Paula Belén Pareto est l'une des grandes figures du judo mondial contemporain, une athlète dont la trajectoire sportive incarne la persévérance, le dépassement de soi et l'excellence technique portée jusqu'aux plus hauts sommets olympiques. Née le 16 janvier 1986 à San Fernando, dans le Grand Buenos Aires, elle représente l'Argentine dans la catégorie des moins de 48 kilogrammes, la plus légère des catégories féminines du judo de compétition.
La voie vers l'excellence sportive est rarement linéaire, et le parcours de Pareto ne fait pas exception à cette règle. Ses premières armes se forgent au niveau continental, où elle obtient le titre de vice-championne d'Amérique du Sud juniors en 2004, une première distinction qui révèle son potentiel. La transition vers les compétitions seniors s'effectue rapidement et avec succès : dès 2005, elle décroche la médaille d'argent aux championnats panaméricains organisés à Caguas, confirmant qu'elle peut rivaliser avec les meilleures judokates du continent américain.
La saison 2007 constitue une étape décisive dans sa progression internationale. Elle obtient la médaille de bronze aux Jeux panaméricains de Rio de Janeiro, puis manque de peu le podium aux championnats du monde organisés dans cette même ville brésilienne. Bien que cette quatrième place soit décevante sur le moment, elle revêt une importance stratégique considérable : cette performance permet à l'Argentine d'obtenir un quota qualificatif pour les Jeux olympiques d'été de 2008 dans la catégorie des moins de 48 kilogrammes. La porte olympique s'ouvre.
Les Jeux olympiques de Pékin en 2008 représentent ses premiers Jeux. Dans ce contexte extraordinairement exigeant, Pareto démontre immédiatement sa capacité à performer sous pression. Vainqueure de son premier combat du tournoi olympique, elle rencontre ensuite la double championne olympique en titre Ryoko Tani, une judokate japonaise de légende, et s'incline face à cette adversaire d'une classe à part.
Le système de repêchage propre au judo lui offre une seconde chance. Elle remporte successivement deux combats de repêchage, battant la Chinoise Wu Shugen puis la Hongroise Éva Csernoviczki. Le combat pour la médaille de bronze l'oppose à la Nord-coréenne Pak Ok-Song. L'issue est controversée : après une décision initiale semblant avantager son adversaire, les arbitres quittent le tatami pour consulter les officiels et lui attribuent finalement un waza-ari qui lui octroie la victoire. Paula Pareto décroche ainsi la toute première médaille olympique de l'histoire du judo argentin, un accomplissement historique pour un pays qui attendait cette consécration depuis des décennies.
Les années suivantes voient Pareto accumuler les titres et les médailles au niveau continental. Elle remporte notamment deux titres panaméricains consécutifs en 2011, aux Jeux panaméricains de Guadalajara, battant à deux reprises la Cubaine Dayaris Mestre, qui devient l'une de ses grandes rivales sur le circuit international. Sa régularité sur le circuit des Grand Slam et des Grand Prix lui confère un statut de tête de série permanente dans les compétitions mondiales.
Les Jeux de Londres en 2012 lui offrent une nouvelle chance de conquête olympique. Battue en quarts de finale par la Japonaise Tomoko Fukumi, elle s'engage dans le circuit de repêchage mais s'incline lors du combat pour la médaille de bronze face à la Belge Charline Van Snick. La déception est grande, mais elle forge sa détermination pour les cycles suivants.
En 2014, lors des championnats du monde de Tcheliabinsk, elle réalise l'un des plus beaux parcours de sa carrière. Victorieuse en demi-finale de la Française Amandine Buchard, elle dispute la finale face à la Japonaise Ami Kondo. Dans un combat d'une rare intensité où aucune des deux judokates ne parvient à inscrire de points, la décision finale se prend aux pénalités. Pareto s'incline d'un cheveu, remportant la médaille d'argent mondiale.
La consécration mondiale arrive l'année suivante. En août 2015, aux championnats du monde d'Astana au Kazakhstan, Paula Pareto remporte son premier titre mondial en s'imposant en finale face à une adversaire japonaise. Cette victoire, après des années de combats acharnés et de médailles d'argent et de bronze, représente l'aboutissement de toute une vie consacrée au judo.
L'apothéose survient lors des Jeux olympiques de Rio de Janeiro en 2016, sur le sol brésilien où elle avait autrefois glané sa première médaille olympique en 2007. Pareto domine l'ensemble du tournoi et s'impose en finale pour décrocher la médaille d'or. Cette victoire olympique est la plus haute distinction possible dans le sport et transforme la judokate argentine en légende vivante de son pays. Son palmarès total comprend quinze médailles continentales au fil des ans, une collection témoignant d'une longévité et d'une constance exceptionnelles au plus haut niveau mondial.

