Gilmar Luís Rinaldi est né le 13 janvier 1959 à Erechim, dans l'État du Rio Grande do Sul au Brésil. Son prénom n'est pas le fruit du hasard : il a été choisi par sa famille en hommage direct au grand gardien brésilien Gilmar, légendaire numéro un de la Seleção lors des sacres mondiaux de 1958 et 1962. Cet hommage patronymique a joué un rôle fondateur dans sa propre vocation sportive. Dans diverses interviews, Rinaldi a lui-même confié que porter ce prénom l'avait naturellement conduit à vouloir jouer au même poste que son homonyme illustre, comme si la destinée était inscrite dès les premières lignes de son acte de naissance.
Sa formation débute à l'Internacional Porto Alegre, l'un des clubs les plus importants du Rio Grande do Sul et du football brésilien en général. Rinaldi y apprend les bases du métier de gardien, développant les qualités athlétiques et la lecture du jeu qui caractériseront sa carrière professionnelle. L'Internacional lui offre également son premier titre majeur : il remporte le Championnat Gaúcho à quatre reprises consécutives, en 1981, 1982, 1983 et 1984, s'imposant comme l'un des meilleurs gardiens du Sud du Brésil.
L'année 1984 constitue un double tournant dans sa vie sportive. Sur le plan collectif, il participe aux Jeux Olympiques de Los Angeles avec la sélection brésilienne, dans un tournoi de football qui marque les esprits. Le Brésil atteint la finale mais s'incline face à la France dans un match légendaire, ramenant de Los Angeles une médaille d'argent qui représente néanmoins une reconnaissance internationale pour une génération de joueurs talentueux. Cette même année, Rinaldi quitte l'Internacional pour rejoindre São Paulo, où il est immédiatement installé comme gardien titulaire pour deux saisons.
La concurrence se fait cependant sentir à São Paulo, notamment face à Roberto Rojas, le portier chilien aux nombreux talents, puis face à Zetti. Rinaldi se retrouve progressivement relégué au rang de remplaçant, situation inconfortable pour un gardien de son niveau. Malgré quelques apparitions et les premières convocations en équipe nationale, il finit par quitter São Paulo en 1991 pour rejoindre le Clube de Regatas do Flamengo à Rio de Janeiro.
C'est à Flamengo que la carrière de Gilmar Rinaldi connaît sa plus belle consécration. Il effectue quatre saisons pleines sous les couleurs rouge et noire du club carioca, des années marquées par une régularité et une solidité qui le font progressivement monter dans la hiérarchie des gardiens brésiliens. Ces saisons coïncident avec l'approche de la Coupe du Monde 1994 aux États-Unis, et Rinaldi parvient à se faire une place dans la sélection nationale entraînée par Carlos Alberto Parreira.
Le sacre mondial arrive à l'été 1994. Le Brésil, après une longue disette de vingt-quatre ans sans titre mondial depuis 1970, remporte sa quatrième Coupe du Monde face à l'Italie en finale, aux tirs au but, à Pasadena en Californie. Rinaldi, membre du groupe des champions, contribue à cet exploit collectif qui marque durablement l'histoire du football brésilien. Porter le maillot de champion du monde est la consécration suprême pour tout joueur de sa génération.
Après cette apothéose, Rinaldi prend une direction inédite pour terminer sa carrière. Il s'envole vers le Japon pour rejoindre le Cerezo Ōsaka, club de la J.League en pleine expansion à l'époque, une ligue qui cherchait activement à attirer des joueurs expérimentés du monde entier pour élever son niveau et développer le football dans l'archipel. Il y reste jusqu'en 1999, date à laquelle il raccroche définitivement les gants, à quarante ans passés.
Après sa retraite sportive, Rinaldi s'est reconverti dans le monde du football autrement, en devenant agent de joueurs. Il a notamment représenté des attaquants de renom comme Adriano, l'impérial avant-centre qui a porté l'Inter Milan et la Seleção dans les années 2000, ainsi que Washington et Danilo. Une nouvelle carrière dans les coulisses du sport, loin des terrains mais toujours au cœur d'un football brésilien dont il aura représenté l'un des gardiens les plus discrets et les plus solides de sa génération.


