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Achéménides

Premier empire perse, de 550 à 330 av. J.-C.

7 min01/01/2024
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L'Empire achéménide, premier empire perse de l'Histoire, représente l'une des constructions politiques les plus remarquables de l'Antiquité. Fondé au VIe siècle avant notre ère dans les hauts plateaux iraniens, il s'étendit en l'espace de quelques décennies pour devenir le plus grand empire que le monde oriental eût jamais connu, rassemblant sous une même autorité des peuples, des cultures et des civilisations d'une diversité sans précédent, des rives du Nil aux bords de l'Indus.

Les origines du nom Achéménides remontent à Haxâmanish, en vieux perse, ancêtre mythique ou réel d'un clan perse qui gouvernait une région du plateau iranien d'abord sous la tutelle des Mèdes, puissance dominante de l'Iran antique. Vers 550 avant notre ère, Cyrus II, que la tradition allait surnommer le Grand, renversa la domination mède et entreprit une expansion foudroyante. En quelques années, il soumit le puissant royaume de Lydie, dont le roi Crésus était célèbre dans tout le monde méditerranéen pour sa richesse fabuleuse, puis conquit l'Empire néo-babylonien, entrant dans Babylone en 539 avant notre ère. Cette conquête lui permit de se présenter en libérateur des peuples opprimés par les Babyloniens, notamment des Juifs déportés à Babylone, qu'il autorisa à retourner en Judée et à reconstruire leur Temple.

La politique de Cyrus illustrait un principe qui allait caractériser l'ensemble de la monarchie achéménide : une souplesse et un pragmatisme remarquables dans les relations avec les peuples dominés. Contrairement à d'autres empires antiques qui imposaient leur culture et leur religion aux vaincus, les Achéménides respectaient généralement les traditions locales, permettaient aux cultes indigènes de fonctionner librement et s'appuyaient sur les élites locales pour administrer les territoires conquis. Cyrus lui-même se présentait sous des formes différentes selon ses interlocuteurs : roi des Perses pour les Perses, roi de Babylone pour les Babyloniens, protecteur d'Amon pour les Égyptiens.

Sous Darius Ier, qui consolida son pouvoir après une période de troubles à la mort du fils de Cyrus, l'empire atteignit son extension maximale d'environ 5,5 millions de kilomètres carrés. Il s'étendait au nord et à l'ouest en Asie Mineure, en Thrace et sur les rivages du Pont-Euxin, c'est-à-dire la mer Noire actuelle ; à l'est jusqu'en Afghanistan et dans une partie du Pakistan actuel ; et au sud jusqu'à l'Égypte, en englobant la Syrie, le Liban, Israël et la Palestine, la Jordanie, le nord de l'Arabie Saoudite et le nord de la Libye. Darius organisa cet immense territoire en satrapies, provinces administrées par des satrapes disposant d'une large autonomie mais soumis à un contrôle impérial exercé par des inspecteurs itinérants surnommés les « yeux et les oreilles du roi ».

Darius mit également en place les infrastructures essentielles à l'unité de l'empire. La Route royale, longue d'environ 2 700 kilomètres, reliait Suse à Sardes en Asie Mineure, parcourue par des messagers à cheval qui pouvaient la traverser en une semaine grâce à un système de relais. Un réseau postal remarquablement organisé permettait les communications rapides sur l'ensemble du territoire. La monnaie darique en or, du nom de Darius, circulait dans tout l'empire, facilitant les échanges commerciaux. Les travaux de construction entrepris sur les sites de Persépolis, Pasargades et Suse témoignaient d'une idéologie impériale qui synthétisait les apports artistiques et architecturaux de toutes les nations dominées.

L'empire connut cependant ses limites militaires face à la Grèce. Les deux grandes expéditions perses contre la Grèce, celle de Darius à Marathon en 490 avant notre ère et celle de Xerxès en 480-479, au cours de laquelle Athènes fut brûlée mais la flotte perse détruite à Salamine et l'armée défaite à Platées, illustrèrent cette frontière. Ces affrontements, immortalisés dans les récits grecs d'Hérodote, ont longtemps coloré d'une teinte négative l'image des Achéménides dans la tradition historiographique occidentale, qui les a souvent présentés comme des despotes sanguinaires face aux défenseurs de la liberté grecque — une vision dont les découvertes archéologiques et épigraphiques modernes ont largement nuancé la portée.

L'effondrement de l'empire achéménide vint d'une direction inattendue. En 334 avant notre ère, Alexandre le Grand de Macédoine traversa l'Hellespont à la tête d'une armée gréco-macédonienne et lança une campagne militaire d'une rapidité stupéfiante. En moins de dix ans, il défit les armées perses à Granique, Issos et Gaugamèles, s'empara de toutes les capitales achéménides — Persépolis fut incendiée, peut-être intentionnellement — et mit fin en 330 avant notre ère à la dynastie achéménide avec la mort du dernier grand roi Darius III. L'empire fut néanmoins le modèle à partir duquel Alexandre et ses successeurs, les Diadoques, organisèrent leurs propres dominations. La tradition achéménide de tolérance administrative et de synthèse culturelle influença profondément les royaumes hellénistiques qui héritèrent de ses territoires. La connaissance de l'Empire achéménide, longtemps fondée presque exclusivement sur les sources grecques biaisées, s'est considérablement enrichie grâce aux découvertes épigraphiques, notamment les archives de fortification de Persépolis et les papyrus d'Éléphantine, qui offrent une vision de l'intérieur de cet empire fascinant.

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