Ce Jour-là

William Hogarth

Peintre et graveur anglais (1697-1764)

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William Hogarth, né le 10 novembre 1697 à Londres et mort le 26 octobre 1764 à Chiswick, est un graveur, peintre, et philanthrope anglais.

Enfant de la Glorieuse Révolution, très tôt reconnu par la critique et identifié en France dès 1753 par Denis Diderot comme un brillant esprit, Hogarth est un artiste complet, qui embrassa plusieurs modes d'expression, et dont l'influence se perpétue jusqu'au début du XXIe siècle. Premier artiste libre et singulier de l'école anglaise de peinture, fondateur de la St Martin's Lane Academy, il n'hésite pas à utiliser la presse et ses réseaux d'amis pour défendre ses idées, tout en exprimant, tant par la plume que par le burin et le pinceau, les errances, les plaisirs et les contradictions morales de son époque.

William Hogarth naît le 10 novembre 1697 dans la paroisse de St Bartholomew-the-Great, dans le quartier de Bartholomew Close, à Londres, à une époque appelée la « Glorieuse Révolution », qui voit, sur le plan de la politique intérieure anglaise, s'affronter à la tête du pouvoir régalien, anglicans et catholiques. À la suite de la répudiation définitive des Stuart, les grands propriétaires terriens tiennent le Parlement et affirment leur indépendance vis-à-vis de la monarchie. Par ailleurs, le XVIIIe siècle va être le théâtre de fortes tensions entre la Grande-Bretagne et la France ; Hogarth sera témoin de trois guerres : la guerre de Succession d'Espagne (1701 – 1714), la guerre de Succession d'Autriche (1740 – 1748) et la guerre de Sept Ans (1756 – 1763).

Le père de William, Richard Hogarth, originaire du Westmorland, est un professeur de latin et rédacteur de manuels d'enseignement. Avec Ann Gibbons, ils ont trois enfants : William, Mary et Ann. Le père fait modestement vivre sa famille de son métier de maître d'école. Il décide d'ouvrir en 1703 une sorte de coffee-house réservée aux adeptes de la langue latine, mais il fait faillite en 1707 et écope de cinq ans de prison à Fleet pour dettes : son épouse Ann et ses trois enfants sont contraints de vivre à proximité de la prison dans un local réservé aux familles de débiteurs. En 1712, Richard est libéré et devient correcteur d'épreuves d'imprimerie ; la famille emménage sur Long Lane, quartier de Smithfields (celui des graveurs et des orfèvres).

L'aristocratie investit dans des propriétés rurales, laissant l'industrie et le commerce se développer dans la capitale. Dans ce contexte, les nouveaux bourgeois sont dépensiers, ce qui crée un marché propice à l'art du graveur, également favorisé par la demande populaire de gravures d'actualité et d'estampes satiriques. Peu adapté au système éducatif mais doté d'une perception aiguë du monde qui l'entoure, William Hogarth dessine beaucoup et rend régulièrement visite à l'atelier d'un peintre local. Pour échapper à la pression de son père, il entre à l'âge de quinze ans environ comme apprenti dans l'atelier d'Ellis Gamble, orfèvre et graveur sur métaux (actif de 1712 à 1733), membre de la Merchant Taylor's Company, sur Blue Cross Street (Leicester Fields), chez qui il semble qu'il se soit installé. Il grave des emblèmes sur des pièces d'orfèvrerie en or et argent jusqu'en 1720, des armoiries, des cartes-adresses (trade cards), petites pièces de gravure reportée sur papier épais destinées aux artisans et fournisseurs londoniens, ainsi que des ex-libris. Hogarth, frustré par un travail trop cadré, appelle ces armoiries les « monstres de l'héraldique » et les spécialistes considèrent qu'il y a perdu de nombreuses années cruciales pour son développement comme artiste[réf. nécessaire]. Il développe néanmoins par lui-même des techniques peu orthodoxes, et son originalité comme artiste tient beaucoup à son pragmatisme et à son approche non conventionnelle de sa carrière.

En 1718, le père de William meurt. Le voici chargé de famille.

