Youri Djorkaeff, né le 9 mars 1968 dans le 6e arrondissement de Lyon (Rhône), est un footballeur international français, qui joue au poste de milieu offensif ou attaquant des années 1980 au milieu des années 2000.
Surnommé le « Snake » (« le Serpent »), il est le fils de « Tchouki », Jean Djorkaeff, ancien international français. Son père a des origines kalmoukes (Mongols de Russie) et polonaises et sa mère a des origines arméniennes.
Durant sa carrière, il évolue dans de nombreuses équipes et joue dans cinq championnats différents. Tout d'abord révélé au FC Grenoble Dauphiné en Division 2 où, en dépit de son jeune âge, on lui confie le brassard de capitaine, il confirme son grand talent et son instinct du but au RC Strasbourg. Ambitieux et désireux de jouer en première division, il part pour l'AS Monaco et reste cinq saisons sur le Rocher. S'il ne parvient pas à remporter de titre de champion de France dans la principauté, cette période de sa carrière coïncide avec ses débuts en équipe de France. Il évolue par la suite au Paris Saint-Germain, avec lequel il remporte une Coupe des Coupes, avant de s'exiler en Italie à l'Inter Milan, en Allemagne à Kaiserslautern, en Angleterre du côté des Bolton Wanderers. Il achève sa carrière aux États-Unis en 2006, après avoir joué durant deux années aux MetroStars de New York.
Avec la sélection nationale, il connaît ses plus beaux succès et remporte la Coupe du monde 1998, l'Euro 2000 puis la Coupe des confédérations 2001. Il met fin à sa carrière internationale à l'issue de la Coupe du monde 2002, soldée par une élimination prématurée au premier tour de la compétition.
Au total, Youri Djorkaeff a inscrit plus de deux cents buts tout au long de sa carrière.
Les parents de Youri Djorkaeff le prénomment ainsi en hommage à Youri Jivago, personnage qu'incarne Omar Sharif dans le film Le Docteur Jivago réalisé par David Lean en 1965. Son père, Jean Djorkaeff surnommé « Tchouki », est un joueur de football professionnel français d'origine kalmouke et polonaise qui a évolué à l'Olympique lyonnais, à l'Olympique de Marseille et au Paris Saint-Germain. Il a également été le capitaine de l'équipe de France, dont il a porté le maillot à quarante-trois reprises. Sa mère est fille de réfugiés arméniens ayant fui le génocide arménien durant la Première Guerre mondiale.
Il a deux frères : Denis, son aîné de trois ans, et Misha, de six années son cadet. Les deux font d'honnêtes carrières de footballeurs. Le premier, qui est aussi son agent a évolué en troisième division, alors que le plus jeune a joué quelques matchs de première division suisse, ainsi qu'une trentaine de rencontres en Division 2, sous les maillots notamment du FC Rouen puis de l'Olympique Alès. Ce dernier défend plus tard les couleurs du club de Décines dont Youri est président, en Promotion d'honneur de la Ligue Rhône-Alpes. Un stade à son nom se situe dans la commune de Décines, là où il joue durant ses débuts.
Élève intéressé sans pour autant se révéler brillant, le jeune Youri Djorkaeff s'ouvre à l'activité sportive d'abord en pratiquant l'athlétisme puis le judo. Il descend ensuite des tatamis pour s'essayer au tennis et à la natation. S'il est plutôt doué pour toutes ces disciplines, c'est cependant dans un sport collectif qu'il va complètement s'épanouir : le football. Il se dit en admiration devant le talent de Johan Cruijff, et soutient le club anglais de Liverpool FC : Kenny Dalglish et Kevin Keegan sont ses joueurs préférés. Il signe sa première licence à l'Union arménienne de Décines, club près de Lyon alors entraîné par son père et où joue son frère. Ne voulant pas faire penser qu'il accorde des faveurs à son fils, « Tchouki » se révèle dur et intransigeant avec lui.
Peu de temps après, il connaît son premier changement de club, pour l'AS Saint-Priest, située dans la banlieue lyonnaise, un des clubs phares de la région. Lassé par les longs trajets qu'il doit effectuer pour rentrer chez lui chaque soir, il décide de s'engager à l'Union sportive Meyzieu, plus proche. Deux ans plus tard, il se tourne vers l'AS Villeurbanne. Évoluant alors en cadets nationaux, il attire l'œil des recruteurs et gagne le droit de faire un essai au FC Sochaux. Si sur le terrain, le joueur donne entière satisfaction, c'est en revanche son patronyme qui fait hésiter les dirigeants francs-comtois selon lui. Dans sa biographie, il estime avoir été victime du racisme des années 1980. Par la suite, il restera très marqué par cet échec.
