Ce Jour-là

Willy Bal

Linguiste et écrivain belge

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Willy Bal, né le 11 août 1916 à Jamioulx (Ham-sur-Heure-Nalinnes, province de Hainaut) et mort le 18 août 2013 à 97 ans, est un écrivain belge de langue wallonne et un militant wallon.

Il est membre de l'Académie royale de langue et de littérature françaises de Belgique et de la Société de langue et de littérature wallonnes.

Willy Bal est né le 11 août 1916 au hameau d'Ôdrimont (Jamioulx). Descendant d'une famille de bucherons venus s'y installer au XVIIIe siècle en

provenance de Cerfontaine, il est le fils unique de Ghislaine Rosa Frederik (1882-1930) et de Jules Bal (1883-1973), bourgmestre de Jamioulx (de 1927 à 1932) et agent de change. Sa mère, elle, gère une petite ferme. Durant son enfance, ses parents s'adressent à lui en français, mais ses grands-parents sont de quasi unilingues wallons. Il baigne donc dans la variété locale de la langue wallonne.

Malgré le décès de sa mère alors qu'il n'a que quatorze ans, il poursuit des humanités gréco-latines au collège du Sacré-Cœur de Charleroi. L'un de ses professeurs, le père René Debauche lui fait découvrir la littérature wallonne et notamment Marcel Launay et Henri Simon. C'est à cette époque qu'il compose déjà son premier recueil, Oupias d'âvri.

En 1932, il entretient une correspondance avec un critique littéraire wallon, Gallus, qui publie dans la revue de la Jeunesse étudiante catholique Le Blé qui lève. Derrière ce pseudonyme se cache Maurice Piron, qui l'encourage dans sa vocation littéraire. Une forte amitié se noue entre eux dès cette époque.

Peu de temps après, présenté à Jean Haust par Maurice Piron, il devient, à 17 ans, le plus jeune enquêteur de l'Atlas linguistique de la Wallonie. Il entame, la même année, des études de philologie romane à l'Université catholique de Louvain. Déjà intéressé par la littérature, il devient le directeur du journal de la Fédération wallonne des étudiants, L'Ergot. Frappé par la qualité de la langue wallonne, il entreprend d'adapter le roman Aline de Charles Ferdinand Ramuz.

À la suite d'encouragements d'Alphonse Bayot, Willy Bal consacre son mémoire de licence au parler régional de Jamioulx, dont il étudie la morphologie. Il est promu licencié en 1937. Il poursuit ensuite ses études et obtient le diplôme de docteur en philosophie et lettres en juillet 1938, avec la plus grande distinction. Il n'a alors que 21 ans. Sa thèse de doctorat prolonge son mémoire et consiste en l'étude complète de son parler local, celui de Jamioulx. Cette thèse, primée en 1939 par l'Académie royale de langue et de littérature françaises de Belgique, fournit une bonne partie de la matière de son Lexique du parler de Jamioulx, que la Commission royale de toponymie et de dialectologie publie en 1949.

À côté de ses études, Willy Bal est très actif. Il assure les chroniques wallonnes dans la revue La Terre wallonne d'Élie Baussart ou encore sur les ondes de l'Institut national de radiodiffusion. Il travaille également régulièrement comme paysan ou comme bûcheron et tient à conserver ce lien avec la terre qui nourrissent ses recherches.

En 1938, ses études achevées, il effectue son service militaire. Le service est prolongé par la mobilisation puis la guerre éclate. En 1940, il est légèrement blessé au pied et fait prisonnier à la Bataille de la Lys où il commande un peloton dans le 12e régiment de Ligne de la 3e DI.

Il subit cinq années de captivité au stalag XIII B à Weiden in der Oberpfalz. Ces années inspireront plusieurs de ses œuvres, par exemple Au soya dés leus (1947) et Warum Krieg ? (1996).

À son retour en mai 1945, il reste officier dans l'armée d'occupation pour quelques mois encore. Au total, il sert durant 8 années dans l'armée.

Carrière professionnelle et académique

Après la Seconde Guerre mondiale, il est professeur et économe à l'Athénée royal de Marchin de 1946 à 1956. Là, il y enseigne le français et la morale. Il a également quelques tâches pour assumer l'intendance de l'internat. Avec son épouse, ils sont installés dans une petite ferme dont ils assument la gestion. Ces travaux, sa vie de professeur et sa vie de famille ne l'empêchent pas de continuer à publier régulièrement des études dialectales et ethnographiques et d'écrire des textes littéraires de grande valeur.

En 1956, il est nommé professeur à l'Université Lovanium au Congo belge, ce qui l'amènera à étudier la présence du portugais dans les langues africaines du Bas-Congo. Là-bas, il est chargé de fonder une section de philologie romane, la première en Afrique. Il occupe aussi le poste de doyen de la faculté de philosophie et lettres de 1962 à 1965.

Il rentre au pays en 1965, rappelé par l'Université catholique de Louvain. On lui confie la charge de grammaire comparée des langues romanes, de linguistique générale, mais aussi de portugais et de littérature wallonne, ces deux derniers cours étant spécifiquement créés pour lui. Il est également envoyé à Courtrai pour assumer quelques cours de français pour le compte de la KU Leuven. Son Introduction aux études de linguistique romane (1966) est devenu un classique auquel il faut joindre le Guide bibliographique de linguistique romane (1978) écrit avec Jean Germain, et la Bibliographie sélective de linguistique romane et française (1991; avec J. Germain, J. Klein, P. Swiggers). Il travaille également sur l'histoire du mouvement wallon et publie La faillite de 1830 ? Elie Baussart, La Terre wallonne et le mouvement régionaliste.

Il vit au premier plan la question de la scission de l'Université de Louvain. En 1968, il devient doyen de la Faculté de Philosophie et lettres de la toute jeune Université Catholique de Louvain-la-Neuve. De 1970 à 1973, il est également vice-président du Conseil académique. Il assume la double mission jusqu'en 1973. Il fonde également un centre d'études portugaises à l'UCL.

Au terme de sa carrière académique, en 1984, il est admis à l'éméritat. À cette occasion, ses élèves et ses collègues lui offrent un recueil de Mélanges : Langues et cultures. Mélanges offerts à Willy Bal. Il enseigne cependant encore à l'Université de Trèves, où il prend en charge un cours sur les langues africaines.

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