Ce Jour-là

William Smith Clark

Chimiste américain

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William Smith Clark, né le 31 juillet 1826 et mort le 9 mars 1886, est un scientifique américain. Également colonel pendant la guerre de Sécession et membre de la Chambre des représentants du Massachusetts, il contribue à la création d’établissements d’enseignement supérieur voués à l’agriculture dans le Massachusetts ainsi qu'au Japon.

Il est connu pour son implication dans le développement de l’agriculture dans le Massachusetts, notamment par sa contribution pour la création du collège d’agriculture d’Amherst, qu’il dirige quelques années. Il est appelé en 1876 par le gouvernement japonais pour développer l’agriculture à Hokkaidō, et y participe en aidant à la création du collège d'agriculture de Sapporo. Il y mène par ailleurs une activité de prosélytisme chrétien.

Les dernières années de sa vie sont affectées par son implication dans une société d’exploitation de mines en Amérique du Nord qui périclite en 1882 en raison de la mauvaise gestion de son associé et le conduit à la ruine. Il meurt peu après en 1886.

Fils d’un médecin de campagne, Atherton Clark, et de Hariett Smith Clark, William Smith Clark est né à Ashfield dans le Massachusetts. Sa famille déménage à Easthampton Massachusetts aux environs de 1834. Il est par la suite formé au séminaire de Williston dans cette même ville, actuelle école de Williston Northampton, avant d’entrer au collège d’Amherst. Là, il intègre la fraternité étudiante de Phi Beta Kappa, et sort diplômé de l’établissement en 1848. Il commence sa carrière au séminaire de Williston comme professeur de chimie de 1848 à 1850. En 1851, il quitte cet établissement pour reprendre ses études en chimie et en botanique à l’université de Göttingen en Allemagne où il décroche un doctorat en chimie en 1852.

À son retour à Amherst en 1852, il reprend des activités professorales en enseignant la chimie analytique et appliquée au collège d’Amherst, et y occupe cette fonction jusqu’en 1867. Il y enseigne par ailleurs la zoologie de 1852 à 1858, et la botanique de 1854 à 1858. Peu après sa nomination, il entreprend aussi de promouvoir l’enseignement de l’agriculture, un sujet auquel il a été sensibilisé lors de ses études à Göttingen. Il prend ainsi la tête au collège d’Armherst d’une toute nouvelle division des sciences pour l’étude pratique et théorique de l’agriculture. Ce programme ne rencontre pas le succès escompté, mais fait prendre conscience à Clark qu’un nouveau type d’institution serait nécessaire pour pouvoir développer cette formation.

Il est membre du board of agriculture du Massachusetts de 1859 à 1861, et est président du board of agriculture du New Hampshire de 1860 à 1861, puis de nouveau de 1871 à 1872. Grâce à ces mandats il obtient le soutien nécessaire à la création d’un collège d’agriculture au Massachusetts.

Le 25 mai 1853, soit quelques mois après son retour d’Allemagne, Clark épouse Hariet Keopuolani Richards Willinston, fille de William et Clarissa Richards, missionnaires américains au royaume d'Hawaï. En 1838, Harriet et son frère Lyman sont envoyés depuis Hawaï et pris en charge par l’industriel Samuel Willinston, et sont scolarisés au séminaire Willinston d’Easthampton. William Richards meurt en 1847 à Hawaï, et sa femme Clarissa y reste quelques années après sa mort. Il est alors convenu que Williston adopterait Hariet et Lyman Richards.

Le beau père adoptif de Clark, Samuel Williston, devient un appui important pour sa carrière, Willinston étant par ailleurs le principal donateur du collège d’Amherst, ainsi qu’une figure importante de l’ouest du Massachusetts.

William et Harriet Clark ont onze enfants, dont sept seulement atteignent l’âge adulte. Leur fille aînée, Emily Willinston Clark, épouse F. W. Stearns, le fils d’un important commerçant et propriétaire de la chaîne de magasins R. H. Stearns. Un autre de leurs enfants, Hubert Lyman Clark, devient par la suite un zoologiste de premier plan.

Clark, qui défend l’Union, prend part aux exercices d’instruction organisés pour les étudiants au collège d’Amherst, ce qui permet de recruter efficacement plusieurs étudiants. En août 1861, il reçoit la charge de major du 21e régiment d’engagés volontaires du Massachusetts ; il y sert pendant deux ans, accédant au grade de lieutenant-colonel en 1862, puis de colonel la même année.

