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Salvador

Pays d'Amérique centrale

7 min01/01/2024
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Le Salvador, officiellement République d'El Salvador, est le plus petit État d'Amérique centrale et l'un des plus denses au monde. Avec une superficie totale de vingt et un mille quarante et un kilomètres carrés, le pays accueillait en 2014 une population estimée à six millions trois cent vingt-huit mille cent quatre-vingt-seize habitants, ce qui lui confère la densité démographique la plus élevée du continent américain, avec plus de trois cents habitants par kilomètre carré. Seul État continental d'Amérique centrale à ne pas avoir de façade sur la mer des Caraïbes, le Salvador est délimité à l'ouest par le Guatemala, au nord-est par le Honduras, et baigné au sud par les eaux de l'océan Pacifique, son unique accès maritime.

Le territoire qui forme aujourd'hui le Salvador était, avant l'arrivée des conquistadors espagnols vers 1525, habité par plusieurs peuples amérindiens, principalement les Pipils et les Lencas. Les Pipils, un peuple nahuatl, désignaient leur territoire sous le nom de Cuzcatlan, terme d'origine nahuatl signifiant « l'endroit des pierres précieuses », retranscrit en espagnol sous la forme Cuzcatlán. La conquête espagnole ne s'accomplit pas sans résistance : les peuples autochtones luttent vigoureusement contre les envahisseurs, et ce n'est que vers 1540 que les Espagnols parviennent à s'établir définitivement sur le territoire. Commence alors une longue période de transformation profonde : métissage biologique et culturel, évangélisation, imposition de la langue castillane, et introduction d'esclaves africains qui viennent enrichir encore le melting-pot démographique naissant.

Le nom officiel « El Salvador », qui signifie « Le Sauveur » en référence à Jésus-Christ, est consacré lors de la première constitution républicaine, promulguée le 12 juin 1824. L'histoire de cette dénomination est toutefois plus complexe qu'il n'y paraît. Elle résulte de l'union des anciennes provinces de Sonsonate et de San Salvador, et sa formulation exacte a fait l'objet de débats et d'ajustements pendant plus d'un siècle. Selon l'historien Pedro Escalante Arce, le passage de « San Salvador » à « Estado del Salvador » visait à signifier symboliquement la disparition des anciennes provinces au profit du nouvel État unifié. Ce n'est que le 7 juin 1915 que le nom « El Salvador » est officiellement adopté dans sa forme actuelle, et un second décret, signé en 1958, interdit formellement d'omettre le mot « El » lorsque le nom du pays est associé aux termes « République » ou « État ».

Produit de l'union de ces provinces, le Salvador déclare son indépendance en 1823 dans le cadre des Provinces-Unies d'Amérique centrale, une fédération qui regroupait les anciennes colonies espagnoles de la région. Cet État fédéral se fragmente rapidement, et la République du Salvador émerge en tant qu'entité souveraine indépendante en 1839. La vie politique du pays au cours du XIXe et du XXe siècle est marquée par une succession de régimes autoritaires, de coups d'État et d'instabilité chronique. Le pouvoir est longtemps exercé par une oligarchie terrienne dominée par les grandes familles caféières, dans un contexte de profondes inégalités sociales.

Ces inégalités nourrissent la contestation et alimentent la montée des mouvements révolutionnaires. La guerre civile qui éclate en 1980 oppose le gouvernement et les forces de sécurité aux guérillas regroupées au sein du Front Farabundo Martí de libération nationale. Ce conflit sanglant durera douze ans, faisant plus de cent mille morts, avant de se conclure par les accords de paix de Chapultepec, signés en janvier 1992 sous l'égide des Nations unies.

Après la guerre civile, le pays peine à se reconstruire. La criminalité organisée, notamment les gangs connus sous le nom de maras, y atteint des niveaux alarmants, faisant du Salvador l'un des pays les plus violents au monde durant plusieurs décennies. L'économie reste fragile, reposant essentiellement sur les services, les communications, l'industrie manufacturière légère et la production de café, complétée par les remesas, les transferts de fonds envoyés par la nombreuse diaspora salvadorienne établie aux États-Unis.

Sur le plan religieux, le catholicisme reste la religion dominante, pratiqué par environ quarante-huit pour cent de la population, talonné par le protestantisme évangélique qui rassemble quelque trente-trois pour cent des habitants, témoignant d'une profonde transformation du paysage confessionnel intervenue à partir des années 1980. Le pays est administrativement divisé en quatorze départements, eux-mêmes subdivisés en municipalités. San Salvador, la capitale, est de loin la plus grande ville, suivie à distance par Santa Ana et San Miguel.

La culture salvadorienne reflète ce métissage fondateur entre les héritages préhispaniques et les apports espagnols. Les fêtes religieuses, la gastronomie autour des pupusas, les artisanats traditionnels et la langue espagnole teintée de nahuatlismes forment un ensemble culturel original, fruit de cinq siècles de brassage et d'adaptation qui ont forgé l'identité particulière de ce petit pays au cœur de l'isthme centraméricain.

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