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Seconde guerre sino-japonaise

Ensemble des opérations militaires entre la république de Chine et l'empire du Japon, de 1937 à 1945

7 min01/01/2024
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La seconde guerre sino-japonaise constitue l'un des conflits les plus dévastateurs du XXe siècle, un affrontement qui s'étend de 1937 à 1945 et qui transforme durablement l'équilibre géopolitique de l'Asie. Ses racines plongent dans une politique expansionniste japonaise qui prend forme bien avant le déclenchement officiel des hostilités : dès 1931, l'incident de Mukden, le 18 septembre, sert de prétexte à l'invasion de la Mandchourie par l'armée impériale japonaise. Certains historiens et certaines régions font remonter à cette date le début de la résistance chinoise, parlant alors de quatorze années de lutte plutôt que de huit.

L'incident du pont Marco Polo, le 7 juillet 1937, marque néanmoins la rupture conventionnellement reconnue : un échange de tirs entre soldats japonais et chinois près de Pékin déclenche une escalade que ni l'un ni l'autre camp ne semble véritablement vouloir maîtriser. Six ans après la Mandchourie, l'empire du Japon reprend ainsi sa politique d'expansion vers la Chine orientale, persuadé de pouvoir conclure la guerre rapidement. Les premières semaines voient circuler, dans les cercles militaires nippons, l'idée d'une victoire en trois mois. Il faudra en réalité huit ans pour que le conflit s'achève.

Au niveau des dénominations, la guerre porte des noms très différents selon les belligérants et les époques. Du côté japonais, on parle d'abord, en juin 1937, d'« incident de la Chine septentrionale », puis d'« incident chinois » à partir de juillet, afin d'éviter officiellement le mot « guerre » et les sanctions internationales qui pourraient en découler. La propagande impériale fera plus tard du conflit une « guerre sainte », ou Seisen, première étape d'une politique de conquête résumée dans le concept de Hakkō ichiu, littéralement « réunir les huit coins du monde sous un même toit », une formule rhétorique présentant la domination japonaise comme une forme de fraternité universelle.

L'attaque japonaise produit un effet inattendu sur la politique intérieure chinoise : elle provoque une trêve dans la guerre civile qui oppose depuis dix ans le Kuomintang de Tchang Kaï-chek et le Parti communiste chinois de Mao Zedong. Ces deux forces, que tout oppose sur le plan idéologique, concluent une alliance fragile contre l'envahisseur commun. Cette union sacrée ne tarde cependant pas à montrer ses limites, les deux camps continuant à se méfier l'un de l'autre tout en combattant nominalement sous la même bannière.

Les premières années du conflit sont marquées par d'importantes avancées japonaises. Shanghai tombe en novembre 1937 après des combats acharnés qui coûtent des dizaines de milliers de vies des deux côtés. Nankin, la capitale de la République de Chine, est prise en décembre 1937 et devient le théâtre d'atrocités massives, connues sous le nom de massacre de Nankin : des centaines de milliers de civils et de soldats désarmés sont tués, des destructions et des violences d'une ampleur sans précédent frappent la population. Cet épisode reste l'une des pages les plus sombres de la guerre et continue d'alimenter des tensions diplomatiques entre la Chine et le Japon des décennies plus tard.

Malgré ces victoires initiales, l'armée japonaise se retrouve rapidement face à un défi logistique et stratégique colossal : gérer un territoire immense, très peuplé, traversé par d'innombrables lignes de résistance et de guérilla. La Chine se révèle un adversaire bien différent de ce que Tokyo avait anticipé. En 1940, un régime pro-japonais est mis en place à Nankin, sous l'autorité de Wang Jingwei, mais son emprise réelle sur la population reste limitée. À partir de 1939, le conflit commence à déborder vers la Mongolie, avec des affrontements entre forces soviétiques et japonaises, notamment lors de la bataille de Khalkhin Gol.

Le tournant décisif pour la configuration internationale de la guerre survient le 7 décembre 1941, avec l'attaque japonaise sur Pearl Harbor. Dès lors, la République de Chine rejoint officiellement le camp des Alliés, et le conflit sino-japonais s'intègre au théâtre extrême-oriental de la Seconde Guerre mondiale. Cette intégration apporte un soutien matériel à la Chine, notamment via la route de Birmanie et les opérations de transport aérien au-dessus de l'Himalaya, mais elle ne suffit pas à mettre fin rapidement aux hostilités en Asie.

La guerre sino-japonaise s'achève en août 1945, avec la capitulation du Japon consécutive aux bombardements atomiques d'Hiroshima et Nagasaki et à l'entrée en guerre de l'Union soviétique contre Tokyo. Le 15 août 1945, l'empereur Hirohito annonce la reddition. Pour la Chine, ce moment signe la fin de huit années de résistance officielle, ou de quatorze ans selon les régions qui font remonter la lutte à l'invasion de la Mandchourie. Mais la victoire ne signifie pas la paix : dès la fin de la guerre contre le Japon, la guerre civile entre nationalistes et communistes reprend de plus belle, pour s'achever en 1949 avec la proclamation de la République populaire de Chine.

Le bilan humain et matériel du conflit sino-japonais est vertigineux. Les estimations varient, mais plusieurs dizaines de millions de personnes ont perdu la vie, entre combattants, civils victimes des combats, des massacres, de la famine et des épidémies engendrées par la guerre. L'impact sur la Chine est profond et durable : il façonne les identités nationales, nourrit les mémoires collectives et continue d'influencer les relations diplomatiques entre Tokyo et Pékin bien au-delà du XXe siècle. La seconde guerre sino-japonaise reste, à bien des égards, la grande blessure fondatrice de la Chine contemporaine.

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