Yuriko Koike (小池 百合子, Koike Yuriko), née le 15 juillet 1952 à Ashiya, est une femme politique japonaise, proche de la droite conservatrice. Elle est gouverneure de la préfecture de Tokyo depuis 2016.
Yuriko Koike est membre successivement de plusieurs formations de droite conservatrice, dont le Parti libéral-démocrate (PLD), de 2002 à 2016 et le Parti de l'espoir, qu'elle a cofondé, entre 2017 et 2018.
Elle est ministre de l'Environnement de 2003 à 2006 dans le gouvernement Koizumi II, puis de la Défense dans le gouvernement Abe I du 4 juillet au 27 août 2007. Le 31 juillet 2016, elle est la première femme élue gouverneur de Tokyo. Elle est réélue au même poste en 2020 puis en 2024.
Yuriko Koike est membre du Nippon Kaigi, un lobby nationaliste et révisionniste, qui rassemble la plupart des ministres du Parti libéral-démocrate (PLD).
Née et élevée à Ashiya (Hyōgo), une banlieue aisée à l'est de Kōbe, Koike fréquente le collège puis le lycée pour filles Kōnan, dans l'arrondissement de Higashinada à Kōbe.
Son père, Yūjirō Koike, est un marchand d'export spécialisé en produits pétroliers. Il est également engagé en politique, et soutient Shintarō Ishihara et le Tatenokai au cours des années 1960 ; il participe sans succès aux élections législatives du 27 décembre 1969 sous les couleurs du Parti libéral-démocrate (PLD), grand parti conservateur au pouvoir depuis sa création en 1955, dans l'ancien 2e district de la préfecture de Hyōgo, soit les banlieues insérées entre Kōbe et la préfecture d'Ōsaka, ainsi que l'île d'Awaji. De sa carrière, il enseigne à sa fille quelques principes politiques, notamment l'impératif pour le Japon de renforcer ses liens avec les pays arabes, afin d'assurer un approvisionnement stable en hydrocarbures, de peur que le Japon, faute de ressources propres, n'ait à nouveau à se lancer dans une guerre en quête de pétrole. Les paroles de son père encouragèrent Yuriko à se rendre en Égypte pour apprendre l'arabe.
Après avoir étudié la sociologie à l'université Kwansei Gakuin de Nishinomiya d'avril à septembre 1971 et à l'université américaine du Caire en 1972, Koike obtient un Bachelor of Arts en sociologie à l'université du Caire, en octobre 1976. Elle épouse un étudiant japonais en Égypte, alors qu'elle est âgée de 21 ans, mais divorce rapidement.
De retour au Japon en 1977, elle travaille d'abord comme interprète pour l'arabe, et est secrétaire générale de l'Association arabe du Japon (日本アラブ協会, Nippon Arabu kyōkai) à Tokyo. Mais elle se fait surtout remarquer en 1978 pour avoir mené l'interview télévisée pour la chaîne Nippon Television (NTV) du président de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP) Yasser Arafat et du dirigeant libyen Mouammar Kadhafi, dans le cadre d'une émission spéciale. Elle entame alors une carrière de 13 ans à la télévision.
Elle est d'abord présentatrice assistante aux côtés de Kenichi Takemura pour son émission matinale de débat politique et d'actualité, « Les histoires du monde de Kenichi Takemura » (竹村健一の世相講談, Takemura Kenichi no Sesō Kōdan), sur la NTV de 1979 à 1985.
Koike est ensuite la première présentatrice principale du World Business Satellite (ワールドビジネスサテライト, Wārudo Bijinesu Sateraito), ou « WBS », de TV Tokyo (TX), programme d'informations nationales centré sur l'économie diffusé en fin de soirée, entre le 4 avril 1988 (première édition de l'émission) et juin 1992.
Les débuts au NPJ et dans la coalition anti-PLD
Yuriko Koike rejoint le Nouveau parti du Japon (NPJ), parti réformiste et libéral fondé en mai 1992 par l'ancien gouverneur de la préfecture de Kumamoto Morihiro Hosokawa (de 1983 à 1991) et réunissant essentiellement de jeunes figures issues des assemblées locales, de l'Institut Matsushita de politique et de management ou de la société civile, dont quelques tarento (Yuriko Koike mais aussi l'analyste économique et autre animateur de télévision Banri Kaieda). Ce parti milite essentiellement pour une modification des pratiques politiques (et notamment pour plus de transparence dans le processus de décision, la lutte contre la corruption, le rajeunissement des cadres dirigeants et une meilleure représentation des femmes) sur le modèle du parlementarisme anglo-saxon et pour des réformes structurelles libérales allant dans le sens d'une réduction du poids de l'administration d'État, de la décentralisation et de la dérégulation. Yuriko Koike est la présidente du Comité de recherche politique du parti (ce qui en fait la numéro quatre, après le président Hosokawa, le vice-président Kunitarō Takeda et le secrétaire général Satoshi Arai, elle est chargée de l'élaboration du programme) de janvier à juin 1993, puis est vice-présidente du mouvement, partageant ce titre avec Satsuki Eda, de juin à décembre 1994.
