Xanten est une ville d'Allemagne, située en Rhénanie-du-Nord-Westphalie, dans l'arrondissement de Wesel et le district de Düsseldorf. Son territoire s'étend sur la rive gauche du Rhin, dans la région du Rhin inférieur. Elle compte 21 179 habitants au 31 mars 2026 pour une superficie de 72,43 km2.
L'histoire de Xanten est notamment marquée par l'importante présence romaine sur son territoire. Les camps militaires de Vetera et la ville de la Colonia Ulpia Traiana comptent parmi les principaux sites romains du Rhin inférieur. Le site de la colonie est aujourd'hui occupé par le parc archéologique de Xanten. Les vestiges romains de la région s'inscrivent dans le Limes de Germanie inférieure, inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l'Unesco en 2021.
Le territoire communal est divisé en six arrondissements municipaux (Stadtbezirke) : Birten, Lüttingen, Xanten, Wardt, Marienbaum et Vynen/Obermörmter.
Rafael Zur, candidat de la liste locale Forum Xanten (FoX), est élu maire lors du second tour du 28 septembre 2025, avec 63,61 % des suffrages exprimés.
L'histoire romaine de Xanten commence avec l'installation de légions sur le Rhin inférieur sous le règne d'Auguste. Vers 13 ou 12 av. J.-C., un premier camp légionnaire est établi sur le Fürstenberg, près de l'actuel quartier de Birten. Au Ier siècle, le camp de Vetera I, pouvant accueillir deux légions, devient l'une des principales bases militaires romaines de la région. Une agglomération civile se développe à proximité.
Le camp de Vetera I et l'établissement civil sont détruits pendant la révolte des Bataves de 69-70. Un nouveau camp, Vetera II, est édifié sur un autre emplacement. Environ trente ans plus tard, sous l'empereur Trajan, l'agglomération civile reçoit le statut de colonie sous le nom de Colonia Ulpia Traiana. La nouvelle ville couvre environ 73 hectares et connaît son apogée au IIe siècle. La Legio XXX Ulpia Victrix est stationnée à Vetera II à partir d'environ 122 et y demeure pendant près de deux siècles.
La stèle funéraire du centurion Marcus Caelius, découverte près de Vetera I, commémore sa mort lors de la bataille de Teutobourg en l'an 9. Elle constitue le seul témoignage épigraphique connu mentionnant directement le bellum Varianum.
À la fin du IIIe siècle, la Colonia Ulpia Traiana et Vetera II sont envahies et partiellement détruites par les Francs. Une agglomération fortifiée beaucoup plus petite est ensuite aménagée à l'intérieur de l'ancienne ville ; elle portait probablement le nom de Tricensimae. Les découvertes archéologiques indiquent un déclin progressif de la vie urbaine au cours du IVe siècle.
Après la fin de la présence romaine, des populations franques s'installent dans la région. Le nom de Xanten dérive de l'expression latine ad sanctos (« auprès des saints »), qui renvoie aux tombes de martyrs chrétiens que la tradition locale situait dans une nécropole de l'Antiquité tardive. Des édifices commémoratifs y sont attestés à partir du Ve siècle, puis un établissement religieux est fondé au VIIIe siècle.
Une agglomération médiévale se développe autour de l'établissement religieux qui précède la collégiale Saint-Victor. Le 15 juillet 1228, l'archevêque de Cologne Henri Ier de Müllenark accorde à Xanten les droits urbains sur le modèle de Neuss.
La tradition littéraire médiévale associe également la ville à Siegfried : la Chanson des Nibelungen, composée autour de 1200, situe à Xanten la patrie du héros.
En 1392, l'archevêque de Cologne et le comte de Clèves se partagent l'administration de Xanten. En 1444, dans le contexte de la faide de Soest, la ville passe entièrement sous l'autorité du duché de Clèves.
Le déplacement progressif du cours du Rhin vers l'est prive ensuite Xanten d'une importante voie de communication et contribue à son déclin économique à partir du XVIe siècle.
Le 12 novembre 1614, le traité de Xanten intervient dans le règlement de la guerre de succession de Juliers. Il attribue notamment Clèves, et donc Xanten, à l'électeur de Brandebourg, tandis que Juliers et Berg passent au Palatinat-Neubourg.
Xanten est placée sous administration française de 1794 à 1814. En 1802, les établissements religieux de la ville, dont le chapitre de Saint-Victor, sont supprimés dans le cadre de la sécularisation.
En 1891, le meurtre de Johann Hegmann, un garçon de cinq ans, provoque l'affaire de Xanten. Le boucher juif Adolf Buschhoff est accusé sans fondement de « meurtre rituel », dans un contexte d'importante agitation antisémite. Il est finalement acquitté en juillet 1892. Sous le régime national-socialiste, les Juifs de Xanten sont victimes de persécutions, d'expulsions et de déportations ; plusieurs anciens habitants de la ville sont assassinés pendant la Shoah.
En 1937, l'église Saint-Victor, communément appelée le « Xantener Dom », reçoit du pape Pie XI le titre de basilique mineure.
À la fin de la Seconde Guerre mondiale, Xanten se trouve sur l'axe de l'offensive alliée vers le Rhin. Après de violents combats, la ville est prise le 8 mars 1945 par des unités canadiennes et britanniques. Environ 85 % de la ville est alors détruite. La conquête du secteur précède les opérations Plunder et Varsity, au cours desquelles les Alliés franchissent le Rhin les 23 et 24 mars.