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Caius Marius

Général et homme politique romain

7 min01/01/2024
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Né vers 157 avant notre ère près d'Arpinum, dans le Latium, Caius Marius est issu d'une famille de rang équestre, honorable mais éloignée des grandes familles aristocratiques qui dominent alors la vie politique romaine. Cette origine modeste, qu'une partie de la nobilitas sénatoriale ne cessera de lui reprocher, forge chez lui un caractère tenace et une ambition farouche. Sa jeunesse est marquée par une éducation militaire rigoureuse plutôt qu'intellectuelle, qui le prépare à une carrière avant tout soldatesque. Il appartient à la clientèle des Cæcilii Metelli, l'une des familles les plus puissantes de Rome, ce qui lui ouvre les premières portes de la vie publique.

Marius fait ses premières armes en servant brillamment sous les ordres de Scipion Émilien lors du siège de Numance en 134 et 133 avant notre ère, épisode qui lui vaut les éloges du général et lui forge une réputation militaire solide. Il entame ensuite son cursus honorum, le chemin institutionnel des magistratures romaines, en 121. En 119, lors de son tribunat de la plèbe, il prend des positions favorables aux populares qui lui aliènent une partie de l'aristocratie conservatrice. Sa carrière politique patine, malgré une élection à la préture en 115 et une mission en Lusitanie l'année suivante. Son mariage avec Julia Cæsaris, membre d'une lignée patricienne ancienne mais politiquement mineure à cette époque — et qui sera la tante paternelle de Jules César —, lui confère un prestige supplémentaire sans résoudre ses difficultés politiques.

L'occasion de se distinguer se présente lors de la guerre contre Jugurtha, roi de Numidie. Marius sert d'abord comme légat au service de son patron Quintus Cæcilius Metellus, consul de 109. Fort de ses succès militaires et d'une popularité grandissante, il commet l'acte ingrat mais politiquement calculé de trahir son patron : il se présente aux élections consulaires de 107 en faisant campagne contre la supposée incompétence de Metellus, remporte les suffrages et se fait attribuer le proconsulat en Afrique et le commandement de la guerre de Jugurtha. C'est une rupture audacieuse avec le patronage aristocratique traditionnel, qui marque une étape décisive dans la montée en puissance des hommes nouveaux.

La victoire sur Jugurtha ne peut pourtant s'attribuer entièrement à Marius. C'est son questeur puis légat Sylla qui, après des tractations diplomatiques habiles, capture personnellement Jugurtha en 105 avant notre ère. Marius et Metellus obtiennent chacun les honneurs du triomphe, mais la gloire est partagée, et une rivalité sourde naît entre Marius et Sylla, qui aura des conséquences dévastatrices pour Rome dans les décennies suivantes.

L'ascension de Marius atteint son apogée lors des guerres contre les Cimbres et les Teutons, peuples germaniques qui ont infligé de cuisantes défaites aux armées romaines. Avec l'appui des populares, désormais constitués en véritable courant politique marianiste, Marius obtient le commandement militaire et se fait réélire consul six années de suite, de 104 à 101 avant notre ère, en violation flagrante des usages constitutionnels qui imposent un intervalle décennal entre deux consulats. Il profite de ces années pour réformer en profondeur l'armée romaine, ouvrant les rangs des légions aux prolétaires sans fortune, créant ainsi une armée de métier dont la loyauté sera désormais plus attachée au général qu'à l'État.

En 102 avant notre ère, Marius écrase les Teutons à la bataille d'Aix, puis, l'année suivante, en 101, il met fin à la menace cimbre à la bataille de Verceil, en collaboration avec son collègue Lutatius Catulus et avec Sylla. Rome est sauvée de ce qui semblait une menace existentielle. La gloire de Marius est alors sans égale dans l'histoire romaine : on le surnomme le « troisième fondateur de Rome », et sa domination sur la vie politique est incontestable. Catulus et Marius obtiennent chacun le triomphe, mais c'est Marius qui concentre l'adulation populaire.

La fin de l'année 100 marque le début des difficultés politiques de Marius. Consul pour la sixième fois consécutive, il est confronté aux agissements désordonnés de ses propres alliés populares, le tribun Saturninus et le préteur Glaucia, qui font régner la violence à Rome. Dépassé par une situation qui échappe à son contrôle et soucieux de préserver l'ordre public, Marius abandonne ses anciens partenaires et se range du côté du Sénat. Il fait exécuter Saturninus, Glaucia et leurs partisans grâce à un senatus consultum ultimum, acte qui le discrédite profondément auprès des populares sans lui valoir la reconnaissance durable des sénateurs conservateurs.

La guerre sociale de 90 avant notre ère, dans laquelle les alliés italiques de Rome revendiquent la citoyenneté romaine les armes à la main, offre à Marius une dernière opportunité de retrouver son lustre militaire. Il sert comme légat, mais ses succès sont éclipsés par ceux de Sylla, qui s'impose comme le vrai vainqueur de ce conflit. Élu consul pour l'année 88, Sylla est désigné pour commander la guerre contre Mithridate, roi du Pont. Le tribun Sulpicius Rufus, rallié à Marius, fait transférer par voie législative ce commandement à son patron. Sylla répond par un acte sans précédent : il marche sur Rome à la tête de ses légions, s'empare de la ville et contraint Marius à une fuite précipitée. Les principaux populares sont déclarés ennemis publics, et Marius, pourchassé, connaît une errance épique à travers l'Afrique avant de trouver refuge à Carthage.

Mais Marius n'est pas homme à se résigner. Profitant d'une absence prolongée de Sylla, parti en Orient combattre Mithridate, il revient en Italie, reconstitue ses forces et marche sur Rome avec le consul Cinna. La ville tombe, et Marius y exerce une vengeance brutale contre ses ennemis politiques. Il meurt peu après, le 13 janvier 86 avant notre ère, quelques jours seulement après avoir été élu consul pour la septième fois — record absolu dans l'histoire de la République romaine. Il avait soixante et onze ans. Sa mort brutale met fin à une vie d'une intensité exceptionnelle, marquée par la gloire militaire la plus éclatante et les revers politiques les plus humiliants, laissant une Rome profondément divisée et une institution républicaine durablement ébranlée.

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