Pendant ses premiers mois de service, le 21e régiment tient garnison à l’académie maritime des États-Unis à Annapolis dans le Maryland. En janvier 1862, le régiment est rattaché à la Coast Division commandée par le major général Ambrose Burnside, et est embarqué avec cette division pour des opérations en Caroline du Nord. Clark prend le commandement du régiment en février 1862, et le dirige lors de la bataille de New Bern le 14 mars 1862. Il y obtient une réputation d’homme courageux lorsque, à la suite de la charge de son régiment sur des pièces d’artillerie détenues par les Confédérés, il capture avec ses hommes la première pièce d’artillerie de la bataille. Il est par la suite décoré par le général Burnside au collège d’Amherst, en l’honneur de l’adjudant du 21e régiment et fils du président du collège Frazar Stearns, tué lors de cette bataille. Le canon capturé lors de l’assaut est alors exposé dans le hall Morgan du collège.

Le 21e régiment est ensuite transféré dans le nord de la Virginie en juillet 1862, puis intégré dans l’armée du Potomac et participe ainsi à quelques-unes des plus grandes batailles de la guerre : la seconde bataille de Bull Run, celle d’Antietam, ou encore celle de Fredericksburg. Le régiment subit ses pires pertes lors de la bataille de Chantilly le 1er septembre 1862. Dans la confusion de la bataille qui se déroule dans des bois épais lors d’un orage, il est séparé du reste de son régiment et reste quatre jours sans parvenir à rejoindre le reste de l’armée. Il est alors listé à tort parmi les pertes humaines, et un journal d’Amherst titre sa rubrique nécrologique « Un autre héros disparu ».

L’enthousiasme de Clark faiblit considérablement après la bataille de Fredericksburg lors de laquelle l’armée de l’Union subit des pertes importantes à la suite de charges répétées contre une muraille de pierre solidement fortifiée. Dans une lettre de janvier 1863 à un ami, Clark écrit que bien qu’il « trouve les principes de [son] combat bons et honorables », il est dans le même temps « déçu et choqué » par le gouvernement et l’armée. En avril 1863, le nombre de soldats encore actifs dans le 21e régiment est si réduit en raison des pertes humaines que le régiment est virtuellement réduit à néant, et le commandement de Clark n’est plus que théorique. Il démissionne donc et retourne dans le Massachusetts.

Collège d'agriculture du Massachusetts

Les premières actions visant à la création d’un établissement d’enseignement spécialisé dans l’agriculture dans le Massachusetts remontent aux années 1830, bien avant l’implication de Clark. Les leaders du mouvement étaient alors des personnalités comme Marshall Wider, un riche marchand de Boston et président de la société agricole de Norfolk, et le juge Henry Flagg French, qui allait devenir le premier président du collège d’agriculture du Massachusetts à sa création. Leurs actions ne rencontrent que peu de succès jusqu’au passage de la Morrill Land Grant Act de 1862. Cette loi, défendue par le parlementaire Justin Smith Morrill, alloue alors des terres fédérales à chaque État dans le but de créer des collèges « dédiés aux arts de l’agriculture et de la mécanique ». L’État du Massachusetts la soutient par le biais de ses représentants, et le collège d’agriculture du Massachusetts est créé en avril 1863.

Les personnes soutenant l’enseignement de l’agriculture, y compris Clark, sentaient que le progrès scientifique laissait alors de côté les fermiers. Clark en particulier, se lamentait que les fermiers de son État avait un accès limité à l’enseignement supérieur, et que par conséquent la profession périclitait économiquement comme intellectuellement :

« Le temps venant, les influences vivifiantes et inspirantes d’un enseignement supérieur intellectuellement comme esthétiquement auront un effet qui sera considéré comme désirable pour l’agriculture, comme cela a déjà été le cas auparavant pour la médecine, le droit, ou la théologie… Mais si les fermiers doivent demeurer coupés de toutes formes d’enseignement supérieur, et doivent se limiter à la discipline mentale et à la culture des écoles publiques de la campagne, ils ne pourront jamais occuper la place qui est la leur dans la société. »

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