biografias

Marco Pantani

Coureur cycliste italien

7 min01/01/2024
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Marco Pantani est né le 13 janvier 1970 à Cesena, dans la région d'Émilie-Romagne, en Italie. Dès son enfance passée dans la station balnéaire de Cesenatico, sur la côte Adriatique, il découvre une passion dévorante pour le vélo et la compétition. Issu d'une famille modeste, il apprend très tôt à transformer la souffrance physique en moteur de performance, une qualité qui deviendra sa marque de fabrique sur les routes les plus exigeantes du peloton international.

Ses débuts chez les amateurs confirment rapidement qu'un talent exceptionnel est en train d'éclore. En 1990, il termine troisième du Baby Giro, le Tour d'Italie réservé aux coureurs amateurs, avant d'y finir deuxième l'année suivante. En 1992, il s'impose dans cette même épreuve en remportant deux étapes, surclassant ses adversaires dans les cols de montagne avec une aisance déconcertante. Les observateurs les plus avisés voient en lui le successeur naturel de Claudio Chiappucci, l'un des grimpeurs italiens les plus admirés de l'époque, dont l'équipe Carrera-Tassoni accueille précisément le jeune Pantani pour ses débuts professionnels en août 1992.

Les premières saisons chez les pros dessinent le profil d'un coureur offensif mais fragile. En 1993, il engrange plusieurs places d'honneur sur des classiques et des courses à étapes, tout en se distinguant lors du Tour d'Italie avant qu'une chute ne l'oblige à l'abandon en dix-huitième étape. Les chutes deviennent malheureusement un leitmotiv de sa carrière, une épée de Damoclès qui plane constamment sur son destin sportif.

L'année 1994 marque un tournant décisif. Sur le Tour d'Italie, Pantani remporte deux étapes consécutives, dont une victoire en solitaire à Merano et une autre à Aprica. C'est lors de cette deuxième étape, dans l'ascension du terrible Passo di Mortirolo, qu'il réalise quelque chose d'extraordinaire : il lâche à la fois le maillot rose Evgueni Berzin et le quintuple champion du monde Miguel Indurain, qui défend pourtant ses lauriers de 1992 et 1993. Pantani termine finalement deuxième du Giro derrière Berzin mais devant Indurain, exploit qui résonne dans tout le monde cycliste. Quelques semaines plus tard, il confirme sa montée en puissance sur le Tour de France en terminant troisième au classement général, multipliant les attaques dans toutes les étapes de haute montagne.

La saison 1995 est stoppée net par un accident de voiture qui lui fracture les deux jambes, compromettant gravement sa carrière. Pantani revient pourtant sur le vélo avec une détermination farouche et retrouve progressivement son niveau. En 1997, il remporte deux étapes du Tour de France, dont l'arrivée à l'Alpe d'Huez, en battant Jan Ullrich dans une démonstration d'autorité qui électrise les foules.

L'année 1998 représente l'apogée absolue de sa vie de sportif. En quelques semaines de mai et juillet, Marco Pantani réalise le doublé Giro-Tour, devenant le septième coureur de l'histoire à réussir cet exploit dans la même saison. Sa victoire au Tour d'Italie est marquée par des performances de grimpeur époustouflantes, et sur le Tour de France, il s'impose en distançant Jan Ullrich dans les Alpes. Cet exploit lui vaut le Vélo d'or, la plus haute distinction du cyclisme mondial. C'est également l'année où son image de pirate du peloton se cristallise : bandana noué sur la tête, oreille percée, tatouages, il cultive une esthétique de rebelle qui tranche avec les coureurs lisses de son époque. Ses oreilles légèrement décollées lui valent aussi le surnom affectueux d'Elefantino, en référence au personnage de Dumbo.

Mais la chute est aussi brutale que la montée a été foudroyante. En 1999, lors du Tour d'Italie qu'il est en train de dominer, un contrôle sanguin effectué à l'avant-dernière étape révèle un taux d'hématocrite trop élevé. Pantani est exclu de la course à Madonna di Campiglio, à quelques encablures du titre. Cet épisode brise quelque chose d'irréparable en lui. Incapable de digérer ce qu'il perçoit comme une injustice ou une manipulation, il entre dans une spirale de dépression et d'isolement progressif. Ses tentatives de retour sur les routes sont de plus en plus sporadiques et douloureuses.

Les années suivantes voient un Pantani fantomatique tenter de retrouver la lumière de 1998, mais la dépression, la paranoïa et la dépendance à la cocaïne le rongent de l'intérieur. Ses proches décrivent un homme de plus en plus isolé, incapable de supporter la solitude autant que la présence des autres. Ses résultats sportifs deviennent anecdotiques, loin de l'éblouissement qui avait illuminé les années quatre-vingt-dix.

Le 14 février 2004, la Saint-Valentin, Marco Pantani est retrouvé mort dans une chambre d'hôtel de Rimini, ville côtière de sa région natale, dans laquelle il s'était enfermé depuis plusieurs jours. Il avait trente-quatre ans. Les deux enquêtes menées sur sa mort concluent à un décès provoqué par l'association d'une dose massive d'antidépresseurs et de cocaïne. Des zones d'ombre persistent cependant quant aux circonstances exactes de la tragédie, alimentant depuis lors des théories et des questions sans réponse définitive.

Le legs de Marco Pantani dans l'histoire du cyclisme est immense et complexe. Il a incarné mieux que quiconque la figure romantique du grimpeur kamikaze, celui qui attaque sans calcul dans la montagne et emmène les foules dans des envolées lyriques. Son style offensif, fondamentalement anti-stratégique, a inspiré des générations de coureurs et de passionnés. En Italie, il reste une figure mythique, celle d'un génie brûlé de l'intérieur, consumé par ses propres excès et par les contradictions d'un sport qui le portait aux nues tout en lui tendant des pièges mortels.

Sa ville natale de Cesenatico lui a rendu hommage avec un musée dédié à sa mémoire, et chaque année des milliers de cyclistes amateurs grimpent les mêmes cols que lui pour lui rendre un hommage silencieux. Le Pirata est entré dans la légende du sport, non seulement pour ses victoires, mais aussi pour la fragilité humaine qu'il a portée en pleine lumière, rappelant que derrière les champions se cachent des êtres d'une complexité que les palmares seuls ne sauraient résumer.

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