tragedias

Édouard III

Roi d'Angleterre de 1327 à 1377

7 min01/01/2024
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Édouard III d'Angleterre, également connu sous le nom d'Édouard de Windsor, est l'un des souverains les plus importants et les plus complexes qu'ait connus l'Angleterre médiévale. Né le 13 novembre 1312 au château de Windsor, dans le Berkshire, il monte sur le trône dans des circonstances tumultueuses et règne pendant un demi-siècle qui transforme profondément l'Europe. Sa mort survient le 21 juin 1377 au palais de Sheen, dans l'actuel Richmond upon Thames, après un règne de cinquante ans qui laisse une empreinte durable sur l'histoire anglaise et européenne.

Sa naissance en 1312 représente pour son père, Édouard II, un soulagement politique non négligeable. Le règne de ce dernier était en effet marqué par de cuisantes défaites militaires, des rebellions dans la noblesse et les ravages de la corruption à la cour. L'arrivée d'un héritier mâle renforce temporairement la position du roi sur son trône. Dès l'âge de douze jours, le jeune Édouard est proclamé comte de Chester, et son père lui constitue rapidement une cour propre, lui conférant ainsi une certaine autonomie princière précoce.

C'est à l'abbaye de Westminster, à Londres, que le jeune Édouard est couronné roi d'Angleterre le 1er février 1327, à seulement quatorze ans. Ce couronnement précipité résulte de la destitution de son père, Édouard II, survenue le 20 janvier précédent, sous la pression de la noblesse et de la propre mère du jeune roi, Isabelle de France, qui gouverne alors de facto aux côtés de son amant Roger Mortimer. La réalité du pouvoir est donc, dans un premier temps, entre les mains de ce couple.

Mais Édouard III n'entend pas demeurer longtemps sous tutelle. À peine âgé de dix-huit ans, il frappe un grand coup en faisant juger et exécuter Roger Mortimer le 29 novembre 1330, considéré comme le commanditaire présumé de l'assassinat de son père Édouard II. Sa mère Isabelle de France, à qui Mortimer avait confié le gouvernement, est écartée de toute influence politique. C'est ainsi que débute véritablement son règne personnel, marqué dès l'origine par une volonté affirmée de restaurer l'autorité royale après des années de désordre.

Ayant rétabli l'ordre intérieur, Édouard III se tourne vers l'extérieur. Après des opérations militaires contre le royaume d'Écosse — qu'il défait sans toutefois le soumettre définitivement — il porte son attention vers la France. Les relations entre les deux royaumes sont tendues depuis longtemps, en raison de l'emprise économique de l'Angleterre sur les Flandres françaises et sur l'Aquitaine, de l'alliance franco-écossaise, et du problème fondamental de la souveraineté sur la Guyenne. En sa qualité de duc d'Aquitaine depuis le 10 septembre 1325, Édouard est vassal du roi de France, qui peut annuler ses décisions de justice, une sujétion que le roi d'Angleterre juge intolérable.

Le 7 octobre 1337, Édouard III se déclare l'héritier légitime du trône de France, invoquant sa qualité de petit-fils de Philippe IV le Bel par sa mère Isabelle. Cette revendication dynastique constitue l'étincelle qui déclenche la guerre de Cent Ans, l'un des conflits les plus longs et les plus dévastateurs de l'histoire européenne. Ce n'est pas une guerre ordinaire : elle s'inscrit dans le contexte d'une Europe déjà ébranlée par la crise économique et sociale, et qui sera bientôt ravagée par les épidémies de peste noire.

Après quelques revers initiaux, Édouard parvient à convaincre le Parlement de voter les impôts nécessaires au financement d'une armée de métier, innovation militaire qui se révèle décisive. Les victoires s'enchaînent : la bataille de Crécy en 1346 est un triomphe pour les archers anglais face à la chevalerie française. La prise de Calais consolide la présence anglaise sur le continent. La bataille de Poitiers en 1356, lors de laquelle le roi de France Jean II est capturé par le fils d'Édouard, le Prince Noir, porte un coup terrible au prestige de la monarchie française. Le traité de Brétigny, signé le 8 mai 1360, consacre les gains anglais et étend le royaume d'Angleterre sur environ un tiers de la France continentale.

Cependant, à partir de ce moment, la donne change. Charles V de France entreprend une modernisation en profondeur de son économie et de son armée, réorganise les finances royales et reprend patiemment les territoires perdus. Pendant ce temps, le Parlement anglais se montre de plus en plus réticent à financer la guerre, et Édouard III, dont la santé se dégrade progressivement, sombre dans une apathie qui paralyse son gouvernement. Les dernières années de son règne sont marquées par des revers stratégiques et la perte de la quasi-totalité des conquêtes françaises, ainsi que par des troubles intérieurs croissants.

Pourtant, même si les historiens whigs ont parfois dénoncé Édouard comme un aventurier irresponsable, l'historiographie moderne lui reconnaît de nombreuses réalisations durables. Sous son règne de cinquante ans, l'Angleterre amorce sa transformation en puissance manufacturière maîtrisant l'ensemble de la chaîne textile. Le Parlement anglais connaît une évolution décisive, et la législation et le gouvernement font des progrès considérables. En 1362, il cède le duché d'Aquitaine à son fils aîné Édouard, dit le Prince Noir, témoignant d'un sens dynastique affirmé. Édouard III reste ainsi une figure à la fois célébrée et controversée, dont le long règne a façonné l'Angleterre et contribué à redéfinir les équilibres de l'Europe médiévale.

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