Décidé à gagner de l'argent par ses propres moyens et à aider ses proches, Hogarth se lance à son compte à partir d'avril 1720, date à laquelle il édite sa propre carte de négoce : installé chez sa mère, il se présente comme graveur, à l'enseigne du Golden Ball (« la boule d'or »), dans Cranbone Alley, sur Little Newport Street. Ses premiers clients sont des commerçants et des éditeurs. La même année, il entre à l'académie de peinture et de dessin, appelée The Academy for the Improvement of Painters and Sculptors by drawing from the Naked, fondée par Louis Chéron et John Vanderbank, préfiguration de la St Martin's Lane Academy, au moment où Londres est en proie à une fièvre financière qui conduit à l'effondrement durant l'automne de la South Sea Company, un désastre ruineux qui va traumatiser la capitale.

Le Londres artistique est, à cette époque, largement dominé par les influences étrangères : Français et Italiens s'en disputent les honneurs. Marco Ricci, un peintre vénitien qui produisait entre autres des caricatures s'inspirant de la vie artistique londonienne, reçut de nombreuses commandes de lord Burlington et devint la coqueluche de la ville. Sans aucun doute, Ricci plut beaucoup au jeune Hogarth.

Il exécute en 1721 sa première pièce gravée à connaître un certain succès, Emblematical Print on the South Sea Scheme, d'une part, parce qu'il inaugure là un nouveau genre avec une originalité qui trouve son public, l'image satirique, un genre repris des Hollandais, et d'autre part, parce qu'il va tenter de rompre le monopole du marché des estampes détenu par la Stationers' Company, et, s'associant avec ses amis graveurs, tel Bernard Baron, réveille le milieu londonien de l'illustration, plutôt conformiste. Durant les quatre années suivantes, il produit de nombreuses estampes satiriques, comme The Bad Taste of the Town et A Just View of the British Stage (1724), dont l'un des points d'ancrage est le théâtre (la scène mais aussi celui de la vie londonienne, de ses manies et ses hypocrisies).

Vers cette époque, il commence à fréquenter le Rose and Crown Club, et se lie aux artistes associés que sont Bernard Baron, George Vertue, Peter Tillemans, et Michael Dahl, entre autres membres.

En 1724, Hogarth découvre que sa gravure The Bad Taste of the Town a été piratée, fait d'autant plus rageant que c'était là sa première gravure originale qu'il lançait lui-même dans le commerce au prix d'un shilling. Le jeune homme entre cette même année dans l'académie de dessin fondée trois ans auparavant par James Thornhill à Covent Garden. Peu de temps après, Hogarth tombe amoureux et s'enfuit avec la fille du maître, Jane, qui, en conséquence, n'aura point de dot. De leurs côtés, les sœurs de William ouvrent une boutique de modiste sur Long Walk près de l'hôpital de St Bartholomew. En avril 1726, vont paraître dix-sept gravures destinées à l'illustration d'un ouvrage, le Hudibras, de Samuel Butler, qui lui fournit également le sujet de douze estampes publiées séparément, Les Croupions brûlent à Temple Bar (Burning ye Rumps at Temple Bar), vendues par le marchand Philip Overton.

Entretemps, il renonce à une commande de cartonnier en tapisserie en 1727, au prétexte qu'il est « un graveur, pas un peintre » : l'affaire tourne mal, et le conduit à un procès, qu'il remporte le 28 mai 1728.

Nullement courtisan, il produit des planches satiriques sur le roi George II, sur Henri VIII et Anne Boleyn, sur Horace Walpole (1726-1727).

Jane Thornhill et William se marient le 23 mars 1729 et emménagent non loin des Thornhill, à Little Piazza, face à Covent Garden.

Quelques mois plus tôt, il aurait été initié à la franc-maçonnerie : il entre à la loge de la Hand and Apple Tree Tavern, située sur Little Queen Street. Il abordera ce thème dans Four Times of the Day (Nuit, 4e moment), et obtient la protection du duc de Montagu, l'un des fondateurs de la Première Grande Loge d'Angleterre.

« Chaque figure, chaque détail, joue un rôle dans le récit de Hogarth, ce qui évidemment ne suffirait pas à faire un bon tableau. Ce qui est remarquable chez ce maître, c'est que, si excessivement préoccupé qu'il soit par son sujet, il ne cesse de s'exprimer en véritable peintre. Tout témoigne de sa maîtrise. »

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