brasil

Luiz Bueno

Pilote automobile brésilien

4 min01/01/2024
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Luiz Bueno est l'une de ces figures discrètes mais attachantes de l'histoire du sport automobile brésilien, un pilote dont la carrière ne s'est jamais hissée aux sommets internationaux mais qui a su tracer son chemin avec ténacité dans un environnement où les ressources financières constituaient souvent le premier obstacle. Né le 16 janvier 1937 à São Paulo, il s'éteint le 8 février 2011 à Atibaia, dans l'État de São Paulo, des suites d'un cancer. Sa vie entière a été placée sous le signe de la passion automobile, des circuits brésiliens aux quelques escapades en compétitions européennes.

Ses débuts en compétition remontent au début des années 1960, une décennie qui voit le sport automobile brésilien se structurer progressivement, avant même l'émergence internationale des pilotes comme Emerson Fittipaldi. En 1963, il termine deuxième des 500 kilomètres de Recife, un résultat qui lui vaut une première reconnaissance dans le milieu local. C'est précisément dans ce contexte qu'il devient, en Formule Ford brésilienne, le principal adversaire d'un certain Emerson Fittipaldi, alors jeune prodige dont l'avenir s'annonce extraordinaire. Les deux hommes se livrent une concurrence amicale mais farouche qui révèle déjà la valeur de Bueno, même si leurs trajectoires divergeront bientôt de façon radicale.

Fittipaldi finit par s'expatrier en Europe pour lancer une carrière internationale qui le mènera aux sommets de la Formule 1, devenant champion du monde en 1972 et en 1974. Bueno, lui, reste au Brésil, disputant divers championnats locaux dans différentes catégories de promotion. Cette décision, dictée autant par des contraintes financières que personnelles, l'oblige à faire preuve d'une créativité constante pour maintenir sa présence en compétition.

En 1971, il remporte le titre de champion du Brésil en Sport-prototypes, une consécration locale qui confirme ses qualités de pilote. La même année, il décroche un volant en Formule 2 chez March Engineering pour courir à Porto Alegre. Cette première expérience se solde par un abandon précoce, mais il revient sur une nouvelle course à Cordoba, en Argentine, où il termine cinquième — un résultat encourageant dans une discipline nettement plus relevée que les championnats nationaux.

En 1972, Bueno loue une March 711 et s'engage dans le Grand Prix du Brésil, une épreuve hors championnat du monde disputée à Interlagos. Sur quatorze engagés, onze pilotes prennent le départ. Bueno termine sixième et dernier, à deux tours du vainqueur argentin Carlos Reutemann, mais l'essentiel est ailleurs : il finit la course, il existe sur le circuit international, et il accumule une expérience précieuse. La même année, il est sacré pour la deuxième fois consécutive champion du Brésil en Sports Prototypes, ajoutant un deuxième titre national à son palmarès.

L'année 1973 représente le sommet — et l'unique apparition officielle — de sa carrière en Formule 1. Le Grand Prix du Brésil est cette fois inscrit au calendrier du championnat du monde, une première historique pour le pays. L'écurie britannique Surtees Racing Organisation accepte de lui confier une TS9B, monoplace de la saison précédente, dont les performances sont nécessairement inférieures aux machines plus récentes. Qualifié en dernière position, à douze secondes du détenteur de la pole position Ronnie Peterson, Bueno accomplit néanmoins la performance de terminer la course, se classant douzième et dernier, à quatre tours d'un vainqueur qui n'est autre qu'Emerson Fittipaldi — son ancien rival de Formule Ford devenu champion du monde. Cette rencontre des deux anciens adversaires brésiliens, dans des conditions aussi contrastées, possède une certaine charge symbolique.

En dehors de la Formule 1, Bueno a disputé de nombreuses courses d'endurance et de sport-prototypes sur les circuits brésiliens, participant notamment aux 12 Heures de Brasília, aux 500 kilomètres d'Interlagos, aux Mil Milhas Brasileiras et à d'autres épreuves locales, sur des machines variées allant des Alpine A110 aux Porsche 908. En 1971, il signe trois victoires en championnat Sud-Am — à San Juan, São Paulo et Interlagos — au volant d'une Porsche 908, pages brillantes d'une carrière nationale solide. Luiz Bueno aura incarné, avec discrétion mais avec constance, la passion du sport automobile dans le Brésil des années 1960 et 1970, à une époque où les rêves de gloire internationale se heurtaient souvent aux dures réalités du manque de financement.

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