Koike entre pour la première fois à la Diète sous cette étiquette en étant l'une des quatre élus du nouveau parti à la Chambre des conseillers, la chambre haute du parlement japonais, le 26 juillet 1992. Elle était la deuxième candidate sur la liste du NPJ emmenée par Morihiro Hosokawa dans la circonscription proportionnelle nationale, qui obtient 3 617 235 voix, 8,05 % des suffrages exprimés et quatre sièges.
Elle passe ensuite à la Chambre des représentants à la suite des élections législatives du 18 juillet 1993. Elle est élue avec le deuxième meilleur score pour cinq sièges à pourvoir au vote unique non transférable dans l'ancien 2e district de sa préfecture natale, où son père avait tenté, sans succès, d'obtenir un siège en 1969. Elle totalise 136 000 voix et 15,1 %, arrivant derrière la sortante Takako Doi, ancienne présidente du Parti socialiste japonais (PSJ) et de ce fait chef de l'opposition de 1986 à 1991. Elle fait donc partie de la « coalition anti-PLD, anti-communiste » qui provoque la première alternance politique depuis 1955 et porte Morihiro Hosokawa au poste de Premier ministre d'août 1993 à avril 1994. Yuriko Koike est d'ailleurs membre de son gouvernement sans faire partie toutefois du Cabinet, en tant que vice-ministre parlementaire (équivalent de sous-secrétaire d'État) auprès du ministre d'État et directeur général de l'Agence de Gestion et de Coordination Kōshirō Ishida (membre du parti centriste et d'inspiration bouddhiste Kōmeitō). Elle est également honorée dans la première promotion des « Global Leaders of Tomorrow » (GLT) désignés par le Forum économique mondial en 1993.
Cette alliance très hétérogène éclate toutefois en juin 1994 au profit d'une Grande coalition unissant le PLD au PSJ et à la petite formation centriste et progressiste du Nouveau parti pionnier (ou Nouveau parti Sakigake, NPS). Yuriko Koike participe alors, comme les autres membres du NPJ, à la création le 10 décembre 1994 du Parti de la nouvelle frontière (PNF ou Shinshintō), nouveau mouvement d'opposition principal à la Grande coalition sur une base réformiste libérale. Elle déclare à cette occasion : « Nous nous battons pour des marchés ouverts et la dérégulation. C'est facile à dire mais difficile à mener à bien. Quand notre tour au pouvoir viendra, nous appliquerons un programme de grande ampleur, je le promets ». Le premier président du parti, l'ancien Premier ministre libéral-démocrate Toshiki Kaifu, la nomme au poste de secrétaire générale adjointe (secondant à ce poste Ichirō Ozawa) et de directrice du bureau des affaires internationales, fonctions qu'elle conserve jusqu'en décembre 1995. Puis, lorsqu'Ichirō Ozawa est élu face à son ancien allié devenu principal rival Tsutomu Hata (dernier chef du gouvernement anti-PLD de manière éphémère en 1994) le 28 décembre 1995 pour succéder à Toshiki Kaifu à la tête du parti, il fait de Yuriko Koike (qui a fait partie de ses principaux soutiens durant la campagne) son assistante à la présidence. Elle participe également à l'organisation de la fédération du Shinshintō dans la préfecture de Hyōgo dont elle est la vice-présidente à partir de janvier 1995.
Aux élections législatives du 20 octobre 1996, les premières à appliquer la réforme électorale de 1994 (l'une des principales mesures prises par la coalition anti-PLD), Yuriko Koike est la candidate du Shinshintō au scrutin uninominal majoritaire à un tour dans le nouveau 6e district de la préfecture de Hyōgo (soit la partie nord de l'ancien 2e district). Elle y est élue de peu, avec 89 672 voix et 38,3 % des suffrages exprimés, soit seulement 8 274 votes et 3,6 points de plus que le libéral-démocrate Yoshihide Sakaue. À la suite de ce scrutin, qui voit le Shinshintō rester la principale force d'opposition avec 156 sièges sur 500 (soit quatre sièges de moins que dans l'assemblée sortante), Yuriko Koike abandonne sa position d'assistante d'Ichirō Ozawa pour prendre à la place la présidence du comité des campagnes électorales du parti. Elle devient également la présidente de la commission des Sciences et des Technologies de la Chambre des représentants le temps d'une session de septembre 1997 à janvier 1998.