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Révolution de 1930

Révolution brésilienne

5 min01/01/2024
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Le 24 octobre 1930, des militaires brésiliens déposèrent le président Washington Luís et remirent le pouvoir à Getúlio Vargas, mettant fin à la Première République brésilienne. Cet événement, connu sous le nom de Révolution de 1930 ou Révolution de 30, n'était pas le fruit d'un coup de force isolé, mais l'aboutissement d'une longue crise politique qui avait déchiré les élites du pays depuis la fin des années 1920.

La Première République brésilienne, inaugurée en 1889 après la chute de l'Empire, était dominée par un accord tacite entre les oligarchies des deux États les plus puissants du pays : São Paulo et Minas Gerais. Selon ce système surnommé politique café com leite, les deux États se partageaient alternativement la présidence de la République, São Paulo fournissant les producteurs de café et Minas Gerais ceux de lait. Ce pacte avait fonctionné pendant quatre décennies, garantissant une relative stabilité au détriment des régions plus petites et moins influentes.

La crise ouverte en 1929 lorsque les élites paulistes rompirent unilatéralement cet accord. Plutôt que de laisser la présidence à un candidat de Minas Gerais, elles présentèrent leur propre homme, le pauliste Júlio Prestes. En réaction, le président du Minas Gerais, Antônio Carlos Ribeiro de Andrada, soutint la candidature du gaucho Getúlio Vargas, gouverneur du Rio Grande do Sul et figure de l'Alliance libérale. Cette coalition, qui réunissait trois États seulement sur dix-sept que comptait la fédération, semblait partir de loin.

L'élection présidentielle se tint le 1er mars 1930. Après plusieurs mois de dépouillement dans un contexte de fraudes manifestes, Júlio Prestes fut déclaré vainqueur. L'Alliance libérale contesta les résultats et décida de préparer un soulèvement armé pour empêcher l'investiture de Prestes, prévue le 15 novembre.

La conspiration débuta dans le Rio Grande do Sul et le Minas Gerais. Au Nordeste, le lieutenant Juarez Távora, évadé de prison en janvier 1930, organisa dans la clandestinité les réseaux révolutionnaires de la région. Deux événements vinrent toutefois freiner l'élan conspiratif. Le 10 mai, la mort accidentelle lors d'une catastrophe aérienne du lieutenant Antônio Siqueira Campos priva la révolution d'un précieux intermédiaire politique disposant de contacts militaires à São Paulo. Le 29 mai, Luís Carlos Prestes, qui devait en assumer le commandement militaire, abandonna la cause pour rejoindre le mouvement communiste international. C'est finalement Pedro Aurélio de Góis Monteiro, alors lieutenant-colonel, qui prit en main la direction militaire secrète du soulèvement.

La tension politique continua de croître tout au long de l'été. Le 18 juillet, le journal prestiste Folha da Noite fut saccagé à Belo Horizonte par un groupe alliantiste, et le président du Minas Gerais Antônio Carlos fut publiquement traité de couard pour sa prudence. Sa crainte d'une révolution incontrôlable et violente commençait à se concrétiser.

C'est un fait divers sanglant qui allait fournir l'étincelle décisive. Le 26 juillet 1930, João Pessoa, gouverneur du Paraíba et colistier de Vargas à la vice-présidence, fut assassiné à Recife dans la confiserie Glória par João Duarte Dantas. Ce dernier, dont la famille était ennemie politique de Pessoa, voulait venger un affront personnel : le coffre-fort de son cabinet d'avocat avait été forcé, révélant des lettres d'amour compromettantes de la poétesse Anayde Beiriz. Ces courriers avaient circulé publiquement, provoquant un scandale retentissant. En tirant sur le gouverneur, Dantas cria : « Je suis João Dantas, que tu as tant humilié et maltraité ! » Arrêté, il fut emmené en détention et mourut dans des circonstances troubles, le suicide officiel paraissant à beaucoup comme une version arrangée. Quant à Anayde Beiriz, on la retrouva morte le 22 octobre à Recife, également dans ce qui fut qualifié officiellement de suicide.

Bien que cet épisode n'ait aucun lien direct avec la querelle électorale entre Prestes et Vargas, l'assassinat de João Pessoa transforma un différend politique en cause nationale. Les partisans de l'Alliance libérale en firent un symbole de la violence et de la corruption du régime en place. L'émotion populaire s'enflamma. Le 3 octobre 1930, le soulèvement éclata simultanément dans plusieurs États.

L'armée, divisée et gagnée par le doute, n'opposa pas de résistance significative. Les officiers favorables à la révolution imposèrent leur volonté à une hiérarchie militaire qui avait perdu confiance dans Washington Luís. Le 24 octobre, une junte militaire déposa le président et, quelques jours plus tard, remit le pouvoir à Getúlio Vargas, qui entama une présidence de quinze ans et redéfinirait profondément l'État brésilien.

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