Ce Jour-là

Warren Beatty

Acteur et cinéaste américain

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Warren Beatty ([ˈwɔɹən ˈbeɪti]) est un acteur, réalisateur, producteur et scénariste américain, né le 30 mars 1937 à Richmond.

Cinéaste et acteur dont la carrière s’étend sur plus de soixante ans, Beatty fait ses débuts d'acteur alors qu'il est encore adolescent, dans le drame d'Elia Kazan La Fièvre dans le sang (1961). Il joue ensuite dans le drame de John Frankenheimer L'Ange de la violence (1962), le western de Robert Altman John McCabe (1971), le thriller politique d'Alan J. Pakula À cause d'un assassinat (1974), la comédie de Hal Ashby Shampoo (1975), et le road movie de Elaine May Ishtar (1987). Il réalise et joue également dans le film d'action et de crime Dick Tracy (1990), la satire politique Bulworth (1998), et la romance L'Exception à la règle (2016), qu'il a également produits. Au cinéma, son plus grand succès est celui de Bonnie and Clyde (1967), où il incarne Clyde Barrow.

Au théâtre, il fait ses débuts à Broadway dans A Loss of Roses (1960) de William Inge, performance qui lui vaut une nomination au Tony Award du meilleur second rôle masculin dans une pièce.

Il est nommé quatorze fois aux Oscars : quatre fois comme meilleur acteur, quatre fois pour le meilleur film, deux fois comme meilleur réalisateur, trois fois pour le meilleur scénario original et une fois pour le meilleur scénario adapté. Il remporte l’Oscar du meilleur réalisateur pour Reds (1981). Beatty demeure à ce jour la seule personne à être nommée, pour un même film, dans les catégories interprétation, réalisation, scénario et production, exploit qu’il accomplit deux fois, d’abord avec Le Ciel peut attendre (1978, co-réalisé avec Buck Henry), puis Reds (1981).

Il est le frère cadet de l'actrice Shirley MacLaine

Warren Beatty, né « Henry Warren Beaty », est le frère de l'actrice Shirley MacLaine. Son père, Ira Owens Beaty, homme autoritaire et alcoolique est professeur de psychologie, administrateur de l'école publique et agent immobilier. Sa mère, Kathlyn Corinne (née MacLean), surnommée « Tat », est professeur d'art dramatique, originaire de Wolfville, en Nouvelle-Écosse au Canada.

Il est élevé dans la foi chrétienne baptiste. Le père de Warren Beatty, alors professeur d'école secondaire, ne comprend pas bien les aspirations de ses deux enfants. Sa sœur est la première à se rebeller ; elle devient danseuse, comédienne, et part à New York dès que possible, suivie de près par son petit frère.

En 1949, il suit des cours de comédie ; plus tard, dans l’une de ses rares interviews à cœur ouvert, il indique : « le théâtre m’intéresse. C’est un endroit où on peut exercer un pouvoir, apprendre à manipuler. »

Brillant dans ses études surtout pour ses qualités de footballer, il passe un an à l'université Northwestern, dans laquelle il intègre la fraternité Sigma Chi avant de s’inscrire en 1956 chez Stella Adler, professeur d'art dramatique américaine, qui a fondé le conservatoire Stella Adler et grande prêtresse de l’Actors Studio (dont on dit qu’elle l’aurait fait bénéficier de cours particuliers). Il en profite pour ajouter un « t » à son nom, se faisant appeler Warren Beatty.

De La Fièvre dans le sang à Bonnie and Clyde

Les débuts professionnels de Warren Beatty sont une succession de petits boulots : sportif, plongeur dans des restaurants, ouvrier pour les Ponts et Chaussées, joueur de piano dans un bar. Il trouve ensuite un rôle dans une pièce, Compulsion. Après plusieurs rôles secondaires dans des séries télévisées, il se lance dans le cinéma au début des années 1960. Il séduit à cette époque la starlette montante Joan Collins, ce qui lui permet d'accéder à la notoriété en tant que playboy d'opérette. Elia Kazan lui offre son premier rôle dans La Fièvre dans le sang (1961) dans lequel il joue Bud Stamper, un adolescent à problèmes. Aux côtés de Natalie Wood, il « fait sensation » ; il est dès lors considéré comme un des acteurs les plus prometteurs de sa génération.

Pourtant ses films suivants marchent moins bien : Le Visage du plaisir du metteur en scène de théâtre José Quintero d'après le roman de Tennessee Williams Le Printemps romain de Mrs. Stone (face à Vivien Leigh), L'Ange de la violence de John Frankenheimer (avec Eva Marie Saint), Lilith, le dernier film de Robert Rossen qui offre à Jean Seberg un de ses meilleurs rôles, le romantique Promise Her Anything d'Arthur Hiller ou Le Gentleman de Londres, exercice de style mis en scène par Jack Smight, ou même Mickey One, première rencontre avec Arthur Penn, ne parviennent pas à conforter sa position.

Warren Beatty consacre à cette époque beaucoup de temps à ses conquêtes féminines et un « cynisme un peu juvénile » lui rend difficiles les relations avec la profession. Il sent bien qu'il est considéré comme un play-boy par les professionnels du cinéma américain alors qu'il se voit en héritier de Marlon Brando ou de James Dean. Il est alors à l'origine du film Quoi de neuf, Pussycat ?, comédie dans laquelle il doit jouer le rôle d'un séducteur compulsif, et commence à l'écrire avec le producteur Charles Feldman et Woody Allen mais des divergences avec eux le font quitter le film dès l'écriture du scénario. Ce film sera un grand succès et cette expérience incitera l'acteur à mieux contrôler ses projets par la suite.

C'est sur les conseils de François Truffaut, qu'il rencontre à Paris grâce à sa fiancée Leslie Caron, qu'il lit le scénario de Bonnie and Clyde : le réalisateur français lui a en effet dit qu'il aimerait beaucoup ce texte et l'acteur est toujours à la recherche d'un projet pour relancer sa carrière. Alors que les scénaristes pensent qu'il sera rebuté par le fait que le personnage de Clyde, dans les premières versions du scénario, est en ménage à trois avec Bonnie et C. W. Moss, il accepte le rôle. Échaudé par la déconvenue de Quoi de neuf, Pussycat ?, film qui aurait pu lui rapporter beaucoup d'argent, il décide de coproduire Bonnie and Clyde avec sa société Tatira (basée sur les noms de ses parents) afin de pouvoir en garder le contrôle. Il se bat pour que ce projet aboutisse, le produisant avec la Warner Bros et dirigeant la majeure partie du film — menacé d'être enterré dès sa sortie. Le premier accueil est plutôt mitigé mais Beatty convainc Warner Bros de ressortir le film qui devient un succès. Beatty accède au panthéon des stars en gangster boiteux et impuissant, récoltant une nomination à l'Oscar du meilleur acteur et le respect de toute la profession.

C'est à cette époque qu'il s'installe à l'année dans une suite du Beverly Wilshire Hotel de Beverly Hills d'où il met en scène ses disparitions des médias, refusant régulièrement des films, à tel point qu'un acteur comme Robert Redford doit en partie sa carrière aux rôles refusés par Beatty.

Beatty poursuit sa carrière éclectique en s'investissant toujours plus : il participe au scénario de John McCabe (1971), western atypique réalisé par Robert Altman qui sera cependant un échec au box-office. Il coécrit (avec Robert Towne), produit et joue dans la comédie autoparodique Shampoo, qui sort en 1975 et remporte un triomphe public et critique : l'acteur interprète son propre rôle, un séducteur compulsif, transposé dans le milieu de la coiffure. Enfin, en 1978, il réalise son premier film Le ciel peut attendre (un remake du Défunt récalcitrant d'Alexander Hall) dans lequel il se réserve le rôle principal : un joueur de football américain, demi de mêlée, considéré comme mort et incinéré par erreur, qui revient à la vie dans le corps d'un millionnaire récemment assassiné, afin d'accomplir son destin. Le succès est à nouveau au rendez-vous.

Il enchaîne avec une autre réalisation, bien plus ambitieuse : Reds (1981), l'histoire vraie de John Reed, journaliste américain parti couvrir la révolution russe et gagné à la cause communiste. Beatty est récompensé par l'Oscar du meilleur réalisateur pour son travail.

La star s'illustre également dans Las Vegas, un couple, chronique sentimentale du vétéran George Stevens, dans le thriller politique À cause d'un assassinat d'Alan J. Pakula (qui évoque la mort de John Kennedy), dans la comédie Dollars réalisée par Richard Brooks (l'histoire d'un hold up se déroulant à Hambourg, sur une musique de Quincy Jones). Tous ces films ne sont pas des succès mais entretiennent son image de « beau gosse » et excellent interprète, à défaut d'accroître sa notoriété.

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