Ce Jour-là

Zénon (empereur byzantin)

Empereur byzantin de 474 à 491

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Zénon (en latin : Flavius Zeno ), né vers 425 à Rosoumblada en Isaurie et mort à Constantinople le 9 avril 491, est un empereur romain d'Orient.

Originaire de l'Isaurie, une région d'Anatolie aux fortes traditions militaires, il s'élève dans la hiérarchie de l'armée alors que les Isauriens sont particulièrement influents à la cour de Constantinople. Partisan de l'empereur Léon Ier, il finit par épouser sa fille, Ariane, avec qui il a pour fils le futur empereur Léon II, qui succède à son grand-père en 473 mais meurt au bout de quelques mois.

Zénon devient alors seul empereur après avoir exercé la régence sous son fils mais son pouvoir est contesté, notamment par Vérine, la veuve de Léon Ier, et par différents hauts dignitaires de l'Empire, dont Basiliscus. Ce dernier parvient à s'emparer du pouvoir en janvier 475 pour dix-huit mois, poussant Zénon à se réfugier en Isaurie d'où il mène une résistance acharnée, avant de rassembler suffisamment de soutiens pour chasser l'usurpateur dès l'été 476. C'est d'ailleurs vers cette date qu'est déposé le dernier empereur d'Occident, Romulus Augustule. Faute de pouvoir porter secours à Rome, Zénon tente la conciliation avec Odoacre, devenu roi d'Italie, avant d'envoyer contre lui les Ostrogoths de Théodoric le Grand pour les éloigner des Balkans où ils mènent des campagnes régulières de pillages et de destructions. Néanmoins, en matière de politique extérieure, son règne est marqué par une paix plutôt solide, en particulier en Orient.

En revanche, jusqu'à sa mort, son pouvoir est régulièrement contesté par diverses personnalités, dont son compatriote isaurien Illus et Vérine, qui intrigue jusqu'à sa disparition. Zénon souffre probablement de ses origines isauriennes, mal perçues par toute une partie de l'élite impériale. Pour autant, aucune des conspirations ne parvient à renverser Zénon, qui dispose de suffisamment de partisans pour maintenir son autorité. Enfin, en matière religieuse, il est confronté aux divergences théologiques qui fracturent le monde chrétien, en particulier entre les soutiens du concile de Chalcédoine tenu en 451 et les monophysites, qui le rejettent. Optant parfois pour la répression, il essaie surtout de concilier ces différentes tendances au travers de l’Hénotique, un texte de compromis qui ramène une certaine concorde entre les autorités religieuses de l'Empire mais lui aliène une papauté de plus en plus indépendante.

Sans successeur depuis la mort de Léon II, il meurt en 491 en laissant à celui qui lui succède, Anastase Ier, un Empire aux frontières solides en dépit de troubles internes parfois forts.

Les sources byzantines qui s'attardent sur le Ve siècle et les événements du règne de Zénon ont pour particularité de ne pas toujours avoir été préservées dans leur totalité. C'est le cas notamment de Malchos de Philadelphie, qui écrit vraisemblablement sous Anastase Ier et dont seuls des fragments de textes ont survécu, au travers notamment de la Souda. Il décrit Zénon comme pacifique mais peu compétent et surtout rempli d'ambitions, un trait classique à propos d'empereurs qui ne sont pas issus d'une lignée impériale. Candidus Isaurus est un autre chroniqueur contemporain, dont seules quelques parties de la chronique ont survécu. Parfois considéré comme un proche de Zénon, il semble plutôt avoir été un partisan d'Illus car ses descriptions de Zénon sont rarement mélioratives. Eustathe d'Épiphanie est le troisième historien contemporain du règne de Zénon, dont l’Épitomé chronologique a aussi largement disparu. Il pourrait avoir inspiré certains des passages de l'histoire ecclésiastique d'Évagre le Scolastique, qui écrit un siècle après la mort de Zénon. Dans l'ensemble, ces différents auteurs ont des avis plutôt négatifs envers Zénon. Plus tardifs, divers ecclésiastiques ont composé, comme l'avait fait Évagre, des écrits relatant des événements religieux du règne de Zénon. Tels sont les ouvrages de Théodore le Lecteur ou Zacharie le Rhéteur, dont plusieurs parties ont été recomposées dans d'autres chroniques, notamment celle du Pseudo-Zacharie le Rhéteur. D'obédience monophysite, ce dernier est plutôt favorable à la tolérance religieuse de Zénon. Autres auteurs plus tardifs, Jean Malalas et Procope de Césarée livrent plusieurs détails intéressants à propos de Zénon. Procope est notamment assez disert sur sa diplomatie avec les Vandales ou les Ostrogoths.