Révélation en D2 avec Grenoble puis Strasbourg (1985-1990)
À l'âge de 15 ans et demi, il rejoint le club de Grenoble, dont l'équipe première oscille entre Division 2 et Division 3. Rapidement, Youri Djorkaeff intègre le groupe professionnel de Christian Dalger qui le lance dans le grand bain contre le Montpellier HSC de Laurent Blanc, le 30 mars 1985. En 1987, il signe son premier contrat professionnel à l'âge de 19 ans. Avec les juniors, il atteint en 1987 la finale de la Coupe Gambardella mais son équipe est battue par le RC Paris. Par la suite, il enchaîne les bonnes prestations avec les seniors et ne sort plus de l'équipe où il se voit même confier le brassard de capitaine au poste de meneur de jeu, malgré son jeune âge. Les joutes de la deuxième division sont des combats durs, grâce auxquels il se forge un caractère. Après trois bonnes saisons en Isère, il affirme son envie de partir pour un club plus huppé. Néanmoins, le président grenoblois, Marc Braillon, s'oppose fermement dans un premier temps à son départ. Finalement, il cède devant la volonté de son joueur et l'offre du RC Strasbourg, qui propose cinq millions de francs pour l'engager soit environ 1 100 000 euros de 2008. À Grenoble, où il est surnommé « le petit Mozart », Youri Djorkaeff a marqué 23 buts en 82 matchs sous le maillot isérois.
Youri Djorkaeff ne manque pas ses débuts sous le maillot strasbourgeois. Pour son premier match à la Meinau le 11 août 1989, il inscrit deux buts face au Nîmes Olympique. Au terme de la première partie de saison, son compteur affiche déjà douze buts marqués en seulement quatorze matchs, alors qu'il a aussi délivré trois passes décisives à ses partenaires. Ces statistiques, associées à la qualité de ses performances sur toutes les pelouses de Division 2 convainquent les journalistes de l'hebdomadaire France Football de le désigner meilleur joueur de la division de l'année 1989. Il devance le Nancéien David Zitelli et le Rennais Erik van den Boogaard. À cette époque, il affirme déjà son ambition d'un jour vêtir le maillot bleu de la sélection nationale alors qu'il est déjà international Espoir. Sur sa lancée, il réalise une fin de saison remarquable, en faisant du stade de la Meinau son « jardin ». Face à l'US Orléans, il réussit un doublé : peu avant la pause, il marque d'un tir en coin, et récidive à vingt minutes du terme de la rencontre, après avoir slalomé toute la défense adverse et expédié un tir puissant en lucarne. La venue du Stade de Reims le 3 mars 1990 l'inspire une nouvelle fois, puisqu'il ouvre le score d'un coup franc direct astucieusement botté, qui contourne le mur alors que le portier d'en face s'attendait à un centre. Il inscrit deux nouvelles réalisations sur coups francs lors de la 28e journée contre le FC Istres, puis clôture son compteur-buts pour cette saison à l'occasion de l'avant-dernière journée du championnat et la réception de l'AS Nancy-Lorraine en reprenant un centre de Perron dès le retour des vestiaires. En tout, il inscrit vingt et un buts cette saison-là en Ligue 2, ce qui en fait le troisième meilleur buteur du championnat derrière Didier Monczuk et Alain Caveglia, à seulement deux unités de ce dernier. Strasbourg échoue dans la course à la montée contre l'OGC Nice en barrage, malgré le doublé inscrit par Djorkaeff au match aller en Alsace.
Bien décidé à enfin découvrir l'élite du championnat, Djorkaeff veut quitter le club alsacien. Le président strasbourgeois refuse et le meneur de jeu reprend en Division 2. Mais le début de saison de l'équipe est très décevant (malgré quatre nouveaux buts de Djorkaeff en sept matchs) et les approches de l'AS Monaco se font insistantes. C'est finalement en octobre 1990 qu'il signe avec le club monégasque un contrat de cinq ans.