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Panama

Pays d'Amérique centrale indépendant depuis 1903

7 min01/01/2024
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Le Panama est un pays d'Amérique latine d'une superficie de 75 420 kilomètres carrés, occupant une position géographique d'une importance stratégique exceptionnelle. Situé sur l'isthme qui porte son nom, il assure la jonction entre l'Amérique centrale et l'Amérique du Sud, faisant de lui un carrefour naturel entre deux continents et deux océans. À l'ouest, il partage sa frontière avec le Costa Rica, tandis qu'à l'est, il est limitrophe de la Colombie, dont il faisait autrefois partie. Sa population s'élève à 4 612 397 habitants en 2026, ce qui en fait le deuxième pays le moins peuplé d'Amérique centrale, devant le seul Belize.

L'origine du nom Panama reste entourée d'une certaine incertitude, mais la tradition veut qu'il provienne d'un terme amérindien signifiant poissonneux, en référence à l'abondance des ressources halieutiques de ses côtes. Cette étymologie populaire, bien qu'impossible à vérifier avec certitude, reflète l'importance que les peuples autochtones accordaient à la mer et aux rivières dans leur vie quotidienne.

Le contact entre le monde amérindien et l'Europe s'établit lors du quatrième et dernier voyage de Christophe Colomb, au cours duquel l'explorateur génois longe les côtes du Honduras jusqu'à l'isthme de Panama. Le 24 février 1503, Colomb fonde l'un des premiers établissements espagnols en territoire continental américain, Santa María de Belén, confiant la charge de ce poste à son frère Bartolomé pendant qu'il repart solliciter des renforts auprès de la couronne espagnole. Cependant, les conflits avec les populations autochtones se révèlent rapidement insurmontables : après plusieurs attaques victorieuses des Amérindiens, l'établissement est abandonné et ses habitants regagnent l'Espagne.

La colonisation espagnole de l'isthme reprend néanmoins sous une impulsion nouvelle au début du XVIe siècle. L'Empire espagnol saisit rapidement l'intérêt stratégique de ce territoire, qui permet d'acheminer vers l'Atlantique les richesses minières — or et argent — extraites du Pérou. Le territoire reçoit le nom de Castille d'Or et devient le pivot d'un réseau commercial transocéanique d'une ampleur sans précédent. Pour protéger ce couloir vital contre les convoitises étrangères, les Espagnols le fortifient abondamment, anticipant les attaques de flibustiers et de puissances rivales.

Parmi les victimes invisibles de ce système colonial figure la population servile. Des esclaves africains, amenés de force pour travailler dans les exploitations et les chantiers, résistent à leur condition en s'enfuyant dans les forêts et les montagnes intérieures. Ces fugitifs, connus sous le nom de Cimarrons, organisent des communautés autonomes et mènent des attaques répétées contre les autorités coloniales. En 1548, une fuite massive d'esclaves aboutit à la formation d'un véritable royaume dirigé par Bayano Ier, épisode remarquable de résistance organisée dans l'histoire de l'Amérique coloniale.

Les tensions entre l'Espagne et l'Angleterre constituent un autre fil conducteur de l'histoire panaméenne au XVIIe siècle. Pour tenter de mettre fin aux hostilités entre leurs empires respectifs dans le Nouveau Monde, les deux puissances signent en 1670 le traité de Madrid, également appelé traité de Godolphin. L'encre de ce traité est à peine sèche que le corsaire gallois Henry Morgan, fort d'une flotte imposante, met à sac la ville de Panama en 1671. Malgré les fortifications et une garnison plus nombreuse que ses propres troupes, Morgan s'empare de la ville, la pille et l'incendie. Le butin accumulé lors de ce raid légendaire aurait dépassé 120 000 euros en valeur contemporaine. La ville est tellement dévastée que les survivants doivent s'établir à quelques kilomètres de là, abandonnant ce qui deviendra Panama Viejo. Dans un épilogue cynique, Morgan abandonne son propre équipage en emportant la plus grande part du butin pour son compte personnel.

Sur le plan politique, le destin du Panama est intimement lié aux guerres d'indépendance hispano-américaines qui secouent le continent entre 1810 et 1825. La Colombie, intégrée d'abord dans la vice-royauté du Pérou puis dans celle de Nouvelle-Grenade, se sépare de l'Espagne, entraînant le Panama dans son sillage. La région fait partie de la Grande Colombie de 1821 à 1831. Le traité Mallarino-Bidlack, signé en 1846 entre la Colombie et les États-Unis, ouvre une nouvelle ère en autorisant l'intervention militaire américaine sur l'isthme pour réprimer les troubles sociaux, une disposition qui sera utilisée à quatorze reprises au moins.

L'une des spécificités contemporaines du Panama réside dans son rapport particulier à la puissance militaire. Ayant renoncé à entretenir une armée de grande envergure, le pays a préféré consacrer ses ressources à la protection de son environnement naturel exceptionnel ; il détient la proportion la plus élevée de son territoire couvert par des parcs nationaux parmi les pays d'Amérique centrale. Le canal de Panama, autrefois propriété des États-Unis, est aujourd'hui une source majeure de financement pour l'État panaméen et demeure l'une des artères commerciales les plus fréquentées du monde, symbole de la position unique que ce petit pays occupe sur la scène internationale.

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