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2010

Année du XXIe siècle

4 min01/01/2024
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L'année 2010 s'ouvrit sur un vendredi, inaugurant la première décennie du troisième millénaire avec un bilan déjà lourd et des enjeux planétaires d'une ampleur inédite. Dixième année du vingt-et-unième siècle dans le calendrier grégorien, elle coïncidait avec des moments charnières dans de nombreuses traditions calendaires : l'an 4708 du calendrier chinois correspondait à l'année du tigre de métal, dont le Nouvel An fut célébré le 14 février 2010 ; le calendrier hébraïque entamait l'an 5771 à partir du 9 septembre ; le calendrier musulman voyait le 1er mouharram 1432 arriver le 8 décembre.

Cette année fut avant tout marquée par une succession de catastrophes naturelles d'une violence exceptionnelle, qui firent près de trois cent mille morts dans le monde. Le tremblement de terre qui frappa Haïti en janvier 2010 constitua la catastrophe la plus meurtrière de l'année et l'une des plus dévastatrices de l'histoire moderne des Caraïbes. Port-au-Prince, la capitale, fut en grande partie réduite à l'état de ruines, et des quartiers entiers disparurent sous les décombres en quelques secondes terrifiantes. L'ampleur de la destruction força la communauté internationale à mobiliser des moyens colossaux pour tenter de porter secours à une population déjà éprouvée par des décennies de fragilité économique et politique.

Au cours de l'été, c'est la Russie qui fut frappée par une vague de chaleur d'une intensité et d'une durée sans précédent dans les relevés météorologiques modernes. Cette canicule, accompagnée de gigantesques incendies de forêts qui embrasèrent des régions entières, fit des milliers de victimes et causa des dégâts environnementaux considérables. Les images des tourbillons de fumée asphyxiant Moscou firent le tour du monde, illustrant de manière dramatique les conséquences potentielles des dérèglements climatiques sur des pays habituellement préservés par leur latitude septentrionale.

Sur le plan environnemental, l'année 2010 fut une date-butoir symboliquement importante : l'Europe s'était en effet engagée à stopper l'érosion de la biodiversité avant cette échéance. Cet engagement prit une résonance d'autant plus forte que les Nations unies avaient déclaré 2010 Année internationale de la biodiversité, attirant l'attention mondiale sur l'accélération de la disparition des espèces vivantes. Ces proclamations institutionnelles témoignaient d'une prise de conscience croissante, même si les réalités observées sur le terrain restaient souvent décevantes par rapport aux ambitions affichées.

Les données climatiques de 2010 vinrent nourrir des inquiétudes déjà vives. L'année fut enregistrée comme la plus chaude depuis que des relevés de température standardisés existent, soit depuis 1880. Ce record, qui devait être ultérieurement battu en 2014, illustrait la trajectoire inquiétante du réchauffement climatique global. La production mondiale de dioxyde de carbone augmenta de 6 % pour la seule année 2010, une progression alarmante qui contrastait avec les engagements pris lors des grandes conférences internationales sur le climat.

L'Assemblée générale des Nations unies avait également désigné 2010 Année internationale du rapprochement des cultures, en vertu d'une décision prise dès le 17 décembre 2007. Cette proclamation s'inscrivait dans un contexte mondial de tensions identitaires et de montée des replis communautaires, face auxquels le dialogue interculturel apparaissait comme une réponse nécessaire, même si sa mise en œuvre concrète restait un défi considérable.

Sur la scène culturelle européenne, Istanbul occupa une place de choix en étant désignée capitale culturelle de l'Europe pour 2010. Cette désignation, la première pour une ville à la frontière géographique et symbolique entre l'Europe et l'Asie, témoignait de l'ouverture croissante de l'identité culturelle européenne à ses marges orientales, dans un contexte où les négociations d'adhésion de la Turquie à l'Union européenne alimentaient des débats passionnés.

L'année 2010 fut également placée sous le signe de la musique classique, avec la célébration du bicentenaire de la naissance de Frédéric Chopin. Le compositeur polonais, dont l'œuvre pour piano solo constitue l'un des sommets de la littérature musicale romantique, fut honoré dans le monde entier par des concerts, des expositions et des événements commémoratifs. Cette célébration rappelait que certains héritages culturels traversent les siècles sans rien perdre de leur force émotionnelle ni de leur capacité à réunir des publics de toutes origines et de toutes sensibilités.

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