civilizacoes perdidas

Civilisation maya

Ancienne civilisation mésoaméricaine

5 min01/01/2024
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Parmi les grandes civilisations de l'hémisphère occidental, la civilisation maya se distingue par sa durée exceptionnelle, sa sophistication intellectuelle et la complexité de ses réalisations culturelles. Pendant des millénaires, les peuples mayas développèrent sur le territoire mésoaméricain des savoirs et des institutions d'une richesse qui continue de fasciner et de défier les chercheurs contemporains.

Les origines de la civilisation maya plongent dans les profondeurs de la préhistoire. Les premières traces de sédentarisation dans l'aire maya remontent à l'époque archaïque, entre le VIIe et le IIIe millénaire avant notre ère, avec des villages découverts sur les côtes de la mer des Caraïbes et de l'océan Pacifique. Les premiers indices de stratification sociale apparaissent durant l'époque préclassique ancienne, au IIe millénaire avant notre ère, et se multiplient entre 1000 et 400 avant notre ère au cours de l'époque préclassique moyenne, préludant à l'émergence progressive d'États organisés lors du préclassique récent.

À son apogée, la civilisation maya occupait un territoire centré sur la péninsule du Yucatán, s'étendant sur ce qui correspond aujourd'hui à une partie du sud du Mexique, au Belize, au Guatemala, au Honduras et au Salvador. Ce territoire se divisait en plusieurs zones écologiques aux caractéristiques distinctes — les Basses-Terres du sud, les Basses-Terres du nord et les Hautes-Terres du sud — qui favorisèrent le développement de traditions régionales différenciées tout en maintenant des traits culturels communs.

La période classique, qui s'étend approximativement du VIe au IXe siècle de notre ère, représente le moment de plus grand épanouissement des cités-États mayas des Basses-Terres du sud. Des métropoles comme Copán, Tikal et Palenque atteignirent alors leur niveau de développement le plus élevé, rivalisant en architecture monumentale, en production artistique et en raffinement politique. L'organisation politique maya reposait sur un système de cités-États indépendantes et souvent rivales, une configuration qui a conduit certains historiens à établir un parallèle avec les cités-États de la Grèce antique ou de l'Italie de la Renaissance. Car si les Mayas étaient des bâtisseurs, de grands artistes et des savants, ils n'en étaient pas moins résolument guerriers, engagés dans des conflits récurrents pour la domination territoriale et symbolique.

Les réalisations intellectuelles et artistiques des Mayas sont remarquables à plusieurs titres. Ils développèrent un système d'écriture complexe, partiellement syllabique, qui fut utilisé pour consigner l'histoire dynastique, les rites religieux et les observations astronomiques sur des monuments de pierre, des céramiques et des livres en écorce de figuier appelés codex. Leur maîtrise des mathématiques était avancée, incluant notamment le concept du zéro. En astronomie, ils calculèrent avec une précision remarquable les cycles de Vénus et de la Lune, élaborèrent des calendriers sophistiqués et prédisaient les éclipses. Leur architecture, caractérisée par des pyramides à degrés, des temples ornés de bas-reliefs et des palais aux façades décorées de masques de stuc, témoigne d'une maîtrise technique et esthétique de premier ordre.

La chute des grandes cités des Basses-Terres du sud constitue l'une des énigmes les plus discutées de l'archéologie mésoaméricaine. Entre la fin du VIIIe et le IXe siècle, ces métropoles florissantes furent rapidement abandonnées. Les causes invoquées sont multiples et sans doute complémentaires : guerres incessantes entre cités rivales, instabilité politique, surexploitation des ressources naturelles, sécheresses prolongées et dégradation environnementale. D'autres cités survécurent ou prospérèrent dans les Basses-Terres du nord, avant d'entrer à leur tour en déclin, puis d'être abandonnées ou refondées par les conquistadors espagnols au XVIe siècle.

La conquête espagnole représenta pour la civilisation maya un traumatisme culturel d'une ampleur considérable. Non seulement la résistance militaire fut brisée au prix de massacres importants, mais les missionnaires chrétiens s'employèrent activement à éradiquer toute trace de culte dit « païen ». Certains prêtres espagnols brûlèrent la quasi-totalité des codex mayas, ces précieux livres en écorce de figuier qui renfermaient des siècles de savoir accumulé. Seuls quatre codex parvinrent à traverser les siècles jusqu'à nous, une perte irréparable pour la connaissance de cette civilisation.

Les Mayas demeurèrent largement ignorés des chercheurs occidentaux jusqu'au début du XIXe siècle, lorsque la forêt qui avait repris ses droits sur leurs cités commença à livrer ses secrets aux premiers explorateurs. Ces pionniers forgèrent une image romantique et idéalisée des anciens Mayas, les décrivant comme un peuple entièrement dédié à la contemplation des astres et à une vie pacifique. Les décennies suivantes de recherche archéologique et épigraphique ont considérablement nuancé cette vision, révélant une société complexe, hiérarchisée et guerrière. Les épigraphistes mayanistes continuent de déchiffrer les inscriptions gravées sur les monuments, une tâche patiente qui dévoile lentement les dynasties, les conflits et les croyances d'un peuple dont le legs culturel, transmis par les communautés mayas contemporaines, demeure vivant au XXIe siècle.

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