guerras

Barbara Hepworth

Sculptrice et artiste peintre britannique (1903-1975)

4 min01/01/2024
Anúncio

Barbara Hepworth est née le 10 janvier 1903 à Wakefield, dans le Yorkshire de l'Ouest, en Angleterre. Elle est morte le 20 mai 1975 à Saint Ives, dans les Cornouailles, dans l'incendie de sa maison. Entre ces deux dates s'étend une carrière artistique d'une richesse et d'une originalité exceptionnelles, qui a fait d'elle l'une des sculptrices les plus importantes du XXe siècle et une représentante majeure de l'abstraction britannique.

Dès l'enfance, Barbara Hepworth manifeste un intérêt profond pour les formes naturelles et les textures du monde environnant. Cette sensibilité innée aux volumes et aux surfaces orientera l'ensemble de son œuvre future. En 1920, elle commence ses études formelles en arts plastiques à la Leeds College of Art and Design, avant d'intégrer le Royal College of Art de Londres, où elle étudie de 1921 à 1924. C'est dans cet environnement académique stimulant qu'elle noue une amitié durable avec le sculpteur Henry Moore, avec lequel elle entretient une relation d'influence réciproque tout au long de leur carrière, même si Moore bénéficiera d'une notoriété plus large.

En 1924, une bourse lui ouvre les portes de l'Italie. Elle séjourne notamment à Florence, où elle apprend à sculpter le marbre auprès de Giovanni Ardini. Cette expérience italienne est fondatrice : elle fait de la taille directe dans la pierre la caractéristique principale de son travail, une technique qui suppose un dialogue immédiat et physique entre l'artiste et la matière. Toute sa carrière sera ensuite orientée vers l'exploration des différents types de pierre et de bois, chaque matériau lui offrant des possibilités expressives spécifiques. Ses premières œuvres prennent pour thèmes les animaux, lui permettant déjà d'approcher les contours de l'abstraction.

Elle épouse le sculpteur John Skeaping en Italie, et tous deux rentrent à Londres en 1926, où elle commence à organiser des expositions. En 1932, elle crée Pierced Form, sa première œuvre abstraite percée : une sculpture dans laquelle un vide traverse la masse, procédé qui deviendra central dans son esthétique et sa signature visuelle. Ce geste fondateur, apparemment simple, ouvre des possibilités formelles et philosophiques considérables, invitant la lumière, l'air et l'espace à devenir des composantes à part entière de l'œuvre.

Sa séparation d'avec Skeaping et son union avec le peintre Ben Nicholson l'amène à voyager en France, où elle se constitue un réseau international de premier plan. Elle fréquente alors Constantin Brancusi, Jean Arp, Pablo Picasso ou encore Alberto Giacometti, échanges qui enrichissent considérablement sa vision artistique et confirment son appartenance à l'avant-garde européenne. Elle rejoint plusieurs groupements artistiques importants, notamment Abstraction-Création, avec lequel elle expose en 1934, et Unit One, collectif britannique consacré à la promotion de l'avant-garde nationale. Elle contribue à la publication d'Herbert Read intitulée Unit One: the Modern Movement in English Architecture, Painting and Sculpture. Dans ce texte fondateur, elle énonce clairement son objectif : projeter dans un médium plastique une vision abstraite et universelle de la beauté.

En 1935, après la fin de Unit One, elle fonde avec Naum Gabo le groupe Circle, dont l'émulation intellectuelle se cristallise dans la publication de Circle: International Survey of Constructive Art en 1937, éditée par Nicholson, Gabo et l'architecte Leslie Martin, et illustrée par Hepworth et Sadie Martin. Cette effervescence créatrice collective place Hepworth au cœur du mouvement constructiviste international.

En 1939, Barbara Hepworth et Ben Nicholson s'installent à Saint Ives, dans les Cornouailles, fuyant la guerre qui approche. Ce déménagement va profondément marquer sa création à partir des années 1940 : les paysages de Cornouailles, avec leurs falaises, leurs formes rocheuses et leurs lumières changeantes, deviennent une source d'inspiration constante. Sa sculpture prend alors une dimension plus humaine et plus intimement liée à l'environnement naturel.

L'art de Barbara Hepworth repose tout entier sur un jeu dialectique entre formes convexes et concaves, entre vide et plein. Contrairement à Henry Moore, pour qui les perforations dans la sculpture ont une fonction dynamique, chez Hepworth les vides ont une fonction essentiellement esthétique : ils offrent une variété infinie de courbes et permettent à la nature de reprendre ses droits sur l'œuvre. La sculpture ne s'impose pas à l'espace environnant, elle le prolonge, elle en fait corps avec lui, jusqu'à s'y intégrer organiquement.

Sa recherche d'une forme idéale s'inscrit dans une conception esthétique qui, tout en étant résolument moderne et abstraite, maintient un lien profond avec la beauté formelle classique, notamment avec la conception de la beauté propre à la Grèce antique. Cette tension féconde entre tradition et modernité confère à son œuvre une force et une cohérence rares.

En 1965, elle reçoit l'Ordre de l'Empire britannique, récompense officielle de son apport exceptionnel à l'art britannique. Dix ans plus tard, en 1975, elle meurt dans l'incendie de sa maison à Saint Ives, laissant derrière elle un corpus sculptural d'une remarquable unité, conservé notamment au Barbara Hepworth Sculpture Garden à Saint Ives et présent dans les plus grandes collections publiques mondiales. Son œuvre continue d'être régulièrement exposée et célébrée, comme en témoigne une importante exposition au musée Rodin de Paris jusqu'au 22 mars 2020.

Anúncio
Anúncio

Lisez celle-ci et plus de 800 autres histoires dans l’app World in Stories — gratuit

Histoires en vidéo, shorts, mystères et « c’est arrivé un jour comme aujourd’hui ». Téléchargement gratuit, sans carte.

Télécharger l’app — gratuit

iPhone, iPad & Android • PT, EN, ES, DE, FR

Related Stories