Christopher John Hipkins, dit Chris Hipkins, naquit le 5 septembre 1978 à Wellington, dans la vallée de Hutt, une région de la capitale néo-zélandaise. Issu d'un environnement modeste, il fréquenta l'école primaire de Waterloo et l'école intermédiaire de Hutt avant de rejoindre le Parti travailliste en 1996, alors qu'il n'était encore qu'un adolescent. Ce choix précoce d'un engagement politique à gauche allait définir le cours de toute sa carrière.
Après ses études secondaires, Hipkins s'inscrivit à l'Université Victoria de Wellington, où il obtint un baccalauréat avec spécialisation en politique et en criminologie. Ses études achevées, il entra directement dans les arcanes de la politique partisane en travaillant comme conseiller politique, notamment pour l'Industry Training Federation et pour des membres importants du Parti travailliste, parmi lesquels Trevor Mallard et la future Première ministre Helen Clark. Ces années de formation dans les coulisses du Parlement lui permirent d'acquérir une connaissance pratique approfondie du fonctionnement institutionnel néo-zélandais.
La carrière électorale de Hipkins commença lors des élections législatives de 2008, quand il se présenta dans la circonscription de Remutaka, à la suite du retrait de la vie politique de Paul Swain. Sa victoire inaugurale fut suivie d'une nomination comme porte-parole chargé du Travail et des Affaires intérieures. Réélu en 2011, il devint whip du Parti travailliste et prit en charge les portefeuilles de l'Éducation et des Services de l'État au sein de l'opposition. Sa réélection en 2014 confirma son ancrage dans sa circonscription, malgré un épisode difficile en décembre 2015 lorsqu'il fut la cible de harcèlement et de menaces de mort après avoir exprimé des inquiétudes sur des panneaux publicitaires faisant la promotion d'armes à feu.
La victoire travailliste de 2017 et la formation du gouvernement de Jacinda Ardern marquèrent un tournant décisif dans la carrière de Hipkins. Nommé le 26 octobre 2017 ministre de l'Éducation, des Services publics et Leader de la Chambre, il s'imposa rapidement comme l'un des membres les plus compétents du gouvernement. À l'été 2020, à la suite de la démission de David Clark du portefeuille de la Santé, il assura brièvement le rôle de ministre de la Santé par intérim jusqu'aux élections suivantes.
La pandémie de Covid-19 offrit à Hipkins une occasion exceptionnelle de se distinguer. Nommé ministre de la réponse au Covid-19 dans le sillage des élections de 2020 — que le Parti travailliste remporta avec une majorité absolue historique —, il coordonna avec une efficacité remarquable la politique sanitaire néo-zélandaise, contribuant à faire de la Nouvelle-Zélande l'un des pays les plus performants dans la gestion de la pandémie. Il fut également nommé ministre de la Police, ajoutant une nouvelle dimension à ses responsabilités gouvernementales.
Le vendredi 20 janvier 2023, les députés du Parti travailliste désignèrent Chris Hipkins pour succéder à Jacinda Ardern, qui avait annoncé sa démission surprise quelques jours plus tôt, déclarant n'avoir plus « assez dans le réservoir » pour continuer. Élu à la direction du parti le 22 janvier, Hipkins prit officiellement ses fonctions de Premier ministre le 25 janvier 2023, devenant ainsi le quarantième chef du gouvernement néo-zélandais.
Son entrée en fonctions fut immédiatement mise à l'épreuve par les forces de la nature. Dès le 27 janvier, il dut faire face à de violentes inondations dans la région d'Auckland, provoquées par des pluies diluviennes qui causèrent la mort de quatre personnes et des dégâts considérables. Quelques semaines plus tard, du 12 au 16 février, le cyclone tropical Gabrielle frappa l'Île du Nord avec une violence rare, faisant onze victimes et laissant derrière lui un bilan de destructions sans précédent dans la mémoire récente. Hipkins géra ces crises avec sang-froid, renforçant son image d'homme pragmatique et de terrain.
Sur le plan politique, Hipkins fit des choix volontairement pragmatiques, abandonnant certaines réformes considérées comme trop ambitieuses ou trop clivantes pour se concentrer sur les priorités économiques. Avant le couronnement de Charles III, il déclara publiquement qu'il ne ferait pas pression pour que la Nouvelle-Zélande devienne une république durant son mandat, estimant que la question, bien qu'il ne fût pas monarchiste lui-même, n'était pas « une priorité urgente à l'heure actuelle ». Cette position prudente illustrait son style de gouvernance, davantage orienté vers le consensus que vers la rupture idéologique.
Les élections législatives d'octobre 2023 marquèrent la fin prématurée de son passage au pouvoir. Le Parti travailliste subit une défaite sévère, et Hipkins reconnut publiquement sa défaite avec dignité. Le 27 novembre 2023, le conservateur Christopher Luxon lui succéda à la tête du gouvernement. Hipkins endossa alors le rôle de chef de l'opposition officielle, poursuivant son engagement politique avec la même ténacité qui avait caractérisé l'ensemble de sa carrière. Sur le plan personnel, il s'était marié à Jade Marie en 2020 ; le couple, qui avait eu deux enfants ensemble avant le mariage, s'était séparé en 2022.