Ce Jour-là

Wilhelm von Humboldt

Philosophe, linguiste et haut fonctionnaire prussien (1767–1835)

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Friedrich Wilhelm Christian Karl Ferdinand Freiherr von Humboldt, plus connu sous le nom Wilhelm von Humboldt (en français, Guillaume de Humboldt), né à Potsdam le 22 juin 1767 et mort à Tegel le 8 avril 1835, est un philosophe, linguiste et haut fonctionnaire prussien. Il fut à l'initiative et participa à la fondation de l'université de Berlin, dans le cadre de son projet de réforme libérale de l'éducation allemande et européenne.

Par ses contributions à la philosophie du langage, il est un pionnier des sciences de l'éducation. Il fut l'architecte principal du système prussien d'éducation, qui a inspiré les systèmes d'éducation de pays comme les États-Unis ou le Japon.

Né le 22 juin 1767 à Potsdam, Wilhelm von Humboldt est le fils du chambellan et major général prussien Alexander Georg von Humboldt (de) (1720-1779) et de Marie-Elisabeth von Humboldt. Sa mère organise son instruction en faisant appel à de nombreux professeurs. Son éducation et celle de son frère cadet Alexandre, sont confiées à Joachim Heinrich Campe, représentant du philanthropisme allemand, puis à Gottlob Johann Christian Kunth (de) de 1777 à 1788.

Il étudie les sciences, le grec et le français, reçoit une initiation à la philosophie et à l'administration. Il reste un semestre à l'université brandebourgeoise de Francfort, puis, durant trois semestres, étudie la philologie et les sciences à l'université de Göttingen avec Georg Christoph Lichtenberg.

Voyageur et haut fonctionnaire

En janvier 1789, Wilhelm von Humboldt entre au service de l'État prussien comme conseiller référendaire à la Cour d'appel de Berlin. Il quitte ce poste au bout d'un an.

Après la prise de la Bastille, en juillet 1789, il part pour Paris, avec J.H. Campe. De 1797 à 1799, Humboldt vit à Paris. Il voyage ensuite en Espagne et au Pays basque.

À partir de 1802, Humboldt est diplomate (ministre prussien plénipotentiaire) à Rome, puis ambassadeur à Vienne (1812) ; il participe au congrès de Prague en 1813. Représentant la Prusse, avec Hardenberg, au congrès de Vienne, il défend une ligne dure contre la France vaincue. Avec Heinrich Friedrich Karl vom Stein, il a une influence déterminante au sein du gouvernement jusqu'en 1819. Il se met ensuite en retrait, opposé aux idées réactionnaires qui prédominent.

Ministre prussien de l'Éducation en 1809-1810, il réforme le système scolaire. D'accord avec les idées de Johann Heinrich Pestalozzi, il envoie les professeurs prussiens étudier ses méthodes en Suisse.

En 1810, il fonde à Berlin, l'Alma Mater Berolinensis, université qui porte son nom.

Entre 1817 et 1818, il est envoyé de Prusse à Londres comme diplomate.

À partir de 1819, il se consacre à l'étude du langage. Il devient l'objet des moqueries de Chateaubriand.

Il est élu associé étranger de l'Académie des inscriptions et belles-lettres en 1825.

Il meurt le 8 avril 1835, à 67 ans, au château de Tegel (Humboldt Schlösschen), possession de la famille Humboldt depuis la fin du XVIIIe siècle.

Humboldt rejette toute philosophie systématique. Il s'intéresse à des domaines variés, de la sexualité à l'histoire, en passant par la religion.

Sans avoir connu Emmanuel Kant ou le Berlinois Moses Mendelssohn, doyens de la philosophie allemande, Humboldt les cite comme des influences majeures de son parcours intellectuel. La Critique de la raison pure d'Emmanuel Kant inspire sa pensée grammaticale, la deuxième et la troisième Critique son anthropologie et son esthétique. Humboldt est l'ami de Goethe et de Friedrich von Schiller : ils lui inspirent ses réflexions esthétiques.

En 1791-1792, il écrit son ouvrage À propos des limites de l'action de l'État, un plaidoyer en faveur des libertés des Lumières. Il prend la défense des libertés fondamentales : elles ne doivent être attribuées qu'après un examen minutieux de la situation de l'Homme et de son degré de maturité. Il esquisse les critères à respecter pour faire coïncider théorie et réalité de la nature humaine. Il ne donne pas de réponse à la question : comment élaborer une constitution « idéale », adéquate au développement optimal de l'homme. Cet ouvrage ne sera publié qu'en 1850 (après sa mort).

Humboldt influence l'essai À propos de la Liberté de John Stuart Mill : grâce à ce livre, ses idées pénètrent le monde britannique.

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