biografias

François Mansart

Architecte français

4 min01/01/2024
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Dans la longue histoire de l'architecture française, certains noms s'imposent avec une évidence presque naturelle comme des repères incontournables. François Mansart est de ceux-là. Né le 23 janvier 1598 à Paris et mort le 23 septembre 1666 dans la même ville, dans la paroisse Saint-Paul, il est unanimement considéré comme le principal précurseur de l'architecture classique en France, celui qui posa les fondations esthétiques et techniques sur lesquelles les générations suivantes, jusqu'à Jules Hardouin-Mansart et au-delà, allaient construire leur propre gloire.

Ses origines familiales le prédisposaient à cette vocation. Il naquit dans le faubourg Saint-Victor, fils d'Absalon Mansart, maître charpentier au service du roi, et de Michelle Le Roy, issue d'une famille d'architectes et d'ingénieurs. Son oncle maternel Philibert Le Roy était l'architecte du Versailles de Louis XIII, ce qui plaçait le jeune François au cœur des cercles professionnels les plus en vue du bâtiment royal. Quatrième de sept enfants, il perdit son père en 1610 à l'âge de douze ans, ce qui ne l'empêcha pas de suivre sa vocation.

En 1611, il entra comme apprenti chez le maître maçon Charles Mouret à Paris, formation qu'il poursuivit jusqu'en 1614. Il se rendit ensuite à Rennes pour assister son beau-frère Germain Gaultier, sculpteur et architecte de la ville, et fit là une rencontre déterminante avec Salomon de Brosse et Charles du Ry, deux architectes qui incarnaient l'avant-garde de leur époque. De 1618 à 1621, représentant son oncle Marcel Le Roy, il dirigea les travaux de reconstruction du Pont-Neuf de Toulouse sur les plans de Jacques Lemercier, puis accomplit une mission similaire sur le pont de Rouen. Ces réalisations d'infrastructure, menées avec une totale autonomie, marquèrent l'achèvement de sa formation pratique.

Ce qui distinguait Mansart de ses contemporains était son autodidactisme théorique. Ne pouvant se rendre en Italie, faute de pouvoir interrompre ses chantiers, il y suppléa par une vaste bibliothèque qui lui permit de s'imprégner des principes de l'architecture française du XVIe siècle et de l'architecture italienne de la Renaissance. Cette culture livresque alliée à une pratique intensive du terrain allait former un architecte d'une singulière rigueur formelle.

Sa première réalisation notable fut la façade de l'église des Feuillants à Paris, dont il fournit le dessin en 1623, composition fortement inspirée de l'église Saint-Gervais-Saint-Protais réalisée par Salomon de Brosse en 1616. La même année, il participa à la rénovation du château de Berny, qui séduisit Jean de Choisy, chancelier du duc d'Orléans, au point de lui confier la construction du château de Balleroy en 1631. Ce château constitua un véritable manifeste du style de Mansart : volumes pyramidants, toits écrêtés coiffés de lanternons, escalier suspendu grâce à une maîtrise poussée de la stéréotomie, terrasses côté cour et côté jardin ouvrant le bâtiment sur les espaces extérieurs. Cette formule triompherait dans l'architecture française des décennies suivantes.

En 1634, Gaston d'Orléans, frère du roi Louis XIII et l'un des personnages les plus influents du royaume, fit appel à lui pour un projet colossal : la reconstruction du château de Blois. Ce chantier ambitieux fut interrompu en 1638, à la naissance du futur Louis XIV qui fit cesser Gaston d'être l'héritier du trône, réduisant ainsi ses ambitions dynastiques et architecturales. Seule l'actuelle aile Gaston d'Orléans témoigne de ce que l'architecte envisageait.

En 1641, le château de Maisons, commandé par René de Longueil, devint la réalisation la plus accomplie de Mansart et le modèle qui établit définitivement sa renommée. Jacques-François Blondel dans son Cours d'Architecture de 1771 le cita comme référence absolue pour les générations suivantes. Mais cette œuvre magistrale fut aussi l'occasion de révéler un trait de caractère notoire de l'architecte : il n'hésitait pas à détruire ce qu'il estimait imparfait pour tout reconstruire. Ayant élevé une aile du château de Maisons, il la fit abattre et recommencer pour obtenir un résultat à la hauteur de ses exigences. Ce perfectionnisme obsessionnel entraînait des surcoûts considérables pour ses commanditaires.

Cette disposition à l'intransigeance lui coûta cher. En 1645, le chantier du Val-de-Grâce, qui lui avait été confié, lui fut retiré et remis à Jacques Lemercier, en raison des frais que ses exigences continues engendraient. Ce refus de compromettre ses idéaux esthétiques, si admirable soit-il sur le plan artistique, freinait durablement sa carrière pratique. François Mansart mourut en 1666, au 5 rue Payenne à Paris, où il avait toujours résidé, et fut inhumé à Saint-Paul. Il laissait une architecture sans égale dans sa pureté formelle et dans son influence sur tout ce que la France allait construire de grand au siècle suivant.

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