l'une des séquences les plus dramatiques de l'histoire européenne, un tourbillon de conquêtes et de défaites qui remodela le continent entier et transforma définitivement l'art de la guerre. Prolongement direct de la Révolution française, ces conflits portèrent jusqu'à ses limites extrêmes l'ambition d'un seul homme de dominer l'Europe, avant que la coalition des nations ne vienne à bout de ce rêve impérial.

La question du point de départ précis de ces guerres divise encore les historiens. Certains les font commencer au coup d'État du 18 Brumaire an VIII, le 9 novembre 1799, quand le général Bonaparte renversa le Directoire. D'autres préfèrent considérer que les guerres de la Révolution française se prolongèrent jusqu'à la paix d'Amiens en 1802, et que les guerres napoléoniennes proprement dites débutèrent en 1803, quand le Royaume-Uni rompit ce traité et déclara de nouveau la guerre à la France. Quoi qu'il en soit, de 1792 à 1815, sept coalitions successives incluant toujours la Grande-Bretagne se formèrent contre la France révolutionnaire puis impériale, dans ce que les Européens appelèrent parfois simplement « la Grande Guerre » avant que la catastrophe de 1914 ne vienne effacer ce souvenir.

Napoleon Bonaparte, devenu Premier consul puis Empereur des Français en 1804, s'appuyait sur plusieurs atouts considérables. La Révolution avait mis fin aux armées professionnelles de l'Ancien Régime et introduit la conscription de masse, permettant à la France de mobiliser des centaines de milliers de soldats. Ces armées, animées par l'idéal révolutionnaire et encadrées par des officiers promus au mérite plutôt qu'à la naissance, manifestaient une flexibilité tactique et une combativité que les armées royales adverses avaient du mal à égaler. Napoléon révolutionna également l'emploi de l'artillerie et de la cavalerie, développant une doctrine de mouvement et de concentration qui lui permit de remporter victoire sur victoire.

Les succès de la Troisième Coalition illustrent parfaitement ce génie militaire. En 1805, Napoléon manœuvre avec une rapidité stupéfiante pour encercler une armée autrichienne à Ulm, capturant quelque 30 000 soldats sans bataille décisive. Puis, le 2 décembre 1805, à Austerlitz, il inflige à l'armée austro-russe commandée par les empereurs d'Autriche et de Russie une défaite si écrasante qu'elle est encore considérée comme son chef-d'œuvre tactique. L'année suivante, à Iéna et Auerstaedt, la Prusse est vaincue en l'espace d'une seule journée. La paix de Tilsit en 1807 marque l'apogée de la puissance napoléonienne : Napoléon et le tsar Alexandre Ier se rencontrent sur un radeau au milieu du Niémen et se partagent symboliquement le continent européen.

Mais dès cet instant de gloire suprême, des fissures apparaissent dans l'édifice impérial. La Grande-Bretagne, que Napoléon cherche à étouffer économiquement par le blocus continental, maintient sa domination sur les mers, définitivement consacrée par la victoire de l'amiral Nelson à Trafalgar en 1805. En Espagne, une guérilla implacable, soutenue par les armées britanniques de Wellington, transforme la péninsule ibérique en un bourbier d'occupation où les troupes françaises se saignent pendant des années dans ce que Napoléon lui-même appellera son « ulcère espagnol ».

La catastrophe russe de 1812 sonne le glas du Grand Empire. Fort de la Grande Armée la plus puissante jamais assemblée en Europe, Napoléon envahit la Russie en juin avec quelque 600 000 hommes de vingt nationalités différentes. L'armée russe évite la bataille décisive, pratique la politique de la terre brûlée et recule vers l'intérieur des terres. Moscou est prise mais incendiée par ses propres habitants. L'hiver s'abat sur des soldats épuisés et mal ravitaillés. La retraite se transforme en désastre absolu : de la Grande Armée qui était entrée en Russie, à peine une fraction dérisoire regagna les lignes françaises.

La Sixième Coalition profite de cet effondrement pour mobiliser l'Europe contre Napoléon. Battu à Leipzig en octobre 1813 lors de la Bataille des Nations, la plus grande bataille de l'ère napoléonienne, Napoléon doit abdiquer en 1814 et partir en exil à l'île d'Elbe. Son retour spectaculaire en mars 1815, les Cent-Jours, prend fin à Waterloo le 18 juin 1815, où la Septième Coalition sous Wellington et Blücher le vainc définitivement. Exilé à Sainte-Hélène, il y mourra en 1821.

Le bilan humain de ces décennies de guerres est vertigineux : entre 3,5 et 6,5 millions de morts selon les estimations, militaires et civils confondus, sur tous les théâtres d'opérations. Mais l'héritage politique et militaire de ces guerres transforme durablement l'Europe. Le congrès de Vienne de 1815 redessine la carte du continent. Les idées révolutionnaires françaises, portées par les armées napoléoniennes, ont irréversiblement ébranlé l'Ancien Régime dans une grande partie de l'Europe et préparé le terrain aux révolutions nationalistes et libérales du XIXe siècle.

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