Ce Jour-là

William Rehnquist

Juge de la Cour suprême des États-Unis

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William Hubbs Rehnquist, né le 1er octobre 1924 à Milwaukee et mort le 3 septembre 2005 dans le comté d'Arlington, est un juriste américain, président de la Cour suprême des États-Unis de 1986 à 2005.

Nommé par Richard Nixon juge à la Cour suprême en 1972, il est nommé président de la juridiction par Ronald Reagan en 1986. Il est le président de la Cour suprême au mandat le plus long depuis Melville Fuller, mort en 1910, dépassé depuis par son successeur John G. Roberts, Jr. comme président de la Cour suprême des États-Unis.

Rehnquist naît à Milwaukee, dans l'État du Wisconsin. Il étudie ensuite au Kenyon College, pendant un an, avant d'entrer dans l'U.S. Army Air Force. Il est agent météo en Afrique du Nord au cours de la Seconde Guerre mondiale de 1943 à 1946.

À la fin de la guerre, Rehnquist intègre l'université Stanford, grâce au G.I. Bill. Il obtient en 1948 une licence et une maîtrise en sciences politiques. En 1950, Rehnquist est admis à l'université Harvard, où il obtient une maîtrise en administration. Il retourne ensuite à Stanford pour des études à la faculté de droit, où il croise Sandra Day O'Connor, future juge de la Cour suprême des États-Unis, et sort major de la promotion.

De 1951 à 1952, Rehnquist travaille à Washington D.C. en tant qu'assistant de Robert Jackson, juge à la Cour suprême. Il y écrit une note contre la déségrégation dans les écoles, alors que la Cour suprême débat du cas Brown v. Board of Education. Plus tard, Rehnquist explique que cette note reflétait l'opinion de Jackson, et non la sienne propre, ce qui est contredit par l'historien et secrétaire juridique de Jackson, Mark Tushnet.

De 1953 à 1969, Rehnquist déménage à Phoenix (Arizona), et travaille à son compte. À cette époque, il milite aussi au sein du Parti républicain en tant que conseiller juridique de la campagne présidentielle de Barry Goldwater de 1964.

Au cours des auditions au Sénat précédant sa nomination en tant que Président de la Cour suprême en 1986, plusieurs personnes témoignent de manœuvres de Rehnquist visant à décourager les électeurs appartenant aux minorités de voter lorsqu'il sert comme surveillant de bureau de vote au début des années 1960. Cependant, ces allégations ne décrivent pas de comportement illégal, et Rehnquist a toujours nié intégralement ces accusations.

Service au ministère de la Justice et à la Cour Suprême

Lorsque Nixon est élu président en 1968, Rehnquist revient travailler à Washington. Il est d'abord Assistant Attorney General du bureau des Legal Counsel, de 1969 à 1971. À ce poste, il est le principal juriste du procureur général des États-Unis de l'époque, John Newton Mitchell. Le président Nixon l'appelle par erreur « Renchburg » dans plusieurs enregistrements de conversations dans le Bureau ovale, révélées durant l'enquête du Watergate. Nixon le nomme juge assesseur à la Cour suprême afin de remplacer John Marshall Harlan III à la suite de la démission de ce dernier, et ce choix est confirmé par le Sénat par 68 voix contre 26 le 10 décembre 1971. Rehnquist entre effectivement en fonction le 7 janvier 1972. Deux juges ayant démissionné, Nixon nomme en même temps Lewis Franklin Powell.

Dans la Cour présidée par Warren Earl Burger, Rehnquist se montre rapidement comme le plus conservateur des nommés de Nixon, en ayant une interprétation stricte du dixième amendement de la Constitution des États-Unis, et en attachant beaucoup d'importance aux droits des États et leurs pouvoirs. Il vote ainsi contre un développement de la déségrégation dans les écoles, contre la légalisation de l'avortement en 1973 (Roe v. Wade), mais en faveur de la prière à l'école et de la peine capitale. Il soutient en 1980 l'arrêt Diamond v. Chakrabarty, qui autorise la brevetabilité du vivant. La Route de la servitude est l'essai qui l'inspire pour sa philosophie juridique.

Lorsque Warren Burger se retire en 1986, Ronald Reagan, alors président des États-Unis, nomme Rehnquist pour le remplacer comme chief justice. Malgré quelques controverses — il est accusé de parjure pour son opinion sur Brown —, il est confirmé par le Sénat par 65 voix contre 33, et entre en fonction le 26 septembre. Le siège de Rehnquist est alors pris par Antonin Scalia.

Lorsqu'il devient le président de la Cour, Rehnquist continue à la pousser vers une vision plus large du droit des États dans le système fédéral américain en favorisant les législatures d'État. Il écrit notamment la décision United States v. Lopez, prise à une majorité de 5 contre 4 en 1995, annulant une loi fédérale car elle dépasse la compétence du Congrès définie par la clause de commerce. Ces revirements sont sans précédent depuis le New Deal et les juristes théorisent un « nouveau fédéralisme ». Rehnquist ouvre aussi la voie à une plus grande implication de l'État dans le soutien aux religions, écrivant une autre décision prise par une majorité de 5 voix contre 4, en 2002 cette fois-ci, Zelman v. Simmons-Harris, approuvant le soutien par l'État d'écoles paroissiales. Toujours avec cette majorité serrée, il décide en 2000 d'interrompre le recompte de l'élection avec la décision controversée Bush v. Gore. Il pousse en effet la Cour dans une doctrine nettement plus conservatrice, votant en bloc avec quatre juges assesseurs : Scalia, O'Connor, Kennedy et Thomas. Il est reconnu qu'il applique une vision pragmatique, qui se contredit quelquefois lors de l'originalisme mais Rehnquist cherche l'équilibre des opinions avec les autres juges et n'est pas aussi conservateur que Scalia et Thomas.

William Rehnquist fait confectionner une robe spécialement conçue pour lui en tant que président de la Cour en 1994, avec quatre barres dorées sur chaque épaule. Par le passé, le président n'était pas vêtu différemment des autres juges. La robe de Rehnquist est taillée à partir d'un modèle qu'il a vu dans l'opérette de Gilbert et Sullivan Iolanthe, jouée pour la première fois à Londres en 1882. Le costume qui inspire celui de Rehnquist est porté par le Lord Chancellor (ministre de la justice britannique), qui est dans la pièce appelé afin de résoudre une série de disputes.

Rehnquist n'est que le second président de la Cour suprême des États-Unis (après Salmon Portland Chase) à présider une procédure d'impeachment présidentielle, au cours du procès de Bill Clinton en 1999.

Il écrit des essais sur la Cour suprême, l'élection présidentielle de 1876 et sur les impeachments de Samuel Chase et Andrew Johnson.

William Rehnquist est pendant longtemps cité comme pouvant avoir été la source appelée Gorge Profonde du scandale du Watergate. En février 2005, quelqu'un révèle qu'il est gravement malade, et du fait du cancer de la thyroïde avancé de Rehnquist, beaucoup pensent avoir identifié Deep Throat (Gorge profonde) en sa personne. Cependant, le 31 mai 2005, le journaliste Bob Woodward confirme que Deep Throat est W. Mark Felt, ancien directeur adjoint du FBI.

William Rehnquist épouse Natalie Cornell en 1953. Elle décède d'un cancer des ovaires le 17 octobre 1991. Ils ont eu trois enfants : James, Janet, et Nancy. Sa fille Janet est une ancienne inspectrice générale du ministère de la Santé.

Il passe souvent l'été dans le Vermont.

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