Ce Jour-là

Warren G. Harding

Homme d'État américain

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Warren Gamaliel Harding (/ˈwɔɹən ˈɡæməliəl ˈhɑɹdɪŋ/), généralement appelé Warren G. Harding, né le 2 novembre 1865 à Blooming Grove (en) (Ohio) et mort le 2 août 1923 à San Francisco (Californie), est un homme d'État américain. Membre du Parti républicain, il est le 29e président des États-Unis, en fonction du 4 mars 1921 jusqu'à sa mort.

Ancien journaliste et éditeur de presse, il entre en politique à la fin du XIXe siècle et devient sénateur des États-Unis pour l'Ohio de 1915 à 1921. Candidat républicain à l'élection présidentielle de 1920, il l'emporte largement sur le démocrate James Middleton Cox en promettant un « retour à la normale » après les années de guerre et de réformes progressistes de Woodrow Wilson.

Son mandat est marqué par une politique économique libérale et isolationniste, la création du Bureau du budget et plusieurs mesures conservatrices. Toutefois, son administration est rapidement éclaboussée par des scandales de corruption — notamment le scandale du Teapot Dome — impliquant plusieurs membres de son entourage, connu sous le nom de « Gang de l'Ohio ».

Alors qu'il tente de restaurer son image par une tournée dans le pays, Harding meurt subitement en août 1923, probablement d'une crise cardiaque. Son vice-président Calvin Coolidge lui succède à la présidence.

Warren Gamaliel Harding naît le 2 novembre 1865 à Blooming Grove (en), dans le comté de Morrow, dans l'Ohio. Ses parents, Phoebe Dickerson et George Harding sont tous deux médecins, sa mère ayant elle aussi obtenu le titre, rare à cette époque, grâce à son expérience de sage-femme. Il est l'aîné de six enfants et ses héros d'enfance sont Alexander Hamilton et Napoléon. Après ses études secondaires au « Central College » de l'Ohio, il commence à travailler et finit, à 19 ans, par racheter un journal local dont il est rédacteur pendant les cinq années suivantes.

À l'âge de 24 ans, Harding est sujet à une dépression nerveuse et passe plusieurs semaines dans un hôpital psychiatrique. Deux ans plus tard, il épouse Florence « Flossie » Mabel Kling DeWolfe, âgée de 30 ans, divorcée et mère d'un enfant. Florence DeWolfe avait hérité l'entêtement et le sens des affaires de son père et avait poursuivi Warren de ses ardeurs jusqu'à obtenir satisfaction. Son père était opposé au mariage et n'adressa pas la parole au couple pendant plusieurs années. Leur mariage n'est pas un exemple de passion amoureuse, Harding prêtant plus d'attention au poker et aux autres femmes qu'à la sienne.

Warren Harding est admis dans la franc-maçonnerie en 1901 mais, du fait de certaines inimitiés personnelles, son avancement au sein de sa loge est retardé jusqu'à sa nomination à la candidature présidentielle en 1920.

Son influence en tant qu'éditeur de journal lui permet d'être élu au Sénat de l'État de l'Ohio en 1899, puis lieutenant-gouverneur de l'Ohio (1903-1905). Dans les deux cas, ses états de service passent relativement inaperçus et il retourne à une vie normale en 1905.

Il se présente au Sénat en 1914 et reste sénateur jusqu'en 1921, devenant ainsi le premier sénateur en fonction à être élu président des États-Unis.

Comme au cours de son premier mandat de sénateur, il ne se distingue pratiquement que par ses absences lors des deux tiers des votes à main levée dont celui du XIXe amendement donnant le droit de vote aux femmes.

Élection présidentielle de 1920

Warren Harding était quasiment inconnu hors de son État et il n'obtient la nomination en tant que candidat du Parti républicain que grâce aux manœuvres de ses amis, en particulier les magnats du pétrole Harry Ford Sinclair et Edward L. Doheny qui corrompent les délégués à la convention républicaine de juin 1920, « afin de leur faire désigner un improbable candidat, qui se traîne en queue de peloton parmi les candidats républicains ». Questionné sur son passé pour s'assurer qu’il n'existait pas un épisode malencontreux que ses concurrents pourraient utiliser contre lui, Harding répond non à tout alors que ses études supérieures sont limitées, qu'il a souffert d'une dépression et passé plusieurs années en psychiatrie, que ses relations avec son épouse sont difficiles (il l'appelle « la duchesse »), qu'il était pendant longtemps l'amant de la femme d'un de ses amis et qu'il buvait de l'alcool pendant la prohibition (ce qu'il continuera à faire à la Maison-Blanche). L'opposition va mettre au jour ces insuffisances pendant sa présidence.

Le candidat démocrate aux élections de 1920 est le gouverneur de l'Ohio, James Middleton Cox (dont le colistier est Franklin Delano Roosevelt). En fait, ces élections sont un référendum sur la continuation ou non de la politique progressiste de Woodrow Wilson. Le programme de Harding de « retour à la normale » (Return to normalcy) est isolationniste, centré sur les WASP et sur la non-intervention de l'État fédéral dans les affaires intérieures.

Pendant la campagne électorale, la rumeur prétend que le trisaïeul de Warren Harding est un Noir des Caraïbes et que d'autres Noirs se cachent dans son arbre généalogique. En réponse, le responsable de sa campagne annonce qu'« Aucune famille de l'État de l'Ohio n'a un passé aussi clair et honorable que les Harding, des pionniers aux yeux bleus et au sang pur issus de la Nouvelle-Angleterre et de la Pennsylvanie ». En privé, Warren Harding admettra toutefois la possibilité qu'un de ses ancêtres ait pu franchir la barrière des couleurs.

Warren G. Harding est élu très facilement. Dans l'ensemble, son programme, basé sur le « retour à la normale » (sous-entendu, à l'isolationnisme après les ingérences de Woodrow Wilson dans la politique européenne), recueille l'adhésion d'une opinion publique qui n'a pas apprécié l'interventionnisme américain durant la Première Guerre mondiale. Eugene Victor Debs, le candidat du Parti socialiste, en prison pendant le vote, obtient quant à lui 3 % des suffrages.

Investi le 4 mars en tant que vingt-neuvième président des États-Unis, Harding commence son mandat par des lois qui isolent les États-Unis. Sur le plan intérieur, il favorise la politique du laissez-faire et les trusts, entame une politique contre les drogues et l'alcool, mais se laisse surtout déborder par de multiples scandales l'impliquant par son entourage proche. C'est en voulant faire une tournée dans le pays pour améliorer son image qu'il tombe malade et meurt avant d'achever son mandat.

En raison de la brièveté de son mandat et de son manque d'intérêt pour la politique étrangère, Harding n'a laissé que peu de marque dans ce domaine. Sa présidence marque tout de même une nette rupture avec la phase d'interventionnisme wilsonien.

Ainsi, dès le 19 mai 1921, il signe une loi restreignant l'immigration annuelle en fonction de la nationalité. Cette loi gêne l'immigration en provenance des pays d'Europe du Sud et d'Europe centrale favorisant du coup les pays du Nord de l'Europe. Une semaine plus tard, le Congrès augmente les droits de douane afin de protéger l'économie. En juillet, sans avoir réglé la question de la réparation des dommages de guerre, il signe une résolution déclarant officiellement la fin de la guerre avec l'Allemagne, et inaugure la tombe d'un soldat inconnu au cimetière national d'Arlington prélevé dans un cimetière français, le 11 novembre 1921. Il laisse la main à son secrétaire d'État, ministre des Affaires étrangères (Charles Evans Hughes), qui négocie, à la conférence navale de Washington de 1921-1922, une limitation des flottes militaires en vue de réduire les tensions existantes entre les États-Unis, le Royaume-Uni et le Japon dans le Pacifique, et il met fin le 10 janvier 1923 à l'occupation américaine en Allemagne.

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