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Ramsès II

Troisième pharaon de la XIXe dynastie

6 min01/01/2024
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Sur la longue liste des pharaons qui gouvernèrent l'Égypte pendant plus de trois millénaires, Ramsès II occupe une place à part. Né aux alentours de 1304 à 1301 avant notre ère au sein d'une famille militaire originaire de la région d'Avaris dans le delta du Nil, il allait régner pendant soixante-six ans et quelques mois — durée exceptionnelle pour une époque où l'espérance de vie était brève — laissant derrière lui une empreinte architecturale, militaire et artistique sans équivalent dans l'histoire de l'Égypte ancienne. La postérité l'a surnommé « Ramsès le Grand » ou encore « Ozymandias », transcription grecque de l'une de ses épithètes royales.

Ses origines militaires étaient profondes. Son arrière-grand-père Séthi, son grand-père Pa-Râmessou, qui allait devenir le pharaon Ramsès Ier pour une courte période, et son père Séthi Ier, roi d'Égypte pendant une dizaine d'années, étaient tous des militaires avant d'accéder au trône. Ramsès II était le fils cadet de Séthi Ier et de la reine Mouttouya. Il avait une sœur aînée nommée Tia. Associé dès son jeune âge à la co-régence paternelle, il participa à des campagnes militaires aux côtés de son père, acquérant ainsi une expérience du commandement avant même d'accéder seul au pouvoir, aux alentours de 1279 avant notre ère.

La grande affaire militaire du règne de Ramsès II fut la confrontation avec les Hittites, puissant empire d'Anatolie qui contestait à l'Égypte la domination sur le Proche-Orient. La bataille de Qadesh, qui se déroula en l'an 5 du règne — soit vers 1274 avant notre ère — sur les bords de l'Oronte en Syrie, est l'un des premiers affrontements militaires de grande envergure dont nous ayons une relation détaillée. Ramsès II faillit y perdre la vie lorsque ses troupes furent prises en embuscade par l'armée du roi hittite Muwatalli II. Selon sa propre version, extraordinairement complaisante envers lui-même et gravée sur les murs de nombreux temples égyptiens, il repoussa à lui seul l'assaut ennemi grâce à l'intervention du dieu Amon, attendant l'arrivée de ses renforts. La réalité militaire fut probablement plus nuancée, et la bataille se termina sans vainqueur clair, la frontière se stabilisant sur l'Oronte.

Cette guerre s'étirant dans le temps, Ramsès II et son successeur hittite Hattusili III conclurent finalement vers 1259 avant notre ère l'un des traités de paix les plus anciens de l'histoire connus par écrit, dont les copies en égyptien et en akkadien sont conservées. Ce traité fut scellé par le mariage de Ramsès II avec la fille aînée de Hattusili III, union dont l'écho résonnait encore sous les Ptolémées dans la légende de « la princesse de Bakhtan ». Ramsès II assura également la domination de l'Égypte sur la Nubie, région stratégique pour ses gisements aurifères, y construisant une série de temples dont les plus célèbres sont ceux d'Abou Simbel, taillés dans la falaise de grès rose et ornés de statues colossales de vingt mètres de hauteur représentant le pharaon assis.

La dimension architecturale du règne de Ramsès II est proprement écrasante. Il fit bâtir ou agrandir des monuments dans tout le pays, depuis les temples de Nubie jusqu'au delta du Nil. Il fit construire Pi-Ramsès, « La maison de Ramsès », vaste nouvelle capitale dans le delta oriental, et contribua massivement aux temples de Karnak, de Louxor et d'Abydos. Il fit sculpter un nombre prodigieux de statues à son effigie et fit graver son nom sur presque tous les temples, y compris ceux que d'autres pharaons avaient érigés, comme si ces monuments avaient été construits sur ses ordres. Cette tendance à s'approprier les œuvres de ses prédécesseurs lui valut parfois le surnom de « pharaon bâtisseur » mais aussi des critiques des égyptologues modernes sur la sincérité de cet usage. La quantité extraordinaire d'objets d'art et d'éléments architecturaux portant son nom explique que l'on retrouve sa trace dans presque tous les musées du monde disposant d'un département d'antiquités égyptiennes.

Ramsès II eut une vie conjugale et familiale d'une ampleur à la mesure de sa puissance. Il eut plusieurs épouses principales, dont la célèbre Néfertari, pour qui il fit construire l'un des plus beaux temples de la Vallée des Reines à Abou Simbel, et dont les peintures murales comptent parmi les plus remarquables de l'art égyptien. Il eut aussi Isetnofret, mère de plusieurs de ses fils destinés à lui succéder. Au total, il eut vraisemblablement plusieurs dizaines de fils et de filles, dont beaucoup moururent avant lui en raison de son règne exceptionnellement long. Il mourut aux alentours de 1213 avant notre ère à Pi-Ramsès, après soixante-six ans de règne, à un âge avoisinant les quatre-vingt-dix ans, ce qui était phénoménal pour l'Antiquité.

Sa momie, découverte dans la cachette de Deir el-Bahari et aujourd'hui conservée au Musée égyptien du Caire, révèle un homme de haute taille pour l'époque, aux traits fins et à la chevelure roussie par les embaumeurs. Les analyses ont montré qu'il souffrait d'arthrite sévère et de problèmes dentaires importants dans ses dernières années. Ramsès II est souvent associé dans la tradition populaire au pharaon de l'Exode biblique opposé à Moïse, bien que son nom n'apparaisse nulle part dans la Torah et que l'historicité même de cet épisode soit contestée par la majorité des historiens et des archéologues. Cette association a néanmoins contribué à maintenir vivace l'intérêt du grand public pour ce pharaon déjà exceptionnel à tous égards.

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