Nana Iosseliani, née le 12 février 1962 en Géorgie, s'est imposée comme l'une des joueuses d'échecs les plus remarquables de sa génération. Évoluant dans un pays dont la tradition échiquéenne féminine est parmi les plus riches au monde, elle a su construire une carrière fondée sur la régularité, la rigueur et une combativité qui lui a valu les plus hautes distinctions de la Fédération internationale des échecs.
Au fil de sa carrière, Nana Iosseliani a obtenu les titres de grand maître international féminin et de maître international, deux reconnaissances qui attestent de son niveau d'excellence dans la discipline et de sa capacité à rivaliser avec les meilleures joueuses mondiales. Ces titres ne s'obtiennent pas par chance : ils requièrent des années de travail intensif, une maîtrise approfondie des ouvertures, du milieu de partie et des finales, ainsi qu'une solidité psychologique à toute épreuve.
Sa domination sur la scène soviétique est l'une des marques les plus tangibles de son talent. Nana Iosseliani a remporté à deux reprises le championnat d'URSS féminin, une épreuve d'une extrême sélectivité qui réunit les joueuses d'un pays où les échecs sont une véritable institution culturelle et sportive. Décrocher ce titre une fois est en soi un exploit ; le conquérir deux fois témoigne d'une constance peu commune.
Sur la scène internationale, Iosseliani a disputé deux fois le tournoi des candidates pour le championnat du monde d'échecs féminin, atteignant à chaque occasion le sommet de la compétition. Sa première finale l'oppose en 1988 à la légendaire Maia Tchibourdanidzé, l'une des plus grandes joueuses de l'histoire. Le match se déroule dans une atmosphère de haute tension et se conclut sur le score de 8,5 à 9,5 en faveur de Tchibourdanidzé. Une défaite certes, mais acquise face à une championne d'une dimension exceptionnelle, ce qui ne diminue pas la valeur du parcours d'Iosseliani.
Sa seconde finale mondiale a lieu en 1993, contre la Chinoise Xie Jun, qui incarne alors la montée en puissance des joueuses asiatiques sur l'échiquier mondial. Cette fois, le résultat est plus sévère pour la Géorgienne : elle s'incline sur le score de 2,5 à 8,5. Ce revers illustre le changement de domination qui s'opère dans les échecs féminins à cette époque, avec la Chine qui commence à supplanter les joueuses de l'ex-bloc soviétique au plus haut niveau. Pour autant, avoir atteint deux fois ce stade ultime de la compétition place Nana Iosseliani parmi les joueuses d'élite de son époque.
La carrière d'Iosseliani s'inscrit dans un contexte particulier, celui de la Géorgie soviétique puis indépendante, un pays qui a produit une concentration remarquable de grandes joueuses d'échecs, de Nona Gaprindachvili à Maia Tchibourdanidzé. Dans cet environnement d'excellence, Nana Iosseliani a su tracer son propre sillon, accumulant les titres nationaux et se hissant au niveau des meilleures dans les compétitions les plus exigeantes du monde. Son parcours reste une référence pour les générations de joueuses qui lui ont succédé.


