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Joaquim José da Silva Xavier

Militant politique brésilien (1746-1792)

7 min01/01/2024
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Dans la galerie des héros de l'indépendance brésilienne, la figure de Joaquim José da Silva Xavier, universellement connu sous le surnom de Tiradentes, occupe une place à part. Né le 16 août 1746 à la Fazenda do Pombal, dans ce qui constituait alors le territoire de la municipalité de São José del-Rei — aujourd'hui la ville de Tiradentes, dans l'État de Minas Gerais —, il devint le symbole le plus populaire de la résistance à la domination coloniale portugaise, payant de sa vie son engagement pour la liberté de sa terre natale.

Tiradentes était fils du Portugais Domingos da Silva Santos, propriétaire terrien, et de la Brésilienne Maria Antônia da Encarnação Xavier. Quatrième et dernier fils d'une fratrie, il connut une enfance marquée par les deuils. En 1755, à l'âge de neuf ans, il suivit son père à Vila São José après la mort de sa mère. Deux ans plus tard, à onze ans à peine, il perdit également son père. Orphelin, sans éducation formelle, il fut recueilli par son parrain qui exerçait la profession de chirurgien, une tutelle qui allait orienter ses premières expériences professionnelles.

La vie du jeune Joaquim fut celle d'un homme aux multiples activités. Il travailla d'abord dans l'exploitation minière, une activité centrale dans la capitainerie du Minas Gerais dont les filons d'or et de diamants alimentaient les caisses de la couronne portugaise. Il s'associa ensuite à un office d'assistance publique à Vila Rica, où il pratiqua la pharmacie et l'art dentaire. C'est de cette dernière activité que lui vint son célèbre surnom : Tiradentes, contraction de « tira » (enlève) et « dentes » (dents), soit « l'arracheur de dents ». Fort de ses connaissances acquises dans les mines, il entreprit également des prospections dans le sertão pour le compte de l'administration portugaise.

En 1780, Tiradentes rejoignit la milice de la capitainerie du Minas Gerais. L'année suivante, en 1781, la reine Marie Ire le nomma commandant de la patrouille de Caminho Novo, la route reliant la capitainerie à Rio de Janeiro. Sa mission était d'assurer la sécurité des convois transportant l'or et les diamants extraits dans la région jusqu'à la capitale. Cependant, déçu par l'absence de promotion dans sa carrière militaire malgré ses services, il démissionna de la cavalerie en 1787.

Cette période de déception marqua un tournant dans son existence. S'installant à Rio de Janeiro pour environ un an, il chercha à développer des projets d'amélioration de l'alimentation en eau de la ville, notamment par la canalisation des cours d'eau Andaraí et Maracanã. Ne recevant aucun soutien financier pour ces projets, il vit dans cet échec une nouvelle manifestation de l'indifférence de la couronne portugaise envers les besoins réels de la colonie, ce qui aurait exacerbé son désir de liberté pour le Brésil.

De retour au Minas Gerais, Tiradentes commença à prêcher ouvertement l'indépendance dans les cercles fermés qu'il fréquentait à Vila Rica et dans les environs. Il rejoignit un groupe de conspirateurs qui réunissait des membres influents du clergé et de la haute société coloniale : Cláudio Manuel da Costa, ancien secrétaire du gouvernement ; Tomás Antônio Gonzaga, ex-magistrat supérieur ; et Inácio José de Alvarenga Peixoto, exploitant minier. Ce petit groupe, nourri par les idéaux des Lumières, trouva un renfort idéologique décisif dans l'exemple de l'indépendance des colonies anglaises d'Amérique du Nord et la création des États-Unis.

Des facteurs économiques régionaux alimentaient également la contestation. La production de minerais dans la capitainerie était en baisse, et les maîtres du système économique local peinaient à s'acquitter des cent arrobas d'or dues annuellement à la couronne portugaise. L'annonce d'un nouvel impôt, la derrama — le recouvrement de 538 arrobas d'or en arriérés d'impôts accumulés depuis 1762, exigible immédiatement par le nouveau gouverneur de la capitainerie, Luís António Furtado de Castro do Rio de Mendonça e Faro, vicomte de Barbacena — mit le feu aux poudres et agita les rues de Vila Rica.

Mais avant que la conspiration ne se cristallise en action, elle fut trahie. Le colonel Joaquim Silvério dos Reis, le lieutenant-colonel Basílio de Brito Malheiro do Lago et l'Açorien Inácio Correia de Pamplona la dénoncèrent aux autorités portugaises, en échange de l'effacement de leurs propres dettes envers la couronne. Le vicomte de Barbacena suspendit aussitôt la derrama et ordonna l'arrestation des conspirateurs. Tiradentes, capturé en 1789, fut le seul des conjurés à ne pas abjurer ses idéaux. Il assuma seul la responsabilité du mouvement lors de son procès, protégeant ainsi ses complices. Condamné à mort, il fut pendu le 21 avril 1792 à Rio de Janeiro, son corps écartelé et ses membres exposés le long des routes du Minas Gerais en guise d'avertissement. Tiradentes est aujourd'hui le héros national du Brésil par excellence, et le 21 avril, date de son exécution, est célébré comme un jour férié national, témoignage durable de l'importance que la mémoire collective accorde à ceux qui furent prêts à sacrifier leur vie pour l'idéal de liberté.

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