biografias

Antony Armstrong-Jones

Photographe britannique, époux de la princesse Margaret

4 min01/01/2024
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Antony Armstrong-Jones naît le 7 mars 1930 dans un milieu aisé et cultivé qui lui ouvre très tôt les portes du monde artistique. Son père, le major Ronald Armstrong-Jones, et sa mère, Anne Messel, divorcent en 1934, brisant la cellule familiale alors qu'Antony n'a que quatre ans. Sa mère se remarie en 1935 avec Michael Parsons, le sixième comte de Rosse, devenant ainsi comtesse de Rosse. Du côté paternel, le jeune Antony peut se réclamer d'un héritage intellectuel de premier plan : son grand-père était Sir Robert Armstrong-Jones, médecin et psychiatre gallois de renom. Ces deux lignées, l'une artistique, l'autre scientifique, dessinent la personnalité d'un homme qui alliera toute sa vie la rigueur technique à la sensibilité créative.

C'est la photographie qui devient très vite sa passion et son métier. Antony Armstrong-Jones développe un œil d'une acuité remarquable, capable de saisir la vérité d'un visage ou la tension d'un instant. Il commence à se faire connaître sur la scène londonienne des années 1950, fréquentant le monde de l'art et de la mode avec l'aisance naturelle de celui qui y est né. Sa capacité à mettre ses sujets à l'aise, à obtenir d'eux une spontanéité que d'autres photographes n'atteignent jamais, lui vaut rapidement une réputation flatteuse.

Sa rencontre avec la famille royale britannique marque un tournant décisif dans sa carrière. En 1957, il est chargé de photographier la famille royale lors de sa visite officielle au Canada. Ces portraits révèlent une approche différente de la photographie royale officielle : là où d'autres photographes produisaient des images figées et protocolaires, Armstrong-Jones apporte une chaleur et une humanité qui renouvellent le genre. Il continuera à photographier la famille royale jusqu'aux années 2000, traversant plusieurs générations avec la même maîtrise.

Dans les années 1960, en parallèle de son travail de portrait, il occupe le poste de directeur artistique du supplément magazine du Sunday Times, l'une des publications les plus influentes de la presse britannique. Cette position lui permet de façonner l'esthétique d'une décennie entière, de guider le goût d'un lectorat cultivé et curieux. Ses photographies paraissent dans les magazines les plus prestigieux — Vogue, Vanity Fair — et couvrent des registres très divers, du portrait de célébrité au reportage documentaire, comme sa série poignante sur les personnes internées pour troubles psychiatriques, qui témoigne d'une conscience sociale aiguë.

En 1979, il réalise un portrait de Serge Gainsbourg qui entre dans la légende : cette photographie sera utilisée pour la pochette recto et verso de l'album Aux armes et cætera, l'œuvre provocatrice qui fait scandale en France cette année-là. Ce cliché d'un Gainsbourg à la fois arrogant et mélancolique reste l'une des images les plus connues du chanteur français. La National Portrait Gallery de Londres conserve une centaine de ses portraits, témoignage de l'ampleur et de la qualité d'une œuvre qui traverse les décennies.

Sa vie privée prend une dimension publique considérable le 6 mai 1960, lorsqu'il épouse la princesse Margaret, sœur de la reine Élisabeth II. L'union fait sensation : jamais encore un membre de la famille royale britannique n'avait épousé un artiste, un photographe de métier sans titre de noblesse. La reine lui accorde la pairie en 1961, le faisant premier comte de Snowdon et vicomte Linley, lui ouvrant ainsi les portes de la Chambre des lords. Le couple donne naissance à deux enfants : David Armstrong-Jones, le deuxième comte de Snowdon, né le 3 novembre 1961 à Clarence House, et Lady Sarah Armstrong-Jones, née le 1er mai 1964 au palais de Kensington.

En 1964, à la naissance du prince Edward, fils de la reine Élisabeth II et du prince Philip, Lord Snowdon est choisi comme parrain du nouveau-né aux côtés du prince Richard, duc de Gloucester, et du prince Louis de Hesse. Deux ans plus tard, en 1966, il est le premier membre de la famille royale à se rendre à Aberfan, au pays de Galles, juste après le tragique glissement de terril qui a enseveli une école et causé la mort de cent seize enfants et vingt-huit adultes. Ce geste immédiat et humain lui vaut une grande sympathie.

Le mariage avec la princesse Margaret ne résiste pas aux tensions conjugales. Les infidélités des deux époux finissent par devenir publiques, et le couple se sépare en 1976 avant de divorcer en 1978. Lord Snowdon épouse en décembre 1978 Lucy Lindsay-Hogg, avec qui il a une fille, Frances, née en 1979. Ce second mariage prend fin en 2000 après de nouveaux adultères. Les années suivantes révèlent d'autres enfants non reconnus : en 1998 naît Jasper, d'une relation avec Melanie Cable-Alexander, et en 2004 un test ADN établit qu'il est le père de Polly Fry, née quelques jours après son premier mariage en 1960. Antony Armstrong-Jones, premier comte de Snowdon, meurt le 13 janvier 2017 à Londres, laissant derrière lui une œuvre photographique qui a marqué son siècle.

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