Paulo Roberto de Freitas, dit Bebeto de Freitas, est né le 15 janvier 1950 à Rio de Janeiro et a consacré l'essentiel de sa vie au sport brésilien sous ses multiples formes, aussi bien en tant que joueur d'élite que comme entraîneur et dirigeant. Sa disparition le 13 mars 2018 à Vespasiano a laissé un vide profond dans le monde sportif carioca, où son nom demeure étroitement associé à l'histoire glorieuse du Botafogo de Futebol e Regatas.
Dès sa jeunesse, Bebeto de Freitas s'est révélé un volleyeur exceptionnel au sein du Botafogo FR. Entre 1965 et 1975, il a contribué à la conquête de onze titres consécutifs de champion de l'État de Rio de Janeiro, une série qui illustre à elle seule l'extraordinaire niveau de régularité du club dans cette discipline. Peu de sportifs brésiliens peuvent se targuer d'une telle longévité au sommet, et ces onze couronnes successives font partie intégrante de la légende de Bebeto.
À la fin de sa carrière de joueur, il est naturellement passé au métier d'entraîneur, pour lequel il possédait des aptitudes aussi remarquables que celles qu'il avait déployées sur le terrain. C'est dans ce rôle qu'il a véritablement accédé à une reconnaissance internationale, d'abord en prenant en charge la sélection brésilienne qui disputait les Jeux olympiques de Los Angeles en 1984. Cette équipe, surnommée la « génération d'argent », a décroché la médaille d'argent, un résultat qui a marqué les esprits et confirmé le statut du Brésil comme grande nation du volley-ball mondial.
Bebeto de Freitas ne s'est pas contenté de ce succès olympique. Il a poursuivi sa carrière d'entraîneur à l'échelle internationale en prenant la direction de la sélection italienne de volley-ball entre 1995 et 1998. Ces trois années à la tête des Italiens ont été couronnées par la conquête du titre mondial, un exploit qui a consacré Bebeto comme l'un des entraîneurs les plus talentueux de sa génération sur la scène planétaire.
Fort de cette expérience internationale, il a ensuite souhaité s'essayer au football, l'autre grande passion sportive du Brésil. De 1999 à 2001, il a occupé le poste de manager au Clube Atlético Mineiro, une aventure relativement brève mais qui lui a permis de s'initier aux rouages complexes de l'administration footballistique brésilienne. Ce passage dans le football a surtout allumé en lui le désir de servir son club de cœur.
Au début de l'année 2002, Bebeto de Freitas a rejoint le Botafogo de Futebol e Regatas en qualité de directeur, une fonction qu'il a exercée pendant quelques mois avant de décider de s'en retirer. Sa démission précoce était stratégique : il voulait se porter candidat à la présidence du club sans être associé à la gestion en cours du président Mauro Ney Palmeiro, dont il entendait clairement se démarquer.
Sa candidature à la présidence du Botafogo a abouti et son mandat a été marqué par des succès sportifs significatifs. Sous sa direction, l'équipe de football du club a remporté la Taça Guanabara en 2006, ainsi que le championnat de l'État de Rio de Janeiro la même année, avant de s'adjuger la Taça Rio en 2007. Ces victoires ont redonné confiance à une institution historique qui traversait depuis plusieurs années une période difficile.
Au-delà du football, les sections amateurs du Botafogo ont également brillé sous sa présidence. Le club a accumulé des titres dans des disciplines aussi variées que le water-polo, le basket-ball, le volley-ball et la natation, témoignant d'une politique sportive globale et ambitieuse qui ne se limitait pas à la seule équipe professionnelle de football.
L'un des moments les plus symboliques de son mandat est survenu le 3 août 2007, lorsque le Botafogo a finalisé la concession du stade olympique João Havelange, offrant ainsi au club un écrin moderne à la hauteur de ses ambitions. Ce nouvel outil représentait un tournant dans le développement institutionnel du club et constituait un héritage durable pour les générations futures de supporters.
La présidence de Bebeto de Freitas a également coïncidé avec le retour du Botafogo en série A du championnat du Brésil, ce qui représentait un objectif prioritaire pour l'institution. Retrouver l'élite nationale du football brésilien signifiait renouer avec l'histoire d'un club qui avait longtemps appartenu à la hiérarchie du football sud-américain.
Son départ de la présidence est survenu de façon abrupte après la finale de la Coupe Guanabara de 2008. Profondément révolté par l'arbitrage lors de cette rencontre, Bebeto de Freitas a présenté sa démission publiquement, déclarant qu'il ne supportait plus les comportements qui avaient cours dans le football carioca. Ce geste coup de gueule révèle l'homme derrière le dirigeant : quelqu'un pour qui l'intégrité sportive n'était pas négociable.
Sa carrière totale incarne une trajectoire rare dans le sport brésilien, puisqu'il a atteint l'excellence à tous les niveaux possibles : comme joueur avec onze titres régionaux consécutifs, comme entraîneur avec une médaille olympique et un titre mondial, et comme dirigeant avec la renaissance d'un club légendaire. Peu de personnalités sportives peuvent revendiquer une telle diversité de réussites.
Le souvenir de Bebeto de Freitas reste vivace au sein du Botafogo et plus largement dans le milieu du volley-ball brésilien et international. Son parcours exemplaire illustre ce que la passion, le travail et l'intégrité peuvent produire lorsqu'ils s'unissent au service d'un sport que l'on aime profondément.



