biografias

William Waddington

Homme d'État et diplomate français

7 min01/01/2024
Anúncio

William Henry Waddington est l'une de ces figures de la Troisième République française dont la trajectoire personnelle incarne à elle seule les paradoxes d'une époque en quête de stabilité institutionnelle. Né le 11 décembre 1826 à Saint-Rémy-sur-Avre, en Eure-et-Loir, d'un père filateur d'origine écossaise établi en France, il meurt le 13 janvier 1894 à Paris après une vie consacrée aux lettres, à l'archéologie et à la politique de la jeune République.

Son parcours intellectuel débute dans les meilleures institutions britanniques. Il étudie à Rugby, l'une des grandes public schools anglaises, puis au Trinity College de Cambridge où il se distingue par son excellence académique, notamment en Grande Littérature Classique. En 1849, il pousse plus loin sa singularité en représentant Cambridge dans la célèbre Boat Race, cette course d'aviron annuelle qui oppose les universités de Cambridge et d'Oxford sur la Tamise. Cette anecdote souligne le caractère peu commun d'un homme partagé dès la jeunesse entre deux cultures, deux langues et deux traditions intellectuelles.

Sa passion pour l'archéologie et l'histoire ancienne le conduit à entreprendre en 1861-1862 un voyage en Syrie en compagnie du savant Melchior de Vogüé. Dans la région du Hauran, en Syrie du Sud, les deux hommes consacrent leurs efforts à recopier des inscriptions grecques et latines jusque-là inédites. Ce travail patient et rigoureux forme la base du premier recueil systématique d'inscriptions pour cette région, une contribution scientifique majeure à l'épigraphie du Proche-Orient antique. Reconnu par ses pairs, Waddington est élu à l'Académie des inscriptions et belles-lettres en 1865, consécration de sa carrière savante. Il participe aussi en 1868 à la fondation de l'École pratique des hautes études, institution destinée à promouvoir la recherche universitaire fondée sur la méthode scientifique.

La politique s'impose à lui après la débâcle de la guerre franco-prussienne de 1870. En 1871, il est élu député républicain et devient simultanément président du conseil général de l'Aisne. La même année, il entre dans la Commission des Trente, chargée de rédiger une constitution pour la France. Sa proximité avec Jules Dufaure, figure modérée du républicanisme, lui ouvre les portes des fonctions ministérielles. Un premier passage au ministère de l'Instruction publique, furtif car il ne dure que sept jours, ne laisse guère de traces. En 1876, son élection au Sénat consolide sa position dans le paysage politique national.

C'est sous la présidence de Mac Mahon, lors du retour de Jules Dufaure, qu'il accède au ministère de l'Instruction publique pour la période 1876-1877, puis au ministère des Affaires étrangères en 1878-1879. À ce dernier poste, il représente la France au Congrès de Berlin de 1878, ce rassemblement diplomatique qui redessinera la carte des Balkans après la guerre russo-turque et tentera de réguler les ambitions des grandes puissances européennes. La participation de Waddington à ce congrès est l'une des missions diplomatiques les plus importantes de sa carrière.

En 1879, la crise politique provoquée par la démission du président Mac Mahon offre à Waddington une occasion inattendue d'accéder au sommet. Jules Dufaure, chef des républicains et chef du gouvernement, choisit de démissionner à quatre-vingt-un ans. Le nouveau président Jules Grévy doit trouver un successeur. Ni Gambetta, figure trop encombrante, ni Jules Ferry, jugé trop protectionniste pour une majorité plutôt libérale, ne conviennent. Waddington, personnalité de second plan mais universellement respectée, est nommé président du Conseil le 4 février 1879. Il conserve le portefeuille des Affaires étrangères et confirme plusieurs ministres dans leurs fonctions.

Son gouvernement, initialement perçu comme un cabinet de transition, affirme rapidement sa capacité à gouverner. En février, la Chambre adopte La Marseillaise comme hymne national officiel, confirmant ainsi une loi de la Convention de 1795 tombée en désuétude. Dans les jours suivants, une loi d'amnistie partielle en faveur des Communards est adoptée, démontrant la volonté du gouvernement d'apaiser les divisions nées de la Commune de Paris. Ces deux mesures symboliques transforment le cabinet Waddington en gouvernement durable.

Les mois suivants sont pourtant semés d'embûches. Son ministre de l'Intérieur, Émile de Marcère, est accusé de pression administrative et contraint à la démission, remplacé par Charles Lepère. Une commission d'enquête parlementaire sur les événements du 16 mai 1877 crée des tensions avec la majorité. Son ministre des Finances, Léon Say, est impliqué dans un scandale financier et prêt à démissionner, ce qui aurait pu entraîner la chute du gouvernement, mais Gambetta intervient pour sauver Say et maintenir Waddington en place. Le gouvernement Waddington prend fin le 28 décembre 1879, après moins d'un an d'exercice. Waddington est ensuite nommé ambassadeur de France à Londres, poste qu'il occupe avec distinction et où sa formation anglophone constitue un atout précieux pour les relations franco-britanniques. Sa vie illustre parfaitement la capacité de la Troisième République à intégrer des personnalités d'horizons variés dans la construction de ses institutions durables.

Anúncio
Anúncio

Lisez celle-ci et plus de 800 autres histoires dans l’app World in Stories — gratuit

Histoires en vidéo, shorts, mystères et « c’est arrivé un jour comme aujourd’hui ». Téléchargement gratuit, sans carte.

Télécharger l’app — gratuit

iPhone, iPad & Android • PT, EN, ES, DE, FR

Related Stories