biografias

Joachim II Hector de Brandebourg

Électeur de Brandebourg

4 min01/01/2024
Anúncio

Né le 13 janvier 1505 à Cölln, Joachim II Hector de Brandebourg fut l'un des princes allemands dont le règne incarna le mieux les contradictions et les tensions de la Réforme protestante au sein du Saint-Empire romain germanique. Fils de Joachim Ier Nestor de Brandebourg et d'Élisabeth de Danemark, il accéda au titre de prince-électeur de Brandebourg en 1535 et gouverna jusqu'à sa mort, le 3 janvier 1571, à Berlin-Köpenick.

La situation religieuse dans laquelle il hérita du pouvoir était des plus complexes. En 1534, son père Joachim Ier avait exigé de ses successeurs qu'ils signent un acte d'héritage les engageant à maintenir la foi catholique romaine dans le Brandebourg. Cet acte distribua également les territoires : le jeune frère Jean Ier reçut la marche de Custrin et d'autres régions, formant la Nouvelle Marche de Brandebourg. Significativement, Joachim II n'avait pas apposé sa signature sur ce document, laissant ainsi ouverte la question de ses convictions religieuses futures.

La Réforme luthérienne avait commencé à transformer l'Allemagne depuis 1517, et Joachim II fut longtemps attiré par ses idées sans oser franchir le pas officiellement. Cette ambivalence n'était pas que personnelle : elle reflétait les pressions politiques contradictoires auxquelles il était soumis. D'un côté, l'appartenance à la maison de Hohenzollern et les attentes impériales l'inclinaient vers le catholicisme. De l'autre, la puissance croissante du protestantisme parmi les princes allemands rendait le maintien d'une position purement catholique de plus en plus difficile.

Son mariage avec Hedwige Jagellon compliqua encore la situation. Cette princesse appartenait à la dynastie des Jagellons, catholiques convaincus, et Joachim dut promettre que son épouse resterait fidèle à la foi romaine. Il s'engagea donc à respecter les convictions religieuses de sa femme tout en laissant progressivement le luthéranisme s'implanter dans ses États.

Avec l'appui décisif du grand réformateur Philippe Mélanchthon, la Réforme fut officiellement mise en place dans le Brandebourg en 1539. Cette mise en œuvre fut prudente et nuancée : la hiérarchie des clercs fut révisée, la doctrine de Luther se substitua au catéchisme romain, et les laïcs reçurent le droit de communier sous les deux espèces, pain et vin. Mais simultanément, Joachim II s'efforça de maintenir les pratiques catholiques et engagea des pourparlers avec le Saint-Empire pour préserver le dialogue entre les deux confessions. C'est une voie médiane, fragile et souvent contestée, qu'il chercha à tracer.

Le 1er novembre 1539, Joachim II Hector participa lui-même à la communion sous les deux espèces, vraisemblablement en l'église Saint-Nicolas de Spandau. Cet acte public avait une valeur symbolique considérable : il signifiait clairement que l'électeur de Brandebourg assumait désormais, au moins dans les faits, la pratique luthérienne. Dans les mois suivants, les monastères et congrégations de la marche de Brandebourg furent sécularisés, leurs biens passant sous contrôle princier.

Ce n'est pourtant qu'en 1555, lors de la paix d'Augsbourg qui reconnut officiellement le luthéranisme comme confession licite dans l'Empire, que Joachim II pratiqua officiellement la religion luthérienne. Et c'est seulement en 1563 qu'il formula publiquement une profession de foi clairement luthérienne, levant ainsi toute ambiguïté sur ses convictions personnelles. Ce cheminement sur près d'un quart de siècle illustre la difficulté des choix religieux pour un prince du XVIe siècle, pris entre convictions personnelles, pressions dynastiques et calculs politiques.

Parallèlement à ses activités politiques et religieuses, Joachim II fut un grand bâtisseur. En 1542, il lança la construction du pavillon de chasse de Grunewald, élégante demeure Renaissance érigée sur la rive sud-est du lac du même nom, aux portes de Berlin. En 1558, après la démolition des ruines d'un ancien château, il entreprit la construction du château de Köpenick. L'année suivante, en 1559, commença la construction de la citadelle de Spandau. Ces chantiers ambitieux eurent cependant un coût considérable pour les finances de l'État de Brandebourg, qu'ils ruinèrent durablement. À sa mort, Joachim II laissait une dette colossale de deux millions et demi de florins, fardeau que ses successeurs durent porter pendant de longues années.

Joachim II Hector appartient à la première branche de la maison de Hohenzollern, cette lignée dont les descendants allaient devenir électeurs, puis rois de Prusse, puis empereurs d'Allemagne. Il est en effet l'ancêtre du prince Georges-Frédéric de Prusse, chef actuel de la maison impériale allemande. De son premier mariage avec Madeleine de Saxe, fille du duc Georges le Barbu, naquirent notamment Jean II Georges de Brandebourg, futur électeur, et Frédéric de Brandebourg, archevêque de Magdebourg. De son second mariage avec Hedwige Jagellon naquirent Élisabeth-Madeleine, Sigismond et Edwige, dont les alliances tissèrent des liens avec les grandes maisons princières de l'Empire. Son règne de trente-six ans, marqué par les tensions religieuses et l'ambition constructrice, laissa une empreinte durable sur l'histoire du Brandebourg.

Anúncio
Anúncio

Lisez celle-ci et plus de 800 autres histoires dans l’app World in Stories — gratuit

Histoires en vidéo, shorts, mystères et « c’est arrivé un jour comme aujourd’hui ». Téléchargement gratuit, sans carte.

Télécharger l’app — gratuit

iPhone, iPad & Android • PT, EN, ES, DE, FR

Related Stories