Ce Jour-là

Winnie Mandela

Femme politique sud-africaine

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Winnie Mandela (de son nom de naissance Nomzamo Winifred Zanyiwe Madikizela), née le 26 septembre 1936 à Bizana (province du Cap) et morte le 2 avril 2018 à Johannesbourg (Gauteng), est une femme politique sud-africaine, membre et militante de l'ANC, présidente de la Ligue des femmes de l'ANC (1993-1997), députée et vice-ministre des Arts, de la Culture, de la Science et des Technologies ( 1994-1995) dans le gouvernement Mandela.

Deuxième épouse de Nelson Mandela (1957 à 1996) et mère de ses deux filles, Zenani et Zindzi, elle fut une militante active dans la lutte contre l'apartheid, en particulier durant les années d'incarcération de son mari et des chefs de l'ANC (emprisonnés à Robben Island) quand ces derniers n'étaient pas en exil (Oliver Tambo à Londres). À ce titre, elle fut régulièrement harcelée par les services secrets sud-africains, maintes fois arrêtée, détenue ou assignée à résidence.

Séparée de fait de son mari dès 1992, elle n'exerce pas le rôle de Première dame d'Afrique du Sud quand Nelson Mandela devient président d'Afrique du Sud en 1994, rôle qui est alors attribué à l'une de ses filles puis à Graça Machel que Nelson Mandela épouse en 1998 après avoir divorcé de Winnie deux ans plus tôt.

En raison de ses discours radicaux, de son comportement ou de ses reproches à Nelson Mandela pour avoir, selon elle, trop cédé aux Blancs sud-africains, Winnie Mandela est une « icône controversée » qui a fait l'objet de vives polémiques, y compris au sein de l'ANC, tout en lui attirant la sympathie d'une partie des catégories les moins aisées de la population sud-africaine .

Winnie Mandela est née Nomzamo Winifred Zanyiwe Madikizela dans le village de Bizana, dans la région du Pondoland (est de la province du Cap, futur Transkei (constituant aujourd'hui la majeure partie de la province du Cap-Oriental).

Elle travaille d'abord dans l'administration du bantoustan du Transkei, puis s'établit à Johannesbourg dans le Transvaal.

Elle passe un diplôme de travailleur social à l'école Jan Hofmeyer de Johannesburg, et des années plus tard, obtiendra une licence de relations internationales de l'université du Witwatersrand.

Activiste anti-apartheid et épouse de Nelson Mandela

Âgée de 22 ans, elle rencontre Nelson Mandela, figure de proue du congrès national africain (ANC) de dix-huit ans son aîné, qu'elle épouse en 1958 et avec lequel elle aura deux filles.

En 1964, Nelson Mandela est condamné à la prison à perpétuité (procès de Rivonia) et envoyé au pénitencier de Robben Island situé au large du Cap. Alors qu'elle n'est autorisée à venir voir son mari que deux fois par an, tous les six mois, à la prison de Robben Island, les autorités font tout pour compliquer les visites de Winnie Mandela qui est alors l'un des seuls liens de son mari vers l'extérieur.

Alors que l'ANC est une organisation interdite en Afrique du Sud à cette époque et que ses principaux leaders sont en prison ou en exil, Winnie Mandela continue son militantisme dans les townships. Avec Chris Hani (chef d’Umkhonto we Sizwe) et Oliver Tambo (chef de l'ANC en exil), elle coordonne la lutte armée et recrute des partisans. À cause de cet activisme, durant les années 1960 et 1970, les gouvernements sud-africains successifs utilisent toutes les palettes de l’arsenal répressif dont ils disposent pour casser Winnie Mandela.

Elle est constamment surveillée par des agents de renseignement, harcelée en permanence, menacée, et régulièrement dénoncée par des infiltrés. En 1969, elle est arrêtée, gardée 491 jours à l'isolement et torturée, avant d'être jugée et acquittée. Elle est de nouveau emprisonnée en 1974 pendant six mois, pour avoir violé l'ordre d'interdiction qui l'empêchait de recevoir quelqu'un chez elle hormis ses enfants et son médecin. Ses conditions de détention sont alors moins violentes que la première fois.

En 1976, les émeutes de Soweto contre l’enseignement de l’afrikaans permettent à Winnie Mandela d'accéder à une stature de niveau national. En 1977, dans une tentative de l'isoler de la lutte, elle est assignée à résidence dans la ville de Brandfort (État libre d'Orange), à plus de 100 km de chez elle, dans un lieu où elle ne connait personne et ne parle pas la langue locale. Elle y ouvrira une clinique et une crèche pour les résidents locaux, les initiant à la lutte contre l'apartheid. Elle est alors interdite de séjour à Soweto.

À partir de 1980, la campagne internationale « Free Mandela » est lancée. En 1982, Nelson Mandela est transféré sur le continent, dans la prison de haute sécurité de Pollsmoor. Deux ans plus tard, le couple connait ses premières « visites de contact ».

Surnommée « la mère de la nation », le discours de Winnie Mandela évolue vers le radicalisme. Sa réputation est endommagée quand elle endosse le slogan « un boer, une balle » mais surtout quand, dans un discours le 13 avril 1985 à Munsieville (en), elle justifie le supplice du pneu enflammé autour du cou des « traîtres » noirs. « Avec nos boîtes d'allumettes et nos pneus enflammés, nous libérerons ce pays ». Ces déclarations ne sont alors pas exactement dans la ligne de son mari. Pourtant, à la même époque, elle parvient à convaincre le ministre de la Justice, Kobie Coetsee, de venir rencontrer Nelson Mandela et discuter avec lui. Le régime d'incarcération de ce dernier est allégé. Il est bientôt installé dans une maison confortable, avec piscine, situé au sein du centre pénitentiaire de Victor Verster, aux environs du Cap. Niel Barnard, le chef des services de renseignements sud-africains, propose à Winnie Mandela de venir y vivre mais elle refuse catégoriquement.

Sa réputation est encore ternie en janvier 1989 quand son garde du corps, Jerry Richardson, l'accuse de lui avoir ordonné de tuer un jeune activiste de 14 ans, membre de l'ANC, Stompie Seipei Moketsi, qu'elle accuse d'espionnage au profit du gouvernement blanc. Il sera révélé par la suite que Jerry Richardson aurait été un agent de renseignement de la police, ce qu'aurait découvert Stompie Sepei. Paul Erasmus, ancien membre des forces de sécurité ayant participé à l'opération « Romulus » visant à discréditer Winnie Mandela dans les médias, affirme par la suite que tous les membres de la garde rapprochée de Winnie étaient des agents du gouvernement infiltrés, ses informateurs pour mener la campagne contre cette activiste considérée comme trop radicale. Toutefois, devant la commission vérité et réconciliation, il est moins affirmatif concernant le niveau d'infiltration. Le docteur Abu-Bakr Asvat, qui avait ausculté Stompie Seipei Moketsi, est lui aussi assassiné et les membres du Mandela United Football Club impliqués. Plusieurs membres de l'ANC manifestent leur exaspération et estiment que Winnie Mandela est devenue incontrôlable.

À la veille de la libération de Nelson Mandela, la tension est telle que plusieurs responsables de l'ANC font pression pour qu'elle ne sorte pas au bras de son mari, mais celui-ci refuse.

La période de transition (1990-1994)

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