La deuxième maison de Bragance, également désignée sous le titre de sérénissime maison de Bragance, constitue l'une des dynasties les plus importantes de l'histoire de la péninsule Ibérique. Issue d'une branche de la maison capétienne d'Aviz, elle tire son origine d'Alphonse de Portugal, né en 1377 et mort en 1461, fils naturel du roi Jean Ier de Portugal. Par les mâles, cette maison descend donc de la lignée d'Aviz, qui elle-même remonte à la maison de Bourgogne, établissant ainsi un lien de parenté avec les rois de France.
Dès le début du XVe siècle, les ducs de Bragance s'imposèrent comme les seigneurs les plus riches, les plus puissants et les plus nobles de tout le Portugal. Leurs prérogatives étaient considérables : ils disposaient du droit de justice, du droit d'anoblir des individus, et leurs terres étaient soustraites à l'administration et à la justice royales ordinaires. Ils détenaient en outre l'office héréditaire de connétable de Portugal, c'est-à-dire le commandement militaire suprême du royaume, ne relevant directement que du roi. Leurs titres étaient nombreux : ducs de Bragance, de Guimarães et de Barcelos, marquis de Vila Viçosa, comtes d'Arraiolos, d'Ourém et de Neiva, entre autres. Leurs possessions étaient distribuées largement à travers tout le territoire portugais.
La cour de Vila Viçosa, résidence principale de la maison depuis que Jacques Ier de Bragance y fit construire un somptueux palais de la Renaissance après une expédition solitaire à Azemmour, au Maroc portugais, était façonnée à l'image de la cour royale de Lisbonne. Les Bragance étaient du reste toujours considérés comme faisant partie de la famille royale et étaient les seuls, après les princes légitimes, à pouvoir revendiquer l'appellation d'Excellence. Leurs alliances matrimoniales les liaient à plusieurs grandes dynasties européennes, notamment les Habsbourg de Vienne et de Madrid, les Parme et les Savoie.
La maison frôla le trône à deux reprises avant d'y accéder. En 1501, Jacques Ier de Bragance fut proclamé prince héritier de Portugal par son oncle maternel, le roi Manuel Ier le Fortuné, qui n'avait alors pas d'enfant. Mais la naissance du futur Jean III l'année suivante écarta les Bragance de la succession pour plusieurs décennies. La deuxième occasion manquée survint en 1580, à la mort sans descendance du roi Henri Ier. Les cortès portugaises envisagèrent de confier la couronne à l'infante Catherine, petite-fille de Manuel Ier et épouse du duc Jean Ier de Bragance. Mais c'est finalement Philippe II d'Espagne, cousin de Catherine, qui s'empara du trône par la force et devint Philippe Ier de Portugal, malgré un fort sentiment national hostile à cette mainmise étrangère.
Cette union des couronnes ibériques sous domination espagnole dura soixante ans, période durant laquelle le sentiment national portugais ne cessa de fermenter. Le soulèvement du 1er décembre 1640 mit fin à cette période et porta enfin les Bragance sur le trône. Jean IV de Bragance fut proclamé roi de Portugal, inaugurant une longue lignée qui régna sur le pays de 1640 à 1853. Cette restauration de l'indépendance portugaise, célébrée encore aujourd'hui comme une fête nationale, fut rendue possible par le mécontentement général face à la politique fiscale et militaire espagnole.
La maison de Bragance étendit également son pouvoir au-delà des frontières européennes. Lorsque le Brésil fut élevé au rang de royaume en 1815, à la suite du transfert de la cour portugaise à Rio de Janeiro lors des guerres napoléoniennes, les Bragance régnèrent sur ce vaste territoire américain. Cette branche brésilienne de la maison maintint son trône jusqu'en 1889, date à laquelle la proclamation de la République mit fin à la monarchie brésilienne.
La saga des Bragance est indissociable des grandes dynamiques de l'histoire européenne. Leur ascension de duché en royaume, leurs liens avec les principales familles régnantes du continent, leur rôle dans la restauration de l'indépendance portugaise et leur expansion impériale outre-Atlantique font d'eux l'une des maisons dynastiques les plus remarquables de leur époque. Ils illustrent à leur manière les mécanismes complexes par lesquels le pouvoir se conquiert, se perpétue et s'étend, de génération en génération, à travers le jeu subtil des alliances, des héritages et des opportunités politiques.

