Ysabel Minoggio puis Ysabel Minoggio-Roussel, née le 29 mars 1875 à Argenteuil et morte le 1er février 1945 à Pyla-sur-Mer (La Teste-de-Buch, Gironde), est une artiste peintre française, aquarelliste.
Marie Isabelle Henriette Minoggio est la fille de Joseph Henri Minoggio, chimiste, et de Barbe Joséphine Hocquard. Son arrière grand-père paternel immigre du Piémont fin XVIIIe-début XIXe siècle. En 1901, elle habite 40 rue de Pontoise à Argenteuil. Après son mariage en juillet 1907 avec Joseph Roussel, elle prend le nom d'artiste Ysabel Minoggio-Roussel et habite au 18, rue Gay-Lussac dans le quartier du Val-de-Grâce du 5e arrondissement de Paris.
Élève des aquarellistes Mathilde Delattre (en 1899), Blanche Odin (en 1902) et Pierre Vignal (en 1911), ainsi que de l'anatomiste Édouard Cuyer (en 1905), elle peint des paysages urbains, des bords de mer. Également peintre de fleurs, elle fera évoluer certaines de ses aquarelles dans un style « Art déco ».
Elle expose de 1899 à 1939 et devient Sociétaire des artistes français. En 1905, elle est professeur de dessin et d'aquarelle à son domicile à Argenteuil. Fort productive, elle fait chaque année de nombreux envois d'aquarelles au salon de l'Union des femmes peintres et sculpteurs — la sélection des œuvres y étant moins stricte qu'au salon des artistes français —, compositions de fleurs et paysages, dont les intitulés témoignent de ses déplacements fréquents en France et sur les rives de la Méditerranée. Pour le Salon les envois floraux sont privilégiés — ou préférentiellement retenus par le jury de sélection. En 1910, son aquarelle Au Paradou est particulièrement remarquée au salon de l'Union : « Mme Ysabel Minoggio, séduit avec son grand panneau "au Paradou", facture d'œillets blancs remarquables, on lit au dessous du tableau les belles lignes de Zola : « Des œillets blancs débordaient de l’auge moussue, des œillets panachés plantaient dans les fentes de pierre, le bariolage de leurs ruches de mousseline découpée, etc. » », après avoir été jugé comme « un tableau bien faible » aux artistes français en 1908. En février 1911, l'Union lui décerne le prix Guérinot. De 1916 à 1919, le salon de l'Union se maintient malgré la guerre, mais dans un format plus exigu, et elle doit restreindre le nombre de ses envois.
En 1923 elle est nommée Officier de l'Instruction publique, en tant que professeur de peinture.
La critique est plus sensible à ses natures mortes qu'à ses paysages : « Arrêtons nous devant les aquarelles de Minoggio-Roussel, vrai tempérament de peintre : "Sur la cheminée". Symphonie de blanc rehaussée de rose et de gris, qui révèle une technique remarquable. Bel ensemble, fouetté et lumineux ». En 1937, elle est membre du Comité de la Société des peintres et sculpteurs français et en 1938 de celui de la Société des aquarellistes français. En 1939, le premier prix de l'Union lui est décerné, mais la seconde guerre mondiale semble interrompre son activité artistique.
En 1939, le couple est toujours domicilié rue Gay-Lussac. Isabelle Minoggio meurt à 69 ans en 1945 à Pyla-sur-Mer, près d'Arcachon, deux ans avant son mari.
Salon de l'Union des femmes peintres et sculpteurs
Officier d'académie (arrêté ministériel du 25 juin 1910).
Officier de l'Instruction publique (arrêté ministériel du 10 février 1923).
1911 : Prix Guérinot de l'Union des femmes peintres et sculpteurs.
1938 : Premier prix de l'Union des femmes peintres et sculpteurs.
Pierre Sanchez, Dictionnaire de l'Union des femmes peintres et sculpteurs : Répertoire des exposantes et liste de leurs œuvres, introduction de Chantal Beauvalot, L'Échelle de Jacob, Dijon, 2010.
Ressources relatives aux beaux-arts : Artists of the World Online Bénézit MutualArt RKDartists
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