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Hiram Rhodes Revels

Homme politique américain

4 min01/01/2024
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Hiram Rhodes Revels occupe une place exceptionnelle dans l'histoire politique américaine, celle du premier Afro-Américain à avoir siégé au Congrès des États-Unis. Né le 27 septembre 1827 à Fayetteville, en Caroline du Nord, il fut le fils de deux Afro-Américains affranchis, son père étant un prédicateur de l'église baptiste et sa mère une métisse d'ascendance écossaise. Ce contexte familial, à la fois empreint de foi religieuse et de la réalité de la condition afro-américaine dans le Sud antébellum, allait profondément marquer son parcours de vie.

Après avoir achevé ses études dans une université d'arts libéraux de l'Illinois puis dans un séminaire noir de l'Ohio, Revels fut ordonné pasteur de l'Église épiscopale méthodiste africaine en 1845. Dans les années 1850, il parcourut de nombreux États pour prêcher l'Évangile, une activité qui lui valut une brève incarcération dans le Missouri en 1854 pour avoir lu les textes sacrés à des esclaves noirs, acte considéré par les autorités locales comme une provocation dangereuse à l'ordre établi.

Lorsque la guerre de Sécession éclata, Revels s'engagea résolument dans la cause de l'Union. Il joua un rôle actif dans le recrutement et l'organisation de deux régiments d'United States Colored Troops, l'un dans le Maryland et l'autre dans le Missouri, contribuant ainsi de manière concrète à l'effort militaire du Nord. Il servit lui-même comme aumônier militaire au sein de l'armée de l'Union et prit part à la bataille décisive de Vicksburg en 1863, l'un des épisodes les plus importants du conflit, dont l'issue permit à l'Union de contrôler l'intégralité du Mississippi.

Après la guerre, Revels s'installa avec sa famille à Natchez, alors ville la plus peuplée du Mississippi. Sa réputation de pasteur respecté et d'homme intègre lui ouvrit rapidement les portes de la vie politique locale. Il devint conseiller municipal en 1868, puis fut élu représentant de son comté au sénat de l'État du Mississippi l'année suivante. C'est dans cette assemblée qu'il prononça une prière d'ouverture lors de la séance inaugurale qui fit une forte impression sur son auditoire, lui ouvrant de nouvelles perspectives politiques.

En 1870, lors de la Reconstruction qui suivit la guerre civile, la législature du Mississippi le désigna pour représenter l'État au Sénat des États-Unis, pour occuper un siège laissé vacant depuis le début du conflit, délaissé par un sénateur démocrate sudiste qui avait préféré rejoindre le Congrès des États confédérés. Cette désignation fit de Revels non seulement le premier Afro-Américain à siéger au Congrès, mais aussi le premier parlementaire d'ascendance amérindienne avérée de l'histoire des États-Unis.

L'élection de Revels ne se fit pas sans opposition. Les démocrates sudistes tentèrent de l'invalider en invoquant le quatorzième amendement, qui avait accordé la citoyenneté aux anciens esclaves en vertu du droit du sol, arguant que Revels avait été élu moins de deux ans après la ratification de cet acte alors que la loi imposait un minimum de neuf ans de citoyenneté aux candidats au Sénat. Cet argument s'avéra cependant inapplicable à Revels, qui était fils d'hommes libres et non d'esclaves affranchis. Son élection fut donc validée le 25 février 1870.

Au Sénat, Revels se distingua par ses prises de position nuancées et son refus du sectarisme. Partisan résolu de l'égalité raciale, il lutta contre les mesures ségrégationnistes et discriminatoires pratiquées à Washington ainsi qu'à l'académie militaire de West Point, et s'employa à rassurer ses collègues sur la capacité des anciens esclaves et des hommes noirs en général à exercer leurs droits civiques. Contrairement aux républicains dits radicaux, qui préconisaient un traitement sévère des anciens rebelles sudistes, Revels défendait une restauration rapide des droits des États ayant fait sécession et une amnistie pour les Confédérés acceptant de prêter serment de fidélité à l'Union.

Après l'expiration de son mandat sénatorial, Revels accepta de devenir le premier président de l'université d'agriculture et de mécanique d'Alcorn, établissement historiquement noir où il enseigna également la philosophie. Son parcours à la tête de cette université ne fut pas sans turbulences : évincé de son poste en 1874 pour avoir soutenu un candidat adverse lors d'une élection gouvernorale, il fut réintégré deux ans plus tard. Il avait notamment dénoncé publiquement, dans une lettre adressée au président Grant, les méthodes de manipulation de la population noire pratiquées par certains carpetbaggers à des fins purement politiciennes.

Revels prit sa retraite en 1882 mais continua à exercer ses activités pastorales, fidèle à la vocation religieuse qui avait toujours été au cœur de son engagement. Il s'éteignit le 16 janvier 1901 à Aberdeen, dans le Mississippi, laissant derrière lui un héritage politique et moral d'une portée considérable. Son élection au Sénat en 1870 reste un symbole puissant de la Reconstruction et un jalon fondamental dans la longue marche vers l'égalité civique et politique des Afro-Américains aux États-Unis.

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