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Nelson Mandela

Homme d'État sud-africain

7 min01/01/2024
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Nelson Rolihlahla Mandela naquit le 18 juillet 1918 dans le village de Mvezo, au bord de la rivière Mbashe, dans la province du Cap-Oriental, en Afrique du Sud. Son prénom, Rolihlahla, signifiait en langue xhosa « enlever une branche d'un arbre » — ou, plus familièrement, « fauteur de troubles », une prémonition que la vie allait confirmer avec éclat. Issu d'une lignée royale du peuple Thembu de l'ethnie Xhosa, son arrière-grand-père paternel avait été roi du peuple thembu. Non éligible à la succession royale, son grand-père porta le nom de Mandela, qui devint le nom de famille. Son père, Gadla Henry Mphakanyiswa, était chef du village de Mvezo, mais les autorités coloniales le destituèrent et exilèrent sa famille, privant le jeune Rolihlahla de son environnement natal.

Le nom « Nelson » lui fut attribué par une institutrice le premier jour de sa scolarité, selon la coutume de l'époque qui imposait aux enfants africains des prénoms anglais dans les écoles coloniales. Mandela reçut une éducation soignée et fut le premier de sa famille à fréquenter une école. Après le décès de son père, le régent Jongintaba Dalindyebo prit en charge son éducation et lui permit d'étudier dans les meilleures institutions disponibles. Mandela entra en 1943 à l'Université du Fort Hare, la seule université pour Noirs en Afrique du Sud, où il rencontra Oliver Tambo, qui allait devenir son ami le plus proche et son compagnon de lutte pour les décennies à venir.

Mandela arriva à Johannesburg en 1941 après avoir fui un mariage arrangé que le régent voulait lui imposer. Dans la métropole, il découvrit de plein fouet la brutalité du système de ségrégation raciale qui réglementait chaque aspect de la vie des Noirs sud-africains. Il obtint son diplôme de droit et s'associa avec Oliver Tambo pour ouvrir le premier cabinet d'avocats noirs du pays. En 1943, il rejoignit le Congrès national africain, l'ANC, fondé en 1912, et contribua à la création de sa Ligue de la Jeunesse, qui préconisait des méthodes d'action plus directes que celles de la direction traditionnelle.

En 1948, le Parti national arriva au pouvoir en Afrique du Sud et institua le système de l'apartheid — « séparation » en afrikaans — un régime de ségrégation raciale institutionnalisée d'une rigueur sans précédent. Des lois classifiaient la population par race, imposaient une séparation stricte dans tous les domaines de la vie publique et privée, et réservaient les droits politiques et économiques à la minorité blanche. Mandela participa activement à la lutte non violente contre ces lois, organisant des campagnes de désobéissance civile inspirées par les méthodes de Gandhi. Mais lorsque l'ANC fut interdit en 1960 après le massacre de Sharpeville, où la police tua 69 manifestants pacifiques, Mandela en vint à la conclusion douloureuse que la résistance non violente seule ne suffisait pas.

En 1961, il fonda Umkhonto we Sizwe — « La Lance de la Nation » —, la branche militaire de l'ANC, qui mena une campagne de sabotage ciblant les installations économiques et militaires, en évitant délibérément de faire des victimes humaines. Le 5 août 1962, Mandela fut arrêté par la police sud-africaine, sur indication de la CIA selon des documents déclassifiés ultérieurement. Lors du célèbre procès de Rivonia en 1964, il refusa de nier ses actes et prononça depuis le banc des accusés un discours remarquable, affirmant qu'il avait lutté contre la domination blanche comme contre la domination noire, et que l'idéal d'une société libre et démocratique était un idéal pour lequel il était prêt à mourir. Condamné à la prison à perpétuité et aux travaux forcés, il fut incarcéré principalement sur l'île de Robben Island, dans des conditions souvent très dures.

Pendant vingt-sept années d'emprisonnement, Mandela devint le symbole mondial de la résistance à l'apartheid. Des campagnes internationales réclamèrent sa libération, des sanctions économiques frappèrent l'Afrique du Sud, et sa renommée ne cessa de croître. À deux reprises au moins, le gouvernement lui offrit une libération conditionnelle, exigeant qu'il renonce à la lutte armée ; il refusa chaque fois, estimant qu'accepter des conditions en échange de sa liberté serait trahir ses convictions et ses camarades encore emprisonnés.

Le 11 février 1990, sous la pression internationale et face à une situation intérieure explosive, le président Frederik de Klerk libéra Mandela. La scène de sa sortie de prison, le poing levé, diffusée dans le monde entier, fut l'une des images les plus puissantes du XXe siècle. Mandela, qui aurait pu nourrir une amertume justifiée après vingt-sept ans de détention, surprit le monde en se posant comme artisan de la réconciliation nationale. Guidé par la philosophie ubuntu — « Je suis parce que nous sommes » —, il entama des négociations difficiles avec De Klerk pour démanteler pacifiquement l'apartheid. En 1993, les deux hommes reçurent conjointement le prix Nobel de la paix pour avoir « conjointement et pacifiquement mis fin au régime de l'apartheid ».

Les premières élections nationales démocratiques d'Afrique du Sud eurent lieu en avril 1994. Des millions de Sud-Africains noirs votèrent pour la première fois de leur vie. L'ANC remporta les élections avec une majorité écrasante, et Nelson Mandela devint le premier président noir de l'Afrique du Sud, à l'âge de soixante-quinze ans. Son mandat unique, de 1994 à 1999, fut consacré à la construction de la « nation arc-en-ciel » — une démocratie multiraciale et multilingue fondée sur la réconciliation plutôt que sur la revanche. Il créa la Commission vérité et réconciliation, présidée par l'archevêque Desmond Tutu, pour permettre aux victimes de l'apartheid de témoigner et aux bourreaux de demander l'amnistie en échange de la vérité.

Nelson Mandela mourut le 5 décembre 2013 à Johannesburg, à l'âge de quatre-vingt-quinze ans. Son nom du clan tribal, « Madiba », avec lequel il était affectueusement interpellé, résonne dans le monde entier comme un symbole de dignité, de résistance et de pardon. Son héritage est immense, même si l'Afrique du Sud continue de lutter contre des inégalités économiques profondes, des tensions sociales et les séquelles d'une histoire douloureuse.

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