Ce Jour-là

Xavier Grall

Poète, écrivain et journaliste breton

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Xavier Grall, né le 22 juin 1930 à Landivisiau (Finistère) et mort le 11 décembre 1981 à Quimperlé (Finistère), est un poète, écrivain et journaliste français.

Il nait à Landivisiau le 22 juin 1930.

Il naît dans une famille déjà nombreuse (ses parents se sont mariés en 1911, il est le neuvième d'une fratrie de dix enfants) dont la mère, Marguerite Marie-Gabrielle David (1889-1977), assiste à la messe tous les matins, et le père, Joseph Jean François Grall (1886-1968), maître-tanneur s'inscrivant dans une longue tradition familiale remontant au XVIe siècle et conseiller municipal puis maire de Landivisiau, est proche du catholicisme social prôné par Le Sillon, ce qui, malgré la piété très traditionnelle qui imprègne quotidiennement toute la vie de famille, vaut quelques ennuis au père de Xavier avec le clergé local.

Le grand père maternel, Jean-Marie David, que Xavier n'a pas connu, mais dont il entend sa mère en parler comme d'un « héros de légende » est notaire et conseiller général.

Xavier reçoit une éducation catholique et française. On ne parle pas le breton à la maison, alors que les parents, et la mère mieux que le père, eux, le parlent, mais son père juge que ses enfants auront bien le temps plus tard de l'apprendre.

Il évoque dans plusieurs de ses ouvrages l'environnement familial de son enfance marqué par une piété omniprésente et une morale rigide, qu'il qualifie de gidienne.

Il commence à perdre foi en la France à partir de l'occupation allemande. C'est déjà à cette époque que le jeune Grall commence à fumer, au moment du départ des Anglais en 1940, en cachette évidemment, en chapardant tabac ou cigarettes, ce qui lui vaut maintes punitions tout au long de sa scolarité.

Et quelques semaines plus tard, il est envoyé en internat, à l'Institution Notre-Dame de Kreisker, à Saint-Pol-de-Léon. Il décrit cet endroit comme « une sorte d'annexe de la maison familiale. Oncles, père, frères s'y étaient succédé. Mais c'était une annexe sans soleil et sans air. ». Il vit cette situation comme un enfermement loin de sa famille ; il ne se fait pas à la discipline ni à la vision de la religion catholique inculquée : « Régnèrent les prêtres noirs sur mes années. (...) À mes maîtres balourds les arts paraissaient coupables. Ils me prêchaient l'enfer à chaque heure du jour. (...) Nos âmes blafardes logeaient dans la trappe confessionnale. J'ai mangé quarante saisons de stupeur et de crainte ».

Le 12 juillet 1942, un incendie détruit complètement la maison natale de Xavier Grall. Il vit cet événement comme un traumatisme, dont toute sa vie et son œuvre sont marquées. La famille s'installe dans une autre maison, toujours à Landivisiau, 19 rue du Manoir.

Il s'avère être un collégien plutôt rebelle et turbulent, aux résultats médiocres, il se fait renvoyer, continue sa scolarité à La Providence à Saint-Malo à partir de 1946, où les résultats scolaires s'améliorent, mais où, à l'occasion de la défense de son condisciple et ami Henri Boulard, selon lui injustement, pris à partie par leur professeur de sport, il trouve le moyen d'à nouveau se faire renvoyer en pleine année scolaire de terminale. Il retourne au Kreisker où il passe et réussit son bac. Il poursuit en 1950 ses études au Centre de formation des journalistes, dont il sort diplômé en 1952.

Conséquences de son éducation sur son évolution

Selon Jean Rohou, Xavier Grall est issu d'« une bourgeoisie riche et bien pensante : d'un côté des patrons tanneurs « depuis des siècles », de l'autre un notaire conseiller général. Son père est maire de Landivisiau de 1941 à 1944. (...) Conséquence : à la fois favorisé et censuré par un milieu qui lui interdisait de jouir des possibilités qu'il lui offrait. C'était à la fois un privilégié et un révolté. (...) Prisonnier de l’hypocrite bigoterie d’une petite bourgeoisie provinciale, Grall s’est voulu un collégien subversif, puis un poète, journaliste et pamphlétaire parisien, adversaire des normes et dénonciateur de toute hypocrisie. ».

D'après Pierre-Jakez Hélias, il ne parle pas le breton, ce qu'Hélias souligne comme une critique. Ce fait est confirmé par André Laude : « Incapable, par on ne sait quel barrage profond, d'apprendre la langue des siens, il fut autrement breton qu'un Théodore Botrel, qui n'hésitait pas à écrire, pour les beaux yeux de la Gueuse, la République bourgeoise : "Un Breton doit savoir mourir pour elle." ». Et Grall lui-même le reconnaît dans l'un de ses billets hebdomadaires paru dans La Vie le 7 septembre 1978 et intitulé La langue : « C'est vrai. Je n'écris pas en breton. Je ne parle pas le breton. Beaucoup m'en ont fait le reproche. Je ne connais pas le parler maternel. Mon père n'y tenait pas. Et quand on est gosse, on n'en rajoute pas sur le chapitre. Aujourd'hui cette ignorance me gêne et parfois m'humilie. Les imbéciles en profitent qui suspectent la sincérité de mes opinions, la profondeur d'une identité longtemps quêtée dans les jours de ma vie, durement, âprement, obstinément. Il n'est jamais trop tard pour bien faire. Air connu ! Eh bien, si ! Cette langue, c'est le lait et le miel du premier âge. On l'apprend mal dans les livres. Elle est le chant du vent, la plainte de la pluie, la semence du blé. Elle est véritablement charnelle. Elle n'est pas le fait des docteurs, elle est concrète et vitale, pour ainsi dire végétale. Elle est la tige et l'algue. Par-dessus tout, elle est musique. Et plus ancienne que la langue française. Je la respecte trop pour la baragouiner. »

1952 : l'entrée en journalisme

Remarqué par le Nantais Georges Hourdin, il entre en 1952, à l'essai tout d'abord, à la rédaction de la Vie catholique illustrée. Il y devient un journaliste remarqué et même en 1961 le secrétaire général.

1953 : le service militaire au Maroc

En mai 1953, il arrive à Meknès pour les seize mois de son service militaire ; il est affecté au secrétariat du service social du district de Meknès ; il déclare à propos des autres soldats : « ils détestent le silence et, plus largement, le sacré et le beau ». C'est ce qui le pousse à rechercher la « miséricorde du zinc », mais aussi ce qui affine sa sensibilité à la magnificence des paysages, du désert, de la lumière, splendeur qui lui permet de faire « l'expérience de l'éclatante beauté de l'univers ». Lors de reportages au Maroc, il admire la luminosité des espaces marocains. Il en garde la nostalgie, qui transparait dans nombre de ses textes. En 1977, vingt-trois ans plus tard, il écrit : « Je pris le soleil dans ma bouche. Le Maghreb fut ma clarté. Je humais les matins fleuris au bord des villes blanches. ».

En février 1955, il épouse Françoise Jousse, originaire d'Ambrières en Mayenne. Elle est la sœur d'un de ses amis d'adolescence, Michel Jousse, qu'il a rencontré au lycée de Saint-Malo et avec lequel il partage un petit deux-pièces à Paris, au 58 rue du Théâtre, durant ses études. Ils ont cinq filles, Catherine, Geneviève, Isabelle, Véronique et Lucie qu'il appelle ses Divines.

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