biografias

Victoria (reine)

Reine du Royaume-Uni de 1837 à 1901 et impératrice des Indes de 1876 à 1901

8 min01/01/2024
Anúncio

L'histoire du Royaume-Uni au XIXe siècle est indissociable de la figure de la reine Victoria, dont le règne de soixante-trois ans et sept mois a façonné non seulement son pays mais l'ensemble du monde moderne. Née Alexandrina Victoria le 24 mai 1819 au palais de Kensington à Londres, elle mourut le 22 janvier 1901 à Osborne House sur l'île de Wight, laissant derrière elle un empire sans précédent dans l'histoire humaine et une époque à laquelle son nom fut définitivement associé.

La naissance de Victoria résulta d'une crise dynastique. Son père, le prince Édouard-Auguste, duc de Kent et de Strathearn, était le quatrième fils du roi George III. Jusqu'en 1817, la nièce d'Édouard, la princesse Charlotte Augusta de Galles, semblait devoir assurer la succession. Sa mort prématurée cette année-là provoqua une crise de succession, contraignant les princes célibataires à se marier en urgence pour produire des héritiers. En 1818, le duc de Kent épousa la princesse Victoire de Saxe-Cobourg-Saalfeld, dont le frère Léopold était le veuf de la défunte Charlotte. La princesse Victoire avait déjà deux enfants d'un premier mariage avec Émile-Charles de Leiningen : Charles et Théodora.

Victoria naquit à 4 heures 15 du matin le 24 mai 1819, dans la Cupola Room du palais de Kensington. Elle fut baptisée en privé par l'archevêque de Cantorbéry, Charles Manners-Sutton, le 24 juin 1819. Son prénom Alexandrina lui venait de l'un de ses parrains, l'empereur Alexandre Ier de Russie, et Victoria de sa mère. D'autres prénoms envisagés — Georgina, Charlotte, Augusta — furent écartés sur les instructions du prince régent, frère aîné du duc de Kent et futur George IV. Le duc et le roi George III moururent tous deux en 1820, laissant la fillette sous l'unique tutelle de sa mère.

Son enfance fut marquée par ce que l'on appela le « système de Kensington », un régime d'éducation strict et isolant imposé par le contrôleur de la maison de la duchesse, John Conroy, et par la mère de Victoria elle-même. L'héritière potentielle du trône était tenue à l'écart de la cour et de ses oncles régnants, n'avait pratiquement aucune compagnie de son âge et dormait dans la chambre de sa mère jusqu'à la veille de son accession au trône. Ce cadre oppressif laissa des traces durables dans sa personnalité.

Victoria monta sur le trône à l'âge de dix-huit ans, le 20 juin 1837, à la mort de son oncle Guillaume IV, qui n'avait pas laissé d'héritiers légitimes. Elle fut couronnée à l'abbaye de Westminster le 28 juin 1838, dans une cérémonie qui marqua les débuts d'un règne extraordinairement long. Le Royaume-Uni était alors une monarchie constitutionnelle dans laquelle le souverain avait relativement peu de pouvoir politique direct. Victoria chercha néanmoins à exercer une influence réelle dans les affaires de l'État, intervenant en privé pour orienter les politiques gouvernementales et les nominations ministérielles, entretenant des relations parfois tendues avec ses Premiers ministres.

Le 10 février 1840, Victoria épousa son cousin germain, le prince Albert de Saxe-Cobourg-Gotha, dans une union que tous les témoignages contemporains décrivent comme un authentique mariage d'amour. Ensemble ils eurent neuf enfants, dont les descendants allaient se marier dans pratiquement toutes les familles royales d'Europe, au point de valoir à Victoria le surnom de « grand-mère de l'Europe ». Albert fut pour elle bien plus qu'un époux : il fut son conseiller politique le plus intime, l'architecte de nombreuses initiatives culturelles et industrielles, et l'organisateur de la Grande Exposition de 1851, qui célébra la puissance industrielle britannique.

La mort d'Albert, le 14 décembre 1861, plongea Victoria dans un deuil inconsolable dont elle ne se remit jamais véritablement. Elle se retira de la vie publique pendant des années, portant le deuil de façon ostentatoire et refusant de paraître en société. Ce retrait prolongé alimenta temporairement un courant républicain qui remit en question l'utilité de la monarchie. La popularité de Victoria remonta cependant grâce à ses jubilés — le jubilé d'or de 1887 et le jubilé de diamant de 1897 — qui donnèrent lieu à de grandes célébrations publiques et à une démonstration spectaculaire de la puissance de l'Empire britannique.

À partir du 1er juillet 1867, Victoria était également reine du Canada ; à compter du 1er mai 1876, elle reçut le titre d'impératrice des Indes, que lui avait fait conférer le Premier ministre Benjamin Disraeli ; et enfin reine d'Australie le 1er janvier 1901, quelques semaines avant sa mort. L'Empire britannique atteignit sous son règne une extension sans précédent, couvrant environ un quart des terres émergées et un quart de la population mondiale.

Victoria mourut le 22 janvier 1901 à Osborne House, à l'âge de quatre-vingt-un ans, entourée de sa famille. Elle fut le dernier monarque britannique de la maison de Hanovre ; son fils Édouard VII fondait la maison de Saxe-Cobourg-Gotha. Son règne de soixante-trois ans et sept mois reste le deuxième plus long de l'histoire du Royaume-Uni, après celui de son arrière-arrière-petite-fille Élisabeth II. L'époque victorienne qu'il définit fut une période de profonds bouleversements sociaux, économiques et technologiques, qui virent l'industrialisation transformer radicalement les conditions de vie de millions de personnes et la Grande-Bretagne s'imposer comme la première puissance mondiale.

Anúncio
Anúncio

Lisez celle-ci et plus de 800 autres histoires dans l’app World in Stories — gratuit

Histoires en vidéo, shorts, mystères et « c’est arrivé un jour comme aujourd’hui ». Téléchargement gratuit, sans carte.

Télécharger l’app — gratuit

iPhone, iPad & Android • PT, EN, ES, DE, FR

Related Stories