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Adolf Hitler

Dictateur et homme d'État allemand, chef du Parti nazi, Führer et chancelier du Troisième Reich

7 min01/01/2024
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Adolf Hitler est l'une des figures les plus sombres et les plus destructrices de l'histoire humaine, un homme dont l'ascension au pouvoir et le régime totalitaire ont provoqué l'une des plus grandes catastrophes que l'humanité ait jamais connues. Né le 20 avril 1889 à Braunau am Inn, une petite ville d'Autriche-Hongrie à la frontière avec la Bavière, il était le fils d'Alois Hitler, douanier autoritaire, et de Klara Pölzl, pour qui il éprouvait une affection profonde.

Sa jeunesse fut marquée par des échecs et des frustrations accumulés. Rêvant de devenir artiste peintre, il tenta à deux reprises d'intégrer l'Académie des Beaux-Arts de Vienne, en 1907 et 1908, et fut refusé les deux fois. Ces années viennoises, où il vécut dans la précarité en vendant des aquarelles de vues urbaines, furent déterminantes pour la formation de son idéologie : c'est dans la capitale impériale, alors brassage de cultures et de nationalités, qu'il développa son antisémitisme virulent, son nationalisme pangermaniste exacerbé et son mépris pour la démocratie parlementaire. En 1913, il s'installa à Munich, en Bavière, pour échapper aux obligations militaires austro-hongroises.

La Première Guerre mondiale lui offrit cependant un cadre dans lequel il trouva enfin sa place. Engagé volontaire dans l'armée bavaroise dès août 1914, il servit comme agent de liaison sur le front de l'Ouest, gagnant la croix de fer pour ses services. La défaite de l'Allemagne en novembre 1918 fut pour lui un choc psychologique profond qu'il ne surmonta jamais vraiment, nourrissant la conviction que l'armée n'avait pas été vaincue sur le champ de bataille mais trahie dans son dos par les révolutionnaires, les socialistes et les Juifs — le mythe du « coup de poignard dans le dos » qui allait devenir l'un des piliers de la propagande nazie.

De retour à Munich dans l'Allemagne de Weimar déstabilisée, il adhéra en 1919 au Parti ouvrier allemand, un groupuscule nationaliste et antisémite qu'il rebaptisa Parti national-socialiste des travailleurs allemands — NSDAP — en 1920. Ses talents exceptionnels d'orateur lui permirent de prendre la tête du mouvement en 1921 et d'en faire rapidement une force politique significative dans la Bavière de l'après-guerre. En novembre 1923, il tenta un putsch à Munich — le « Putsch de la Brasserie » — pour renverser le gouvernement de Weimar, mais l'aventure échoua lamentablement. Condamné à cinq ans de prison, il n'en purgea qu'un an, pendant lequel il dicta à Rudolf Hess son ouvrage programmatique Mein Kampf, exposé de ses conceptions racistes, antisémites et expansionnistes.

La Grande Dépression qui frappa l'Allemagne après le krach de 1929 constitua le véritable tremplin de sa montée au pouvoir. Le chômage massif, la misère sociale et l'instabilité politique discréditèrent la République de Weimar aux yeux d'une population en désarroi. Le NSDAP devint le premier parti d'Allemagne aux élections de juillet 1932. Bien qu'Hitler ait été battu par Paul von Hindenburg à l'élection présidentielle de 1932, le vieux président, pressé par les conservateurs qui espéraient le manipuler, le nomma chancelier en janvier 1933.

La prise du pouvoir fut rapide et méthodique. En quelques mois, Hitler démantela les institutions démocratiques, suspendit les libertés civiles par le décret de l'incendie du Reichstag, fit voter les pleins pouvoirs par un Parlement intimidé, et mit en place les premiers camps de concentration destinés à neutraliser les opposants politiques — socialistes, communistes, syndicalistes. La Nuit des longs couteaux, en juin 1934, vit l'élimination physique de ses rivaux au sein même du mouvement nazi, notamment les chefs de la SA. Après la mort de Hindenburg en août 1934, Hitler fusionnerait les fonctions de chancelier et de chef de l'État sous le titre de Führer, parachevant ainsi l'édification de sa dictature totale.

L'idéologie nazie imprégna tous les aspects de la vie allemande. Les lois de Nuremberg de 1935 privèrent les Juifs de leur citoyenneté et interdirent les mariages mixtes, ouvrant la voie à une persécution systématique qui culminerait dans la solution finale. La jeunesse fut embrigadée dans les Jeunesses hitlériennes, les médias placés sous le contrôle de Goebbels, l'économie remilitarisée à un rythme effréné. La politique étrangère d'Hitler visait à effacer les humiliations du traité de Versailles et à créer un Grand Reich germanique doté d'un espace vital à l'Est aux dépens des peuples slaves qu'il considérait comme inférieurs.

L'annexion de l'Autriche en mars 1938, puis des Sudètes en octobre de la même année — entérinée par les accords de Munich signés par les démocraties occidentales — montrèrent que les puissances européennes n'étaient pas prêtes à s'opposer à ses ambitions. En mars 1939, il s'empara du reste de la Tchécoslovaquie. L'invasion de la Pologne le 1er septembre 1939 déclencha la Seconde Guerre mondiale. Les succès militaires initiaux furent fulgurants : la campagne de France en mai-juin 1940 permit en six semaines ce que l'Allemagne n'avait pas réussi en quatre ans entre 1914 et 1918. En 1940, l'Allemagne occupait la majeure partie de l'Europe continentale.

Mais la décision d'envahir l'Union soviétique en juin 1941, en violation du pacte germano-soviétique de 1939, marqua le début du tournant. Après des avancées spectaculaires, la Wehrmacht se heurta à la résistance soviétique, aux vastes distances et aux hivers russes. La défaite de Stalingrad, entre l'hiver 1942 et février 1943, représenta un point de non-retour. Dès lors, le Reich fut soumis à une double pression : les Soviétiques à l'Est, les Anglo-Américains au Sud puis à l'Ouest après le débarquement de Normandie en juin 1944. Pendant ce temps, l'extermination systématique des Juifs européens, des Tziganes, des personnes handicapées et de millions de civils soviétiques se poursuivit jusqu'aux dernières semaines du conflit.

Adolf Hitler mourut suicidé le 30 avril 1945 dans son bunker berlinois, alors que les troupes soviétiques encerclaient la capitale du Reich. Le Troisième Reich, qui selon lui devait durer mille ans, n'avait duré que douze, laissant derrière lui des dizaines de millions de morts, des villes et des infrastructures réduites en ruines à travers toute l'Europe, et l'horreur indicible de la Shoah. Son nom est devenu le symbole absolu du mal politique et de la barbarie industrialisée, un avertissement que l'histoire répète inlassablement sur les dangers des idéologies totalitaires, de la haine raciale et de la démagogie au service de l'inhumain.

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