Ce Jour-là

William Fisher (espion)

Espion soviétique

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William Guenrikhowitsch Fisher (en russe : Вильгельм Генрихович Фишер), né le 11 juillet 1903 à Newcastle upon Tyne au Royaume-Uni, mort le 15 novembre 1971 à Moscou, a été l'un des « illégaux » soviétiques les plus remarquables du XXe siècle, le chef d’un réseau clandestin d'espions soviétiques aux États-Unis sous les noms de code « Frank » et « Marc », ainsi que sous les identités usurpées d’Andrew Kayotis, de Martin Collins et d’Emil Robert Goldfus (également Goldfuss, Goldfuß). Lors de son arrestation par le FBI et du procès aux États-Unis en 1957, Fisher usurpait l’identité d’un autre collègue du KGB, le lieutenant-colonel Roudolf Ivanowitsch Abel (en russe : Рудольф Иванович Абель), mort en 1955, la gardant pour le restant de sa vie.

William Fisher naît le 11 juillet 1903 au no 140 de Clara street, à Benwell, à Newcastle upon Tyne, au Royaume-Uni.

Son père, Heinrich Fisher (Генрих Матвеевич Фишер), est un Russe allemand né en 1871 (il meurt à Moscou en 1935). Agitateur et compagnon de route de Lénine, Heinrich Fisher, le futur père de William, est arrêté par la police politique de l’Empire russe, l'Okhrana, en 1889 et condamné à trois ans d'exil. En 1901, il émigre de Russie au Royaume-Uni où, pendant vingt ans, il organise le mouvement syndical des ouvriers à Newcastle upon Tyne en tant que secrétaire d’une cellule du Parti social-démocrate. Il fait également de la contrebande d'armes vers la Russie. En 1922, il publie en allemand le livre « En Russie et en Angleterre » (« In Russland und in England », à propos de sa vie et de son travail à Newcastle).

La mère de William, Lubov Vassilievna (en russe Любовь Васильевна), est sage-femme. William a un frère aîné : Heinrich Fisher junior.

En 1919, âgé alors de 16 ans, William Fisher réussit l'examen d'entrée à l'université de Londres, mais il ne poursuit pas longtemps ses études. Il devient sujet de sa Majesté George V. Pour son passeport britannique, il change ses nom et prénom allemands Wilhelm Fischer contre leurs équivalents anglais – William Fisher[réf. nécessaire].

En 1920, toute la famille Fisher retourne en Russie bolchevique et, peu de temps après, son frère aîné se noie. La mort de Lénine, en 1924, fait perdre les appuis politiques du père de Fisher, qui passe de la capitale soviétique à la province de Vologda.

1920 – 1927 : premières années en Russie bolchevique

À Moscou, à l’âge de 17 ans, le jeune Fisher travaille d'abord comme traducteur au Komintern qui sert de vivier pour le personnel des services secrets soviétiques et pour le réseau d’espionnage à l’étranger au service du parti communiste. À cette période, la théorie dominante est celle de la révolution permanente de Léon Trotski et de la propagation inexorable du brasier du communisme dans le monde entier jusqu’à la victoire finale universelle. Pour la première fois, Fisher est formé aux méthodes d’espionnage par les tchékistes.

En 1924, en URSS, William réussit l'examen d'entrée à l’université orientaliste, où il passe une année à la faculté des études hindoues. Malgré de bons résultats, il ne veut pas continuer les études supérieures. Après avoir abandonné pour la seconde fois les études civiles, William Fisher sert dans l'Armée rouge en 1925-1926, officiellement comme opérateur radio au Premier régiment des télécommunications de la Circonscription militaire de Moscou. C’est le temps où l’Armée rouge commence la formation secrète de cadres militaires allemands sur le territoire de l’URSS en violation du traité de Versailles.

Après son service militaire, William ne reprend pas ses études à l’université. Il travaille quelque temps à l’Institut de recherches de l’aviation militaire de l’Armée rouge.

1927 : entrée aux services secrets bolcheviques

En 1927, William Fisher entre au Département étranger - INO (espionnage extérieur) du Guépéou, service de sécurité soviétique qui remplace la Tcheka. Son premier poste d’élément opérationnel auxiliaire est lié principalement aux télécommunications codées pour le service des « illégaux ».

Le jeune tchékiste William Fisher se marie à Moscou avec Eléna Stépanovna Lébédéva (en russe : Елена Степановна Лебедева), violoncelliste dans l'orchestre d'un théâtre pour enfants. Leur fille Evelyn naît en 1929.

1931 – 1934 : première mission d’espionnage à l’étranger

En 1931, William Fisher se rend en Norvège pour sa première mission secrète longue à l’étranger, avec sa femme et sa fille. Il y travaille pour le compte des réseaux des « illégaux » sous le nom de code « Frank ».

Sujet britannique depuis 1919, William Fisher renouvelle au Royaume-Uni son passeport britannique le plus simplement du monde. Ce document authentique à l’effigie du « British lion » permet à l’espion soviétique de voyager sans encombre sous son propre nom anglais dans différents pays européens (entre autres au Royaume-Uni, en France, en Allemagne et en Turquie). William Fisher participe à la mise en place du réseau des stations clandestines de radio. Pour des besoins opérationnels, il se fait passer de temps en temps pour un artiste car il sait très bien dessiner et faire des photos.

1935 – 1938 : opérateur radio des Cinq de Cambridge

En 1934, William Fisher revient en Union soviétique. Très rapidement, en 1935, il est envoyé de nouveau à l'étranger en mission secrète. Comme opérateur radio-chiffreur, il rejoint un réseau clandestin au Royaume-Uni et transmet de Londres à Moscou des informations qui lui viennent du groupe connu comme « Les Cinq de Cambridge », formé autour de Kim Philby.

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