Ce Jour-là

Yul Brynner

Acteur russo-américain

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Yul Brynner, né Yuliy Borisovich Bryner (en cyrillique Юлий Борисович Бринер), est un acteur russo-américain. Il est né d'un père mongol puis suisse et d'une mère russe, le 11 juillet 1920 à Vladivostok ou sur l'île Sakhaline (république d'Extrême-Orient), et mort le 10 octobre 1985 à New York (États-Unis). Entre 1949 et 1976, il tourne dans une quarantaine de films.

Il devient largement connu pour son interprétation du roi Mongkut dans la comédie musicale Le Roi et moi (1951) pour laquelle il remporte deux Tony Awards, et remporte ensuite un Oscar pour l'adaptation cinématographique en 1956. Il joue ce rôle 4 625 fois sur scène et se fait connaître à cette occasion pour son crâne rasé, qu'il a conservé comme marque personnelle longtemps après l'avoir adopté pour Le Roi et moi.

Yul Brynner joue également le rôle de Ramsès II dans l'épopée biblique de Cecil B. DeMille, Les Dix Commandements (1956). Il incarne la même année le général Bounine dans le film Anastasia, puis le tireur Chris Adams dans Les Sept Mercenaires (1960) et sa première suite Le Retour des sept (1966), ainsi que l'androïde « The Gunslinger » dans Mondwest (1973) et sa suite Les Rescapés du futur (1976).

Il travaille également comme acrobate de cirque, mannequin, réalisateur de télévision et photographe, et est l'auteur de plusieurs livres, notamment sur la photographie, une de ses passions.

Jouant sur le mystère qu'il entretenait sur ses origines, Yul Brynner a rendu son existence encore plus exotique qu'elle ne l'était déjà. Il a souvent prétendu s’appeler Taidje Khan, être mi-japonais, mi-suisse, et être né sur l’île de Sakhaline en 1915 ou en 1920. Parfois, il prétendait aussi être originaire d'une famille rom de Sakhaline. En France, durant les années 1930, on pouvait d'ailleurs l'entendre jouer des morceaux tziganes avec ses amis.

Au moment de sa mort, on ignorait encore la vérité ; elle ne sera dévoilée que des années plus tard par son fils Rock Brynner. Néanmoins, aujourd'hui encore, son année de naissance est sujette à caution.

Yuliy Borisovich Bryner naît le 11 juillet 1920 à Vladivostok en Russie.

Il est le fils de Boris Ioulievitch Bryner (1889-1949) — un ingénieur des mines d'origine suisse par son père (Julius Joseph Bryner, né en 1849 à La Roche) ainsi que russe et de l'ethnie mongole des Bouriates par sa mère (Natalia Iossifovna Kourkoutova, originaire d'Irkoutsk) — et de Maroussia (Maria) Dimitrievna (1889-1943) née Blagovidova à Penza — fille d’un médecin d'origine russe Dmitry Ievrgafovitch Blagovidov et d'Anna Timofeevna Kireeva) — ses parents s'étant mariés vers 1910. Sa mère Marousya a étudié au conservatoire de Saint-Pétersbourg pour devenir actrice et chanteuse mais c'est sa fille Vera (1912-1967) qui deviendra chanteuse lyrique et actrice, et son fils Yul acteur.

Son grand-père suisse, Iulii Ivanovich Briner dit Julius Joseph Bryner (1849-1920), est un entrepreneur de grande envergure qui a joué un rôle notable dans l'industrialisation de la région de Vladivostok ; déjà en 1888, il exporte du bois vers la Chine, importe de la soie de Shanghai, possède des succursales en Extrême-Orient puis il s'installe à Vladivostok pour prendre la nationalité russe en 1890 et devient copropriétaire de la Compagnie maritime d'Extrême-Orient (Fesco, pour Far-East Sailing Company), possède plusieurs bâtiments à Vladivostok où se trouvent sa société Bryner, Kuznetsov & Co. s'occupant du stockage et de l'expédition des marchandises du port et un manoir de trois étages (ru) qu'il fait construire en 1913 dans le style Art nouveau romantique par l'architecte Georg Junghändel (ru) (dans lequel Yul Brynner serait né), ainsi que des monopoles pour l'exploitation des ressources naturelles (métaux, charbon, or) de la région (Tetukhe aujourd'hui Dalnegorsk, Primorye et la Société d’exploitation des placers Sofie Alexieeva). Son grand-père a aussi un domaine à Oust-Sidimi, et la crypte familiale se trouve d'ailleurs toujours dans ce village du sud du Primorié. Les parents Boris et Marousya le prénomment Juli en l'honneur de son grand-père paternel.

Au moment de la révolution russe de 1917, sa famille, aisée, fuit l'Empire russe, et s'installe surtout à Nice où existait déjà une communauté russe. Son père Boris qui a étudié à Pétrograd pour revenir à Vladivostok, devient ministre de l'Industrie et du Commerce de la république d'Extrême-Orient pendant la guerre civile de 1920. La famille Bryner fait ensuite de nombreux allers-retours entre la France et la Russie, surtout aux périodes où la situation est plus calme, par exemple, lors de la période de la nouvelle politique économique (NEP) en Russie bolchévique. Mais après l'avènement de Staline, à la fin des années 1920, sa famille quitte définitivement la Russie.

Le 15 avril 1958, alors qu'il est invité avec le comédien Fernandel à l'émission 36 chandelles de Jean Nohain, Fernandel (né en 1903) raconte que Yul Brynner avait le même âge que lui, et qu'il l'avait croisé en 1924 à l'ABC, une salle de spectacles de cabaret de Marseille où il jouait de la musique tzigane. Brynner déclarera[réf. souhaitée] également avoir assisté à plusieurs spectacles de Fernandel à l'Alcazar de Marseille, entre 1924 et 1927, et qu'ils étaient bons amis avec Bréols (né en 1905) et Andrex (né en 1907). Par l'intermédiaire de Fernandel, Yul Bryner fera la connaissance de Jean Cocteau et Marcel Pagnol.

En 1927, lorsque Boris Bryner quitte le domicile conjugal et abandonne sa famille, Marousia emmène ses enfants Yul et Vera à Harbin en Chine, où ils fréquentent une école tenue par une Union chrétienne de jeunes gens (YMCA). Puis, en 1934, tous les trois s'installent à Paris.

Quand il arrive à Paris en 1934, Juli Bryner semble avoir bien plus que 14 ans, sans doute plus de 20 ans. En effet, il s'exprime déjà très bien en français, et en d'autres langues étrangères, dont l'anglais et l'allemand. La famille déménage souvent puis s'installe rue Catulle-Mendès dans le 17e arrondissement.

Pour gagner sa vie, il joue de la guitare dans des clubs de nuit, se liant à des musiciens tziganes. Il restera toute sa vie sensible à la musique tzigane et proche de la communauté. Il pose également nu pour le photographe George Platt Lynes. Il rencontre des intellectuels tels que Jean Cocteau qui le fait participer à certains de ses projets.

Il est ensuite embauché dans la troupe du Cirque d'Hiver à Paris comme trapéziste, où il observe le jeu des clowns et mimes puis fait la connaissance de Georges et Ludmilla Pitoëff. Une grave chute de trapèze lui cause une quarantaine de fractures, et il doit abandonner le cirque. Georges et Ludmilla Pitoëff l'engagent au théâtre des Mathurins en tant que machiniste.

Dès 1941 ou 1943, Juli Bryner part pour les États-Unis afin d’étudier le théâtre avec Michel Tchekhov. Lors de son entrée dans le pays, il aurait menti sur son âge, car les services de l'immigration acceptaient rarement des individus célibataires, âgés de plus de 30 ans, d'autant qu'il était difficile de prouver aux usines, ou entreprises, ou plus généralement, au marché du travail américain que l'individu avait une solide expérience professionnelle.

Il travaille dans un premier temps comme speaker auprès de l'Office de l'information de guerre (US Office of War Information) qui diffuse des programmes à destination de la France occupée. Il étudie également le théâtre, pose comme modèle et commence à se produire à Broadway sous le nom de Youl Bryner.

Yul Brynner fait ses débuts au cinéma en 1949 dans La Brigade des stupéfiants, l'un des seuls films avec ses cheveux naturels avec Les boucaniers. À partir de 1951, il se rend célèbre en interprétant son plus grand rôle, le roi de Siam Mongkut dans la comédie musicale de Richard Rodgers et Oscar Hammerstein II, Le Roi et moi. Il interprète le rôle dans la production originale mais aussi dans sa reprise sur scène à Broadway en 1977, dans celle de London Production en 1979 et dans une autre reprise de Broadway en 1985.

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