Zosime est un historien grec ayant vécu à la fin du Ve siècle et au début du VIe siècle, auteur de l'Histoire nouvelle consacrée aux derniers siècles de l'Empire romain d'Occident. C'est une source historique particulière, Zosime étant un païen antichrétien avec des convictions plus prononcées que celles des historiens qui lui sont contemporains.
Les indications concernant Zosime ne proviennent que de son œuvre et des informations limitées du codex de Photios.
Né vraisemblablement autour de l'an 460, Zosime a vécu à Constantinople (contrairement à Eunape) sous les règnes de Zénon et d'Anastase Ier.
Il a été fonctionnaire du trésor impérial, sans doute à Constantinople, et possédait le rang de « comes » (comte). Par déduction, les historiens estiment qu'il a rédigé son œuvre après avoir exercé ses fonctions, dans les années 500-520. L'indice le plus probant étant que Zosime félicite l'abolition récente du chrysargyre par Anastase, en 498, il écrivit aux alentours de cette date. Sa biographie reste inconnue
Son récit prouve par ailleurs qu'il était un païen très marqué à une époque où le christianisme était protégé par l'empereur.
L'œuvre de Zosime, intitulée Histoire nouvelle (Ίστορία νέα en grec), fut écrite au début du VIe siècle. Le comte du fisc s'attache à retracer les causes de l'apogée et la décadence de Rome. Zosime prétend prendre exemple sur Polybe de Mégalopolis, qui a étudié les origines de la puissance et de la splendeur de l'Empire romain : il propose à son tour de montrer avec la même exactitude les événements qui ont amené la dégradation et le déchirement de l'Empire et préparé sa ruine, il devait étendre l'Histoire au moins jusqu'à 476 ou son époque.
Ce sujet devait être développé dans son dernier livre dont il n'existe plus que les premières pages. Visiblement il fut rédigé de manière rapide, la fin est abrupte, il est peu probable que ce soit une lacune ou une perte (Évagre le Scolastique et Photios ne mentionnent pas des extraits inconnus). Il est supposé que Zosime est mort ou un autre événement empêche la rédaction, et que l'Histoire Nouvelle dans sa forme ne devait être que la moitié du projet initial, selon des allusions de Zosime. Comme les historiens antiques, tel Tite-Live, Dion Cassius ou Ammien Marcellin, la période historique est traitée de manière plus détaillée si l'auteur est contemporain des événements.
L'Histoire nouvelle est constituée de six livres. On y trouve en quelques endroits des lacunes plus ou moins longues et des erreurs de copiste, comme des confusions entre des noms propres, ou des chiffres manifestement erronés, comme au sujet de la victoire remportée par Julien sur les Alamans, près de Strasbourg : l'historien écrit que 60 000 de ces derniers restèrent sur le champ de bataille et qu'il en périt autant dans le Rhin. Si l'auteur a ainsi décuplé un nombre, il a pu laisser d'autres erreurs dans son manuscrit. De manière générale, la critique historique trouve Zosime médiocre, loin de son modèle, Polybe, avec des lacunes géographiques et quelquefois des erreurs de transcriptions de mots latins sur certaines charges.
Les sources de Zosime divisent les historiens. Pour le premier livre, elle est incertaine, bien que des hypothèses supposent y voir Dexippe ou Polybe. Ensuite, il semble que Zosime dépend uniquement d'Eunape (dont l'Histoire Universelle s'arrête en 404) pour la grande majorité de l'ouvrage et d'Olympiodore de Thèbes (il change à V, 26) pour la partie postérieure à 406. Dès le changement de source, Zosime utilise plus de mots latins et est centré en occident. Il est décrit comme passif face à ses sources : il ne s'en écarte jamais, y compris lors des digressions, et ne cherche à combler les manquements et imprécisions ; lorsqu'il changea de source, la période de 404 à 406 n'est pas abordée, ne trouvant pas de substituts. Il n'est pas exclu que pour certaines données, Zosime utilise une autre source. Les écrits sur la décadence de l'empire romain proviennent cependant de Zosime, peut-être influencé à travers Eunape par une source latine païenne.
La particularité du récit est son paganisme vigoureux. Zosime nous apprend à ce sujet que le christianisme ne s'est pas encore imposé dans l'ensemble de l'Empire romain, le paganisme s'étant maintenu assez longtemps dans les villages après son extinction dans les villes. Il assume plus clairement sa croyance et son opposition au christianisme face aux plus réservés Ammien Marcellin, l'auteur anonyme du De viris illustribus urbis Romae et le rédacteur de l'Histoire Auguste qui lui est plus dans l'humour (parodie de la correspondance de Saint-Jérôme)
Le Livre Premier, après un très rapide survol de l'histoire de la Grèce antique et de la période républicaine de Rome, commence en fait avec Auguste, mais les empereurs des deux premiers siècles sont tout juste énumérés. Le récit ne prend vraiment corps qu'à partir du IIIe siècle, fournissant notamment des détails sur les incursions germaniques et les campagnes d'Aurélien contre Palmyre.
Le récit du livre Premier s'interrompt durant le règne de Probus, omet ceux de Carus et de ses fils (284), et le livre II reprend après une lacune par une digression sur les Jeux séculaires puis se poursuit à partir de l'abdication de Dioclétien (305) jusqu'à la veille de l'élévation de Julien à la dignité de César. La lacune concernant Dioclétien et la tétrarchie entre 284 et 305, dont il reste des fragments de Jean d'Antioche, est probablement l'acte d'un lettré chrétien qui aurait arraché cet extrait, probablement une réaction marquée par les persécutions des empereurs, que Zosime a dû probablement approuver.
Le livre III narre le règne de Julien, d'abord César puis Auguste, et celui de Jovien (355-364).
Le livre IV raconte les années 364-395 (Valentinien Ier, Valens, Gratien, Valentinien II, Théodose Ier). À partir de 376-378, la narration est défectueuse avec plusieurs lacunes et événements sautés, il est probable qu'Eunape fut confronté à un manque de source de qualité, probablement Nicomaque Flavien dont les Annales s'arrêtèrent à ce moment, cela se répercutant sur Zosime.
Le livre V met en scène les événements d'Orient de 395-404 et ceux d'Occident de 407- 409. Un folio à V, 22 fut soigneusement découpé et manquant, probablement pour les mêmes raisons que la lacune de la tétrarchie.
Le livre VI et dernier, très bref et inachevé, englobe le récit des événements de quelques mois, de 409 à l'été 410, et s'interrompt peu avant le sac de Rome par Alaric.
Le témoignage sur la fin d'un monde
Bien que la conclusion de son ouvrage nous manque, on suppose que Zosime illustre la chute de l'Empire par les ravages des Goths, poussés par les Huns, et par l'occupation de l'ancienne capitale, Rome, par les Barbares.