Le 26 décembre 1991, l'Union des républiques socialistes soviétiques cessait officiellement d'exister. Ce jour-là, le Soviet suprême de l'Union soviétique et le Soviet des républiques ont adopté la déclaration numéro 142-N, reconnaissant formellement les indépendances des quinze républiques qui composaient l'URSS et créant la Communauté des États indépendants. La veille, le 25 décembre, Mikhaïl Gorbatchev, huitième et dernier dirigeant de l'URSS, avait remis sa démission à la télévision soviétique, déclarant son poste supprimé et transférant ses pouvoirs — y compris le contrôle des codes de lancement de missiles nucléaires — au président russe Boris Eltsine. Ce soir du 25 décembre, à dix-neuf heures trente-deux précises, le drapeau rouge soviétique était abaissé du Kremlin pour la dernière fois. Le lendemain à l'aube, le tricolore russe était hissé à sa place, marquant symboliquement la fin d'une ère.
Pour comprendre cette dissolution, il faut remonter au 11 mars 1985, lorsque Mikhaïl Gorbatchev a été élu secrétaire général du Politburo, trois heures seulement après le décès de son prédécesseur Konstantin Tchernenko, âgé de soixante-treize ans. Gorbatchev, qui n'avait que cinquante-quatre ans, était le plus jeune membre du Politburo. Il héritait d'une économie soviétique à bout de souffle, incapable de rivaliser avec les économies occidentales et de satisfaire les besoins croissants de sa population.
L'objectif initial de Gorbatchev était de relancer l'économie soviétique. Il comprit rapidement que cette relance nécessiterait des réformes profondes des structures politiques et sociales du pays. Dès le 23 avril 1985, il commença à recomposer le Politburo, introduisant des hommes de confiance comme Egor Ligatchev et Nikolaï Ryjkov. Il promut également Viktor Chebrikov, chef du KGB, et nomma le maréchal Sergueï Sokolov, ministre de la Défense, candidat du Politburo, s'assurant ainsi le soutien des ministères régaliens.
Les deux grandes réformes initiées par Gorbatchev — la glasnost, ou transparence, et la perestroïka, ou restructuration — ont eu des effets bien au-delà de ce qu'il avait anticipé. La libéralisation de l'information et de l'expression publique a permis à des décennies de ressentiments accumulés de s'exprimer. Dans les républiques soviétiques, ces aspirations à plus de liberté ont rapidement pris la forme de mouvements nationalistes, alimentés par des décennies de russification forcée. Des conflits ethniques ont éclaté dans plusieurs régions de l'Union.
La libéralisation entreprise par Gorbatchev a également eu des répercussions majeures en Europe de l'Est. Les révolutions de 1989, qui ont balayé les régimes communistes de Pologne, de Hongrie, de Tchécoslovaquie, de Roumanie et d'Allemagne de l'Est en l'espace de quelques mois, ont démontré que l'URSS ne pouvait ou ne voulait plus maintenir par la force ses alliés satellites. La chute du mur de Berlin en novembre 1989 a symbolisé cette rupture irréversible avec la doctrine Brejnev.
À l'intérieur même de l'URSS, la dynamique centrifuge s'est accélérée tout au long de l'année 1990 et du début de 1991. Les États baltes — Estonie, Lettonie et Lituanie — ont proclamé leur indépendance, que Moscou a d'abord refusé de reconnaître mais qu'elle a été contrainte d'accepter sous la pression internationale. Un référendum organisé en mars 1991 a montré qu'une majorité de citoyens soviétiques souhaitait le maintien d'une forme renouvelée d'union, mais les résultats ont été boycottés par plusieurs républiques.
La tentative de putsch d'août 1991, organisée par des conservateurs du parti et des responsables des services de sécurité hostiles aux réformes de Gorbatchev, a précipité la fin de l'URSS. L'échec du coup d'État, grâce notamment à la résistance de Boris Eltsine et de la population de Moscou, a définitivement discrédité le parti communiste et accéléré les déclarations d'indépendance en cascade. D'août à décembre 1991, les quinze républiques soviétiques, y compris la Russie elle-même, ont dénoncé le traité fondateur de l'URSS et quitté l'Union conformément à une procédure prévue par la Constitution soviétique.
La semaine précédant la dissolution officielle, onze républiques ont signé les accords d'Alma-Ata, par lesquels elles déclaraient que l'URSS avait cessé d'exister et établissaient la Communauté des États indépendants comme cadre de coopération entre les États successeurs. Les conséquences de cet effondrement ont été considérables et durables. La fin de la guerre froide a entraîné un désarmement provisoire et une extension des systèmes pluralistes dans plusieurs régions du monde. Des guerres civiles qui s'alimentaient de l'affrontement soviéto-américain ont pu se conclure ou s'atténuer.
Dans de nombreuses anciennes républiques soviétiques, comme la Biélorussie, l'Ukraine, la Moldavie, l'Arménie et les cinq républiques d'Asie centrale, les anciennes nomenklatura se sont maintenues au pouvoir, préservant des liens étroits avec la fédération de Russie et rejoignant des organisations multilatérales régionales. À l'inverse, les pays baltes ont résolument choisi l'intégration euro-atlantique en adhérant à l'OTAN et à l'Union européenne. La dissolution de l'URSS a ainsi redessiné la carte politique du monde pour des décennies, inaugurant une période de conflits post-soviétiques, de compétitions géopolitiques renouvelées et de profondes transformations économiques et sociales dans l'ensemble de l'espace post-soviétique.