Par ailleurs, des sources extérieures à l'Empire peuvent aussi être mobilisées, comme l'Anonyme de Valois, un texte écrit en Italie par un auteur inconnu, centré sur la biographie de Théodoric le Grand. À la différence de bon nombre de textes grecs, ce biographe est particulièrement favorable à Zénon, louant ses nombreuses qualités, le disant généreux, pacifique et d'une grande noblesse. Autre texte positif envers Zénon, la Vie de Daniel le Stylite ressort du genre de l'hagiographie. S'il est principalement centré sur la biographie du saint en question, il mentionne plusieurs événements de la vie et du règne de Zénon, comme son ascension auprès de Léon Ier ou l'usurpation de Basiliscus. Les sources administratives sont plutôt maigres : peu de textes législatifs de Zénon sont repris dans le Corpus juris civilis de Justinien et ils sont souvent tronqués.

Zénon est né à Rosoumblada sous le nom de Tarasicodissa, dans le Sud-Est de l'Asie Mineure ; il est issu d'une famille noble isaurienne.

Sujets de l'Empire romain depuis plusieurs siècles, les montagnards Isauriens sont néanmoins considérés comme des barbares par les autres peuples de l'empire et, en particulier, par les Grecs. En effet, cette région est agitée par des soulèvements réguliers et les Isauriens sont réputés pour leurs compétences martiales. De ce fait, ils sont recrutés en nombre au début du Ve siècle pour affronter les menaces diverses aux frontières de l'Empire ; ces recrutements massifs permettent à certains d'entre eux d'accéder à la cour impériale, au sein de laquelle ils accèdent à des fonctions prestigieuses. Ils deviennent ainsi des contrepoids à l'influence des Germains. Parmi eux figurent notamment un homonyme de Zénon, le consul Zénon qui, en plus d'être élevé au consulat en 448, devient maître des milices d'Orient et combat Attila. L'historien byzantin Jean Zonaras présente Zénon comme « de l'infâme nation des Isauriens, mal fait de corps, et d'esprit ».

Les premières années de la vie de Zénon restent entourées d'un profond mystère. Sa date de naissance peut être approchée mais n'est pas connue avec certitude. Selon Malalas, il a près de soixante-et-un ans à sa mort mais les sources slaves évoquent un âge de soixante-cinq ans et neuf mois, alors que le Chronicon Paschale le dit âgé de soixante-cinq ans et neuf jours. De ce fait, Zénon est probablement venu au monde entre 425 et 430.

Son nom complet, cité par l'historien du VIe siècle Candidus Isaurus, est Tarasicodissa Rousoumbladiotes, même si d'autres formes sont rapportées par des auteurs comme Jean de Nikiou ou Malalas. Les noms de Tarasis et de Kodissa étant attestés en Isaurie, son nom développé pourrait être Tarasis, fils de Codissa, de Rosoumblada. Rosoumblada se réfère alors à Zénonpolis, l'une des cités d'Isaurie, ce qui implique que Zénon est peut-être issu de la noblesse urbaine. On lui connaît un frère, nommé Longin. Le choix de changer de nom pourrait être une manière d'effacer partiellement des origines peu enviables auprès de la cour byzantine. Il n'est pas non plus impossible qu'il souhaite se référer au consul Zénon, dont le prestige est assez important.

Au cours du Ve siècle, des peuples germaniques se sont implantés dans l'Empire, constituant des milices fédérées en théorie au service de l'Empire, mais plus ou moins dociles. Devenues les forces armées les plus puissantes de l'Empire, elles exercent un pouvoir de tutelle grandissant sur les empereurs. Dans l'empire d'Occident, cette tutelle est exercée par Ricimer qui, à défaut de pouvoir devenir empereur à cause de ses origines barbares, fait et défait les empereurs d'Occident. À Constantinople, le patrice Aspar, un Alain de religion arienne soutenu par les fédérés ostrogoths, est à l’origine de l'accession au pouvoir des empereurs Marcien en 450, puis de Léon Ier en 457. Ce dernier cherche, au milieu des années 460, à échapper à l'emprise des mercenaires alains et ostrogoths. C'est dans ce contexte qu'arrive Zénon à la cour. Longtemps, les historiens ont privilégié la thèse d'une ascension isaurienne suscitée en opposition à la domination germanique. Aujourd'hui, l'idée d'une rivalité entre Isauriens et Germains, qui structurerait la vie politique d'alors à la cour de l'Empire d'Orient, est en partie remise en cause. Hugh Elton rappelle ainsi que la présence des Isauriens dans l'armée romaine n'est pas nouvelle, bien qu'elle joue à cette date un rôle significatif jusqu'au plus haut niveau de l'Empire. Brian Croke a aussi largement contesté l'idée d'un parti isaurien qui aurait été promu par Léon pour s'émanciper des Germains, même si aucun consensus ne se dégage sur le sujet.

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