biografias

Christophe Colomb

Navigateur et explorateur italien, XVe et début du XVIe siècle

6 min01/01/2024
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Dans les annales de l'histoire mondiale, peu d'événements ont eu des conséquences aussi profondes et aussi durables que la traversée de l'Atlantique accomplie par Christophe Colomb en 1492. Né en 1451 sur le territoire de la République de Gênes — bien que l'exacte localité de sa naissance reste disputée par les historiens — Colomb grandit dans l'environnement maritime et commercial de la Méditerranée génoise avant de se lancer dans une aventure qui allait transformer irrémédiablement la carte du monde et le cours de l'histoire humaine.

Fils d'un tisserand et marchand de fromages, Colomb embrassa très tôt la carrière maritime, naviguant en Méditerranée pour le compte de négociants génois. À partir de 1476, il s'établit au Portugal, alors à la pointe de l'exploration maritime européenne. Les navigateurs portugais progressaient depuis les années 1420 le long des côtes africaines, cherchant à atteindre l'Asie du Sud en contournant l'Afrique par l'océan Indien. C'est dans ce contexte bouillonnant d'ambitions géographiques que Colomb élabora son projet alternatif : atteindre les Indes en naviguant vers l'ouest à travers l'océan Atlantique, qu'il appelait la « mer Océane ».

Son calcul reposait sur une sous-estimation significative de la circonférence terrestre : Colomb croyait que l'Asie était bien plus proche qu'elle ne l'était en réalité et ignorait l'existence du continent américain. En 1484, il soumit son projet au roi Jean II de Portugal, qui le rejeta après consultation d'experts géographes. Colomb émigra alors en Castille en 1485 et prit contact avec les Rois catholiques, Isabelle de Castille et Ferdinand d'Aragon, qu'il rencontra dès janvier 1486. Il lui fallut encore six ans de démarches et de patience avant d'obtenir leur accord, peu après la prise de Grenade en janvier 1492, qui achevait la Reconquista et libérait les ressources et l'attention des souverains.

Mandaté en avril 1492 par les capitulations de Santa Fe, Colomb mit les voiles le 3 août suivant depuis Palos de la Frontera, à la tête de trois caravelles — la Niña, la Pinta et la Santa María — et d'un équipage d'environ quatre-vingt-dix hommes. Après avoir fait escale aux Canaries pour effectuer des réparations, la petite flotte s'élança vers l'inconnu en direction de l'ouest. Le moral de l'équipage se dégrada au fil des semaines sans que terres se montrent, mais Colomb maintint le cap avec une obstination remarquable. Le 12 octobre 1492, un marin à bord de la Pinta aperçut enfin des terres : c'était une île des Bahamas que Colomb nomma San Salvador.

Convaincu d'avoir atteint les abords des Indes, Colomb explora plusieurs îles des Caraïbes au cours des semaines suivantes, dont Cuba et Hispaniola — la grande île que se partagent aujourd'hui Haïti et la République dominicaine. Il donna aux habitants qu'il rencontra le nom d'« Indiens », dénomination destinée à traverser les siècles malgré son inexactitude. Son retour en Europe en mars 1493 fut triomphal : reçu avec tous les honneurs par les Rois catholiques à Barcelone, il fut officiellement nommé « amiral de la mer Océane, gouverneur et vice-roi des Indes », devenant l'égal des grands d'Espagne.

Dès son deuxième voyage, qui débuta en septembre 1493 avec une flotte de dix-sept navires et quelque mille deux cents hommes, Colomb s'engagea dans la colonisation d'Hispaniola. Ce fut le début d'une série de difficultés qui allaient ternir sa réputation d'administrateur. Les talents de Colomb navigateur et explorateur n'égalaient pas ses compétences en matière de gouvernement colonial : les colons espagnols se révoltèrent contre son autorité, les Amérindiens furent soumis à une exploitation brutale, et les richesses promises tardaient à se concrétiser. Il rentra en Espagne en 1496, parvint à se justifier auprès des souverains et repartit pour un troisième voyage en 1498, au cours duquel il atteignit pour la première fois le continent américain, sur les côtes de l'actuel Venezuela.

La situation à Hispaniola resta chaotique. En 1500, un émissaire royal envoyé pour inspecter la colonie le fit arrêter et renvoyer en Espagne enchaîné. Il fut rapidement libéré par les souverains, mais perdit ses titres de gouverneur et de vice-roi. Son quatrième et dernier voyage, accompli entre 1502 et 1504, fut le plus éprouvant : il longea les côtes de l'Amérique centrale, essuya des tempêtes dévastatrices et resta échoué pendant plus d'un an à la Jamaïque avant d'être secouru. Rentré en Espagne épuisé et malade, il mourut à Valladolid le 20 mai 1506, toujours persuadé d'avoir atteint les Indes.

C'est à un autre navigateur, l'Italien Amerigo Vespucci, qu'il revint de populariser l'idée que ces terres constituaient un « Nouveau Monde » distinct de l'Asie. Des cartographes lorrains baptisèrent ces terres « Amérique » en 1507 en son honneur. Le nom de Colomb fut quant à lui attribué à plusieurs territoires américains : la Colombie, l'ancienne Grande Colombie et la Colombie-Britannique canadienne. Colomb n'était pas le premier Européen à traverser l'Atlantique — des Vikings avaient atteint les côtes du Canada vers l'an 1000 — mais ses voyages eurent des conséquences incomparables, déclenchant un processus de contact, d'échanges et de conquêtes qui remodela durablement les deux hémisphères. Son bilan d'explorateur demeure impressionnant : il découvrit et nomma un grand nombre d'îles des Caraïbes, dont la Guadeloupe, Marie-Galante, la Désirade, la Trinité et la Dominique.

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