Xavier Dolan (prononcé : /ɡza.vje dɔ.lan/) est un réalisateur, scénariste, monteur, producteur et acteur québécois, né le 20 mars 1989 à Montréal (Québec).
C'est en tant qu'acteur-réalisateur-scénariste qu'il se fait connaître du public lors de la projection de son premier long métrage J'ai tué ma mère à la 41e Quinzaine des réalisateurs du Festival de Cannes 2009, à tout juste 20 ans. Au début des années 2010, au rythme de près d'un film par an, tous présentés dans les festivals de cinéma majeurs, il est régulièrement qualifié de « jeune prodige du cinéma québécois ».
En tant qu'acteur, Xavier Dolan est également actif dans le doublage québécois. Il est notamment la voix québécoise de Rupert Grint (avec le rôle de Ron Weasley) dans la série de films Harry Potter, Taylor Lautner dans la saga Twilight, Timothée Chalamet, Aaron Taylor Johnson, Nicholas Hoult, Eddie Redmayne, Dylan O’Brien ou encore de Josh Hutcherson dans la saga Hunger Games. Xavier Dolan a doublé plus de 250 films et séries.
En 2017, il reçoit le César du meilleur réalisateur et celui du meilleur montage pour Juste la fin du monde, sorti l'année précédente.
Jeunesse et débuts (1989 – 2007)
Fils du comédien et chanteur québécois d'origine égyptienne Manuel Tadros et de Geneviève Dolan, Xavier Dolan commence sa carrière à l'âge de quatre ans. Tout d'abord, à la télévision, dans une vingtaine de publicités pour les pharmacies Jean-Coutu au Québec, réalisées par André Mélançon. Son nom figure au générique de nombreux longs métrages québécois tels que J'en suis !, de Claude Fournier ou encore La Forteresse suspendue, de Roger Cantin, ainsi que quelques séries télé comme Omertà, Ayoye!, Miséricorde et L'Or.
En 2006, il campe Julien dans le court métrage Miroirs d'été, d'Étienne Desrosiers, court métrage sélectionné, entre autres, à Berlin, au Festival du Nouveau Cinéma, à Image + Nation au Québec, à Kiev et à San Diego. En 2007, il est Antoine dans le film controversé de Pascal Laugier Martyrs.
Révélation précoce (2008 – 2010)
En 2008, alors âgé de 19 ans, il entreprend de manière autodidacte la production puis la réalisation de son premier long-métrage, J'ai tué ma mère, basé sur Le Matricide, une nouvelle qu'il a écrite trois ans auparavant. Anne Dorval, Suzanne Clément, Patricia Tulasne, Monique Spaziani, François Arnaud et Niels Schneider sont de la distribution. Soumis à la SODEC et à Téléfilm Canada, le film a d'abord été refusé, puis financé par la SODEC après un second dépôt au volet indépendant. Xavier Dolan investit également 150 000 $ de ses propres économies dans la production et est aidé par Carole Mondello qui rejoint le projet en tant que productrice exécutive.
En avril 2009, le film est sélectionné à la 41e Quinzaine des réalisateurs à Cannes. Le 22 mai 2009, il y gagne trois prix décernés (sur les trois auxquels il est admissible, les autres prix récompensant un film européen et un court-métrage) : le prix Art et Essai remis par la Confédération internationale des cinémas d'art et d'essai (CICAE), le prix de la Société des auteurs et compositeurs dramatiques (SACD) pour le scénario et le prix Regards jeunes pour les longs-métrages. Les trois jurys soulignent le caractère unique de sa réalisation, la vérité, la violence et la poésie de la langue, ainsi que la « sueur » (Xavier Dolan s'est fait tatouer, sur la jambe droite, une citation de Cocteau : « L'œuvre est sueur »), l'acharnement du jeune cinéaste et la foi en ses projets.
Le film devient ensuite le choix du Canada pour la course au meilleur film étranger lors de la 82e cérémonie des Oscars, sans toutefois se retrouver parmi les cinq finalistes. Il est en revanche nommé à la 35e cérémonie des César dans la même catégorie, mais ne remporte pas le prix. Le film fait 55 000 entrées en France et 100 000 entrées dans l'ensemble de l'Union européenne.
À l'automne 2009, il écrit le scénario de son deuxième long métrage, Les Amours imaginaires, qu'il produit avec l'aide financière de trois hommes d'affaires, par le biais de sa maison de production Mifilifilms. Carole Mondello et Daniel Morin, respectivement productrice déléguée et producteur associé de J'ai tué ma mère, le soutiennent à nouveau. Le tournage dure 25 jours, débutant en octobre dans la région de Lotbinière. Le reste du tournage se déroule à Montréal, notamment dans le quartier du Mile-End. Pour cette deuxième œuvre, Xavier Dolan occupe les postes de réalisateur, producteur, acteur et monteur en plus de superviser les départements des costumes et de la direction artistique.
Retenu dans la sélection « Un certain regard » du Festival de Cannes en mai 2010, où il retourne pour la deuxième fois en un an, le film y reçoit un accueil hautement favorable du public (une ovation debout de 8 minutes), et très enthousiaste de la critique, malgré quelques bémols et papiers mitigés (notamment dans Libération, Elle, Positif et Hollywood Reporter). En introduction à la projection du film au « Certain Regard », Thierry Frémaux, délégué général de l'événement, parle d'une « nouvelle génération tout à fait excitante », faisant référence au style de Dolan. Ce style qui impose déjà, aux yeux de plusieurs médias, blogs, sites internet, le sceau d'une voix authentique qui bien qu'elle ne fasse pas l'unanimité, ne laisse personne indifférent. Le film fait 130 000 entrées en France et 230 000 entrées dans l'ensemble de l'Union européenne.
Consécration en France (2011 – 2017)
En février 2011, il entreprend le tournage de Laurence Anyways, son troisième long métrage. Drame sentimental racontant l'histoire d'une femme trans et de sa conjointe dans les années 1990, le film est coproduit par Lyla Films et MK2, et entièrement tourné au Québec. Le film est sélectionné au Festival de Cannes 2012 dans la section « Un certain regard ». Lors de la présentation du film, il porte avec toute l'équipe du film le « carré rouge » en soutien du Printemps érable. En France, le film reçoit un accueil critique favorable. Olivier Père juge le film enthousiasmant. Sur Slate.fr, Jean-Michel Frodon regrette que le film n'ait pas été sélectionné en compétition officielle et Julien Gester (Libération) considère Laurence Anyways comme le plus beau film de Xavier Dolan. Toutefois, avec 30 000 entrées au démarrage en France (74 000 au total), le succès public est relatif. Le long métrage obtient le prix du meilleur film canadien au festival international du film de Toronto. Une décision unanime des membres du jury déclarant : « For its breathless cinematic energy and its entirely new love story, the jury felt honoured to watch such unfettered genius at play. (L'énergie cinématographique qui s'en dégage est à couper le souffle, c'est un nouveau genre d'histoire d'amour, nous avons été honorés de pouvoir regarder ce grand génie à l'œuvre). »
En mai 2012, Dolan annonce qu'il travaille sur un quatrième film, lequel sera une adaptation de la pièce de Michel Marc Bouchard : Tom à la ferme.
En mars 2013, Xavier Dolan réalise le clip de la chanson College Boy du groupe Indochine. Il y montre un adolescent, incarné par Antoine Olivier Pilon, frappé et humilié par ses camarades d'école. Début mai 2013, le conseil supérieur de l'audiovisuel français (CSA) envisage d'interdire le clip aux moins de 16 ans ou aux moins de 18 ans. Xavier Dolan justifie son choix en expliquant que la violence montrée dans le clip n'est pas gratuite mais destinée à dénoncer cette même violence et il ajoute que cette prise de position du CSA n'a finalement donné qu'une plus grande visibilité à son travail.
En 2013, son quatrième film Tom à la ferme est présenté en sélection officielle à la Mostra de Venise où il reçoit le Prix FIPRESCI. Le réalisateur, scénariste et acteur qualifie cette récompense « d'honneur très singulier et appréciable ». Il est aussi coproducteur de son film, via sa société Sons of Manual (clin d'œil à son père, Manuel).