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Guerre du Mali

Conflit armé au Mali à partir de janvier 2012

7 min01/01/2024
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La guerre du Mali, qui s'inscrit dans le contexte plus large de la guerre du Sahel, est un conflit multidimensionnel et durable qui a déchiré ce pays d'Afrique de l'Ouest à partir de janvier 2012. Elle mêle insurrection djihadiste, revendications indépendantistes touarègues, ingérences étrangères et interventions militaires internationales dans un enchevêtrement particulièrement complexe de causes et d'acteurs.

Les origines profondes du conflit remontent à une histoire de tensions récurrentes entre le Nord et le Sud du Mali. Depuis 1916, le nord du pays a été le théâtre de plusieurs insurrections menées par des rebelles touaregs, un peuple nomade dont les revendications identitaires et territoriales n'ont jamais trouvé de réponse durable auprès des gouvernements successifs de Bamako. À partir du début des années 1990, ces soulèvements se répètent, laissant chaque fois des plaies mal cicatrisées. Au début des années 2000, la situation se complique davantage avec l'arrivée clandestine au Mali de djihadistes algériens en fuite après leur défaite lors de la guerre civile algérienne, qui trouvent dans les vastes étendues désertiques du Sahel un refuge commode.

Le détonateur immédiat du conflit de 2012 est la guerre civile libyenne de 2011. La chute du régime de Mouammar Kadhafi entraîne le pillage massif des arsenaux militaires libyens par divers groupes armés. Des mercenaires touaregs qui avaient combattu au service de Kadhafi regagnent le Mali en emportant avec eux des armes sophistiquées et une expérience du combat, rejoignant les mouvements rebelles déjà actifs dans le pays.

Le 17 janvier 2012, les indépendantistes touaregs du Mouvement national de libération de l'Azawad, le MNLA, s'allient aux djihadistes d'Ansar Dine pour déclencher la cinquième rébellion touarègue. Rejoints par Al-Qaïda au Maghreb islamique et par le Mouvement pour l'unicité et le jihad en Afrique de l'Ouest, ils s'emparent rapidement d'Aguel'hoc, de Ménaka et de Tessalit. Ces défaites militaires déclenchent une crise au sein des forces armées maliennes : une partie de l'armée tente un coup d'État en mars 2012, désorganisant davantage les opérations dans le nord. Les rebelles en profitent pour s'emparer de Kidal, Tombouctou et Gao, et le MNLA proclame le 6 avril 2012 l'indépendance de l'Azawad, le territoire nord du Mali.

Toutefois, l'alliance de circonstance entre indépendantistes laïcs et djihadistes ne résiste pas à leurs divergences idéologiques fondamentales. Entre juin et novembre 2012, les combats entre les deux anciens alliés tournent au désavantage du MNLA, chassé de Gao, Tombouctou, Kidal et Ménaka. Les groupes djihadistes prennent alors le contrôle de la quasi-totalité du nord malien et y imposent une version rigoriste de la charia, détruisant des mausolées de saints islamiques classés au patrimoine mondial de l'UNESCO à Tombouctou.

En janvier 2013, les djihadistes franchissent une nouvelle étape en lançant une offensive vers le centre du Mali, menaçant Ségou et Mopti. Cette avancée provoque l'entrée en guerre de la France. Le président François Hollande déclenche l'opération Serval le 11 janvier 2013, et plusieurs pays de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest s'engagent dans le cadre de la MISMA. En quelques jours, les islamistes sont repoussés à Konna et Diabaly. Gao et Tombouctou sont reprises, et les djihadistes en déroute fuient vers l'Adrar Tigharghar, dans le massif de l'Adrar des Ifoghas. Le MNLA reprend Kidal. En mars 2013, une offensive franco-tchadienne s'empare de Tigharghar, la principale base djihadiste au Mali.

Malgré ces succès militaires, la guerre est loin d'être terminée. Nombre de djihadistes désertent, changent de camp ou fuient à l'étranger, mais d'autres continuent la guérilla, posant des mines et menant des attentats. Le 18 juin 2013, l'accord de Ouagadougou est signé, permettant le retour des autorités maliennes à Kidal et la tenue des élections présidentielles en juillet 2013 dans tout le pays. L'ONU déploie la MINUSMA pour sécuriser le processus, tandis que l'Union européenne engage une mission de formation des forces armées maliennes.

Mais la paix reste instable. En mai 2014, de nouveaux affrontements éclatent entre l'armée malienne et les rebelles touaregs et arabes, conduisant à la prise de contrôle de la région de Kidal par la Coordination des mouvements de l'Azawad. Un accord de paix plus ambitieux, l'Accord d'Alger, est signé le 20 juin 2015, mais il ne concerne que la question touarègue et laisse entier le problème djihadiste, qui continue de s'étendre bien au-delà des frontières maliennes, menaçant l'ensemble de la région sahélienne